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"Un livre qu'on soutient est un livre qui tombe" disait Rivarol. Qu'à cela ne tienne...
Fragments (Œuvre inconnue, apocryphe, anonyme et posthume)
En regardant l’immense voiture dans la petite vitrine, je fus prise d’un vertige fondamental : comment avaient-ils fait, comment avaient-ils réussi à la mettre là ? – à ma question, et je n’en demandais pas tant, j’eus ce que je qualifierais de changement de conversation cosmique. La devanture du concessionnaire explosa, projetant un amas de tout vers moi puis de moi quelque part entre plus loin et plus tard.
Un singe désespéré, descendu pour une saison à la capitale, pensa soudain que le temps était venu, pressant, de rencontrer les siens, faisant le compte des individus de basses branches, parfumés et pressés, auxquels il s’était jusqu’alors offert dans des contorsions lisses et techniques.
Il grêlait du gros sel. Je me demandais sincèrement si ce n’était pas un peu exagéré. Quelle emphase, pour cette banlieue banale. Lorsque l’éclair frappa trop proche, j’eus la désagréable sensation que mes lectures et mes jugements avaient fait de moi un parfait conducteur de chaleur.
On ne dit pas « je te l’avais bien dit » à quelqu’un qui sort de chez le coiffeur.
Joseph-Frederik et Peter-Thierry s’aimaient tendrement lorsqu’une tragédie survint, entamant un irréversible déclin vers les aisselles non épilées et les flatulences nocturnes : ils déclarèrent leur amour à un greffier taciturne devant une tasse à café aux souillures sèches.
Publié le 08/05/2009 à 00h07 dans Ecrits vains : à moi