Medellia au V.I.T.R.I.O.L: creuse, trouve.



Où s’en est allée ta finesse ? Où, ton discernement ? Réveille-toi et sois attentif à ce que Chrysippe  lui-même privilégiait. Se contente-t-il  d’enseigner, de montrer les choses, de définir, d’expliquer ? Il ne s’en contente pas, mais l’enrichit  autant qu’il peut, il amplifie, prévient les attaques, répète, remet à plus tard, revient en arrière, interroge, décrit, divise, façonne des personnages, ajuste son discours à celui de l’autre. Ne vois-tu pas qu’il manie presque toutes les armes oratoires ? Il convient de combattre avec un glaive, mais que tu combattes avec un glaive rouillé ou éclatant, cela est important.

 

Lève-toi, redresse-toi et secoue ton édifice robuste pour faire tomber ces bourreaux qui te plient comme un sapin et t’abaissent comme un saule, et vois si quelque part tu as manqué à la dignité. Mais, compagnon de la philosophie, si tu amoindris ceux-ci tu les méprises ; lorsque tu les méprises, tu les ignores.

 

Fronton, De eloquentia, II, 14,17.

 


Philosophe stoïcien éminent du II e siècle, Fronton fut le maître, mentor, et grand ami de Marc Aurèle. Nous restent aujourd’hui ses nombreuses lettres adressées à l’empereur, publiées sous le titre de
Correspondance, Fronton, éditions Les Belles Lettres (coll. Fragments).

Sam 7 fév 2009 Aucun commentaire