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Medellia au V.I.T.R.I.O.L: creuse, trouve.

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"Un livre qu'on soutient est un livre qui tombe" disait Rivarol. Qu'à cela ne tienne...

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L'Abolition



Intéressante surprise au détour d’une soirée s’annonçant peu prometteuse, France 2 en fond sonore permettant de meubler les préparatifs d’un dîner dissolu : l’Abolition, avec le brillant Charles Berling, m’aura retenue jusqu’au bout. Son réalisateur, Verhaegue, n’est d’ailleurs pas un débutant, à en juger sa précédente et notable Controverse de Valladolid.

La télévision s’étoffe, et se distingue en ces périodes de disette littéraire et de désespérance musicale (comme dirait ma mère au sujet des chansons actuelles : « voix mourantes, instruments sommaires, textes inexistants »).

Après la mémorable Apocalypse, contée en douze épisodes sur Arte avant les fêtes, voici un morceau fignolé et sincère, qui nous rappelle, pour ceux qui dormaient au fond, qu’hier encore, aux portes même de notre mémoire collective si prompte à bondir sur la Chine incendiaire ou les Russes sanguinaires, qu’hier donc, dans l’arrière cour des prisons de Clairvaux et de Navarre, nous exécutions les coupables, nous les prenions « vivants, pour les couper, vivants, en deux » - s’étrangle encore, écumant de panache, un Badinter plus cinglant encore sous les traits du prodige français, s’il en reste, Berling. « On ne tue pas un homme qui n’a pas tué », répète inlassablement l’avocat stupéfié. « Si tu crois profondément qu’un homme peut être un salaud, un perdu, un lâche, mais jamais un coupable, alors tu peux être avocat », sermonne le colosse Depardieu en clair-obscur, d’outre-tombe. Et de conclure « Et si tu décides de défendre l’homme que d’autres hommes ont désigné coupable, alors c’est prodigieux ».

Mais le couperet tombe, la foule aboie, et la première partie de ce téléfilm s’achève sur un Badinter hébété, gris et défait.
Circonspecte, j’éteins le poste encore un peu sonnée de m’être fait surprendre comme une débutante de l’image et de la viscère que je ne suis pas, mais reconnaissante au service public d’utiliser parfois mon argent comme il se doit.

Mardi prochain, soyez-en sûrs, je serai là.

 

L’Abolition, téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe avec Charles Berling et Gérard Depardieu, mardis 27 janvier et 3 février à 20h35 sur France 2.

Publié le 27/01/2009 à 23h11 dans Cinéma cinéma

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