Mercredi 23 janvier 2008

undefined

Oh non, Heath, t'abuses, déjà que j'ai presque plus d'acteurs fétiches, déjà que je pleure à chaque fois à la fin de ton putain de film de cowboys gays, tu m'aides pas... Moi j'y croyais bien à ta mâchoire serrée, à ta diction improbable. 
La mort c'est mal, Heath, merde, on t'avait pas prévenu ? Tu triches, là, fallait pas le faire pour de vrai.
C'est presque important, du coup.
Allez va, restera ton Joker posthume, et nos sourires aussi forcés que le tien, promis...on y pensera.
N'empêche, tu fais chier.

undefined

par The bitch is back publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 8 janvier 2008
undefined


 « D’abord, écrire pour moi répond toujours à un unique désir que je peux formuler ainsi : je veux raconter une histoire. Et même plus précisément, je veux raconter une histoire à quelqu’un, d’ailleurs si possible à tous et si possible à l’humanité entière. Seulement, à chaque fois que je m’installe à ma table pour faire cette opération-là, pour raconter telle ou telle histoire, tel ou tel fragment d’une histoire, il se passe toujours le même phénomène. Aussitôt les choses se brouillent et se complexifient. Je suis pris d’une sorte d’inquiétude, quelquefois même d’une panique à la seule idée du travail qu’il faut accomplir. Décrire un objet, raconter un évènement, rendre compte d’un sentiment, démêler un souvenir, exposer une action, peindre l’atmosphère d’un lieu ou la pensée d’un personnage, plus rien ne va de soi, comme si un épais brouillard se formait d’un seul coup, s’ingéniant à opacifier la vision, et plus encore que la vision, les mots pour la dire. […]
Si je ne fais pas par exemple de la photographie ou du cinéma, si je n’utilise pas une autre technique qui me permettrait de fixer objectivement en quelque sorte la couleur du ciel par exemple, c’est précisément parce que dans l’écriture, dans le troublant passage de la matière au verbe, à chaque phrase, à chaque paragraphe qui s’engage, s’ouvre un espace d’indécision, d’embranchement et de nuance qui sont aussi, autant qu’une angoisse, l’expérience quelquefois même heureuse du tremblé et du détour, de la liberté et de la pensée, de l’erreur et de l’exploration.[…]
Le livre, tout rempli de ce mouvement fragile, ne craint pas de venir se perdre dans la masse industrielle des choses pour mieux hanter le monde de sa confiance aiguë. Rempli d’une certaine probité, il vient là rejouer son vieux rôle de gardien, de veille et de vigie. Par quoi la littérature est pour toujours un sanctuaire ou un réservoir d’innocence.
Ecrire, dit Kafka, c’est bondir hors du rang des assassins. Car écrire, sans doute, c’est tout simplement réfléchir à deux fois avant d’agir, et même peut-être réfléchir à deux fois d’avant décrire. Il y a cependant un risque à définir les livres comme des veilleurs éternels. Le risque, outre celui de répéter une longue tradition romantique de la littérature, c’est celui de cantonner les livres et même leur industrie dans une certaine marge politique et esthétique du monde, en leur confiant cette tâche ingrate de se tenir toujours un peu à l’écart pour mieux réfléchir au double sens que ce mot possède.
Or si c’est là une part non négligeable du souci de l’écrivain, je voudrais aussi parier que cette humeur inquiète qui travaille le récit n’a pas pour seule et ultime tâche de veiller, ni de trembler sans cesse, encore moins de seulement opérer une déflagration dans l’ordre du monde. Mais aussi, au contraire, de maintenir, de vouloir et surtout de mettre en scène l’utopie d’un certain sens commun. L’écriture et l’écrivain éprouvent aussi, à proportion inverse de leur défiance, le besoin d’une langue commune et prennent toujours le pari au fond d’eux-mêmes qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine. L’imaginaire, pourtant travaillé par l’exigence d’un certain soupçon, vient aussi abriter non plus seulement ce qui nous sépare, non plus seulement la méfiance et l’inquiétude, mais encore ce qui nous tient ensemble, ne lâchant rien non plus de volonté de ternir pour partageable un morceau ou un autre d’expérience, un regard ou une sensation, le bleu du ciel ou la brume de la mer, suppliant au fond qu’une communauté soit possible. C’est-à-dire quelque chose qui dans le langage nous dirait qu’au fond, oui peut-être ou oui bien sûr, nous vivons sous le même ciel, et pourquoi pas sous la même nuance de bleu, et que c’est pour ça, pour ça d’abord que nous écrivons, c’est pour ça d’abord que nous lisons, pour nous reconnaître. L’échec de cette communauté, inhérent à toute littérature digne de ce nom, parce que laissant toujours poindre de l’irréductible, ne doit pas masquer l’utopie de ce peuple à venir dont parlait Gilles Deleuze, qui certes ne viendra jamais, mais dont l’horizon ne doit pas être perdue de vue, sous peine de faire porter au langage, non plus son utopie, mais seulement sa ceinture de plomb qui nous entraîne si vite au fond du lac, loin des cavités lumineuses, colorées et réfléchissantes de la littérature. »
 
Tanguy Viel, Colloque Livre 2010, février 2007, à voir ou lire dans son intégralité ici.
par Medellia publié dans : Press Control communauté : Ecrire
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 1 novembre 2007

 

par The bitch is back publié dans : Press Control communauté : Les infréquentables
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 8 mai 2007

Le monde de l’édition, 2003-2005 ("et plus si affinités", Note du Bloggueur)

La fin d’une époque

lundi 6 juin 2005, par Arnault de Saint-Ange - Contre-Feux, la Revue littéraire de Lekti-ecriture.com

Jusqu’en 2003, la situation dans le monde du livre et de l’édition était relativement stable : le marché était dominé par deux grands groupes : VUP (Vivendi Universal Publishing) et Hachette Livre. Le premier groupe détenait Larousse, Nathan, Plon-Perrin, Robert Laffont, Presses de la Cité, etc. Le second avait quant à lui la main sur des maisons d’édition plus « people », comme il conviendrait de le dire aujourd’hui : Harlequin, J’ai lu, le livre de Paris, ou Le Livre de Poche. Derrière ces deux grands groupes, quatre éditeurs se situaient par leur chiffre d’affaires à des niveaux semblables : Gallimard, Le Seuil, Flammarion et Albin Michel. Ces quatre maisons d’édition, qui avaient pour point commun leur ancienneté (près d’un siècle pour certaines) et le prestige de leur catalogue, avaient cependant connu quelques mutations au cours des années précédentes, au moins pour certaines d’entre elles. Flammarion par exemple avait été vendu en 2000 au groupe de presse italien Rizzoli-Corriere della Sera.

Mais tout s’accélère au début de l’année 2003, suite à la débâcle du groupe dirigé par Jean-Marie Messier. Le groupe Vivendi, gonflé par l’orgueil et la démesure de certains hommes dont Jean-Marie Messier, explose en plein vol. La nouvelle direction part à la recherche de cash, d’argent frais, et il faut pour cela vendre certains actifs du groupe. La vente de Vivendi Universal Publishing, qui regroupe Bordas, Larousse, 10/18 ou Presses Pocket du côté du livre de poche, permettrait un apport en argent frais. L’affaire est décidée. Reste à décider du repreneur. En concertation avec le ministère de la culture, Jean-Jacques Aillagon, et le président de la république qui suivait le dossier personnellement, il fut décidé qu’Hachette reprendrait l’ensemble des actifs de Vivendi Universal Publishing. L’ensemble de l’opération, menée par Jean-Luc Lagardère, bénéficie de l’appui du milieu politique et d’une campagne de communication parfaitement menée par Hachette. L’accent est mis sur « le patrimoine » culturel qu’il faut sauver des mains de fonds de pension américains. Jean-Luc Lagardère se dit attaché à la conservation de « la culture française » dans plusieurs magazines français, il affirme dans une tribune libre accordée par le journal Le Monde : « Nous voulons sauver VUP par amour du livre ». L’affaire fut suivie par Jacques Chirac en personne, un proche de Jean-Luc Lagardère, qui refusait systématiquement toute idée de reprise des actifs de Vivendi Universal Publishing par une structure autre qu’Hachette.

(…)

Avec l’acquisition de Vivendi Universal Publishing, en fin d’année 2002, le groupe Lagardère se retrouvait en situation de quasi-monopole sur le marché du livre en France. Ce risque ne fut pas perçu comme tel par les autorités politiques françaises, ou ne fut pas reconnu comme tel.

 

L’onction fut donnée.

Jean-Luc Aillagon, alors ministre de la culture, affirmait qu’il n’existait pas de danger de voir apparaître une situation de monopole et déclarait que Jean-Luc Lagardère et son fils Arnaud s’engageaient « dans l’édition sur le long terme (…) à préserver et à développer le patrimoine culurel français ».

Afin d’éviter un blocage de la part des autorités européennes, les actifs de VUP furent rachetés par le biais de la banque Natexis (groupe Banque Populaire). Montant de la transaction ? 1,25 milliards d’euros. Natexis devait rétrocéder peu après l’ensemble des actifs de VUP au groupe Lagardère. Cette manœuvre subtile avait pour principal mérite de se prémunir de reproches éventuels du Conseil de la concurrence de l’Union Européenne, moins conciliante que les autorités françaises en matière de lutte contre les abus de situation dominante. Les risques de monopole qui planaient sur le monde du livre en France étaient donc bien réels, et perçus comme tels par le groupe Lagardère. Dans le cas contraire, Jean-Luc Lagardère se serait passé des services de la banque Natexis, dont le rôle dans le monde du livre est complexe puisque Natexis est un actionnaire - certes mineur - de la holding familiale qui contrôle Gallimard.

La réalité des chiffres est la suivante : avec le rachat de Vivendi Universal Publishing, le groupe Lagardère dominait outrageusement le marché des livres scolaires avec 82% des parts de marchés prévisionnelles, écrasait celui des dictionnaires (98% des parts de marché), devenait l’acteur principal dans la distribution des livres (60% des parts de marché).

Si ces « détails » semblaient échapper aux autorités françaises, il n’en fut pas de même avec les autorités européennes. En octobre 2003, le commissaire à la concurrence de l’Union Européenne, Mario Monti, remettait au groupe Lagardère un document de plus de deux cent pages qui résumait la situation. La campagne de communication organisée par Jean-Luc Lagardère autour du rachat de VUP par Lagardère, si elle fut efficace en France, ne franchit pas les frontières. Bruxelles émettait de « profondes réserves » quant à cet achat, et le groupe Lagardère était sommé de répondre aux « points litigieux » qui posaient de nombreux problèmes au Commissariat Européen à la Concurrence. Le Syndicat National de la Librairie se portait quant à lui « partie civile » auprès des autorités européennes. Il exigeait le démantèlement de la nouvelle structure Hachette-Vivendi, par peur que la puissance avérée de la nouvelle structure ne conduise à la mise en place d’une politique commerciale très agressive pour le monde de la librairie française.

Entre octobre 2003 et janvier 2004, le dossier VUP fut donc étudié avec beaucoup de soins par les autorités européennes. Le 7 janvier 2004, un accord fut finalement trouvé entre Bruxelles et le groupe Lagardère : ce dernier devrait procéder à une cession de près de 60% des actifs acquis avec l’achat de VUP. En contre-partie, le groupe Lagardère obtenait l’aval de Bruxelles pour conserver les éditions Larousse, Dalloz, Dunoz, Armand Colin et Nathan université, le groupe espagnol Anaya et le centre de distribution d’Ivry Rigaud.

Autrement dit, la Commission Européenne acceptait l’idée d’un monopole du groupe Lagardère, maison mère d’Hachette, sur les manuels scolaires et universitaires. Au moment même de la seconde guerre d’Irak, alors que le cœur de métier du groupe Lagardère reste les industries de défense avec EADS, le groupe Lagardère obtenait le droit de choisir ceux qui sont en mesure d’écrire l’histoire, au sein du monde francophone.

 

Il restait néanmoins à définir le repreneur des 60% qui devaient être cédés par le groupe Lagardère. Le 19 mai 2004, le groupe Lagardère annonçait qu’il avait retenu l’offre de cinq acquéreurs potentiels. Quelques jours plus tard, le 28 mai 2004, un communiqué de presse annonçait que le groupe Wendel Investissements et Lagardère étaient parvenus à un accord sur la cession des actifs restants de VUP, renommés Éditis au moment de leur intégration au groupe Lagardère. Entre août et septembre 2004, la Commission Européenne puis les autorités françaises donnèrent leur accord pour cette cession.

Au moment de la rentrée littéraire 2004, le baron Ernest-Antoine Seillière, actionnaire majoritaire de Wendel Investissements, accessoirement président du MEDEF, devenait le second éditeur de France. Le choix de Wendel Investissements, en tant que repreneur, relevait un choix stratégique pour le groupe Lagardère : Wendel n’avait aucune expérience du secteur du livre et ne représentait pas un concurrent sérieux pour Hachette. Choisir un autre acquéreur, tel que Gallimard soutenu à cette occasion par la banque Natexis, revenait à renforcer un concurrent potentiel. Quant aux intentions de Wendel investissements, elles s’affirmaient moins d’un mois après l’achat : être en mesure de faire passer le taux de rentabilité nette d’Éditis de 6 à 20%, à court terme. Cette opération menée, Ernest Antoine Seillière procédera sans doute à la revente des maisons d’édition acquises, comme à son habitude.

Et certains îlots disparaissent : en janvier 2004, le Seuil, considéré par beaucoup comme un modèle en termes de politique éditoriale, est l’objet d’une fusion avec le groupe d’Hervé de la Martinière. Ce grand raider, soutenu discrètement par la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, a été formé chez Hachette, avant de fonder sa maison d’édition en 1992. Face à Hachette ou Éditis, il fait figure d’outsider dans le monde de l’édition française. Mais il dispose de l’appui financier et de la confiance des frères Wertheimer, ce qui lui permet de monter des « coups » tels que la fusion avec le Seuil. Et d’affirmer, quelques temps après, qu’il « n’y a pas de honte à ce que chaque livre soit rentable », tout en prenant soin de créér deux structures, une pour la maison d’édition (Le Seuil), une autre pour la structure de diffusion/distribution (Volumen), afin de mettre à part le secteur très lucratif de la diffusion/distribution. Certains éditeurs du Seuil parlent de « sabotage ». Ils n’ont pas tort.

(…)

L’exception culturelle française paraît devoir prendre fin dans le monde du livre, en France, les éditeurs devant faire face à la mise en place de véritables stratégies industrielles par des holdings qui vident les livres de leurs contenus, au profit de la publication d’objets dont la nature reste encore à déterminer, pas tout à fait kleenex, mais déjà vides de sens. En tout cas éminement rentables. Chez Plon-Perrin ou encore Belfond, les éditeurs baissent les yeux devant les raiders et autres contrôleurs de gestion, installés par les nouveaux actionnaires. Le vocabulaire évolue : on parle de flux tendus, de rentabilité, d’ouvrages à rotation rapide.

L’économie traditionnelle du livre, telle qu’elle a été définie voici plus de trois siècles par Denis Diderot dans sa lettre sur le commerce de la librairie, semble devoir prendre fin, au profit d’un modèle capitalistique et industriel dont elle s’était pendant deux siècles tenue à l’écart.

Voir l’article complet et autres dossiers à ce lien :

 

http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/-Le-monde-de-l-edition-en-France-.html

par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 1 mai 2007

Aujourd'hui, on avait le choix entre manif' ("pourquoi faire?" diront les non votants, "pour changer" diront les sarkozystes, ça tombe bien je n'aime ni les uns ni les autres) ou la sortie de Spiderman 3.

Et puis j'ai reçu ce communiqué par mail, ce qui me fait regretter encore moins la pluie battante et la FSU ("tout ça pour rien pauvre centriste", diront les non votants, "bien fait pour ta gueule sale centriste" diront les sarkozystes, ça tombe bien je n'aime ni les uns ni les autres).

Communiqué de la Maison des écrivains


Dans le journal gratuit "20 minutes" du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l'université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être  prise en charge par les fonds publics, l'enseignement de la "littérature ancienne" :

« Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ? Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.
Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ? Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. »

 


http://www.20minutes.fr/article/151848/20070416-France-Le-Pen-ne-m-interesse-pas-son-electorat-si.php

Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.
Son jugement sur le « plaisir de la connaissance », opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Education nationale
Tous les chefs d’Etat, jusqu’ici : Charles De Gaule, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.
Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ?, la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.

26 avril 2007
par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 10 décembre 2006

Refaisons rapidement si vous le voulez bien un petit état des lieux non exhaustif de ce qu’on nous rapporte ces dernières semaines de ce cher pays démocrate, j’ai nommé la Russie. Cherchez l’intrus. Je cherchais un article sur la colère, je crois que je l’ai trouvé.

 

La Fureur russe
Un reportage de Manon Loizeau

Depuis quelques mois, la Russie connaît une vague de xénophobie sans précédent. Des émeutes raciales ont éclaté dans plusieurs villes. Des groupes ultra nationalistes et des organisations néo-nazies profitent du climat de montée de la haine raciale et mènent des actions de plus en plus violentes. Les victimes se comptent par dizaines.
Première étape de ce carnet de route : la Carélie, à la frontière de la Finlande, à Kondapoga. Une ville devenue "blanche" au lendemain d’émeutes violentes. La population a chassé tous les étrangers qui y vivaient. Les habitants revendiquent ce qu’ils appellent de "nouveaux pogroms" et clament "la Russie aux Russes". Une opération "Russie propre" qui, depuis les émeutes de Carélie, s’est propagée à travers le pays. Puis, nous nous sommes rendus à Saint-Petersbourg, une ville rebaptisée cette année la capitale du fascisme en Europe. Il n’y a jamais eu autant de meurtres d’étrangers : étudiants africains ou asiatiques, ressortissants d’Asie Centrale et du Caucase russe. Les groupuscules néo-nazis ont même assassiné une petite fille tadjike de 8 ans d’onze coups de couteau. Nous avons rencontré les commandos de l’Union Slave, la principale organisation néo-nazie en Russie. Ils ont pignon sur rue et s’entraînent avec des armes sans être inquiétés par les autorités russes. Ils revendiquent les assassinats qui ont eu lieu ces derniers mois à Saint-Petersbourg. Comme celui de cette petite fille tadjike assassinée dont nous avons recueilli le témoignage du père. Les meurtriers n’ont été condamnés qu’à 2 ans et demi d’emprisonnement, pour hooliganisme et non pas pour meurtre. Et puis ce voyage nous amenera auprès d’étudiants africains qui vivent dans la terreur. Leur meilleur ami Lamzar Samba a été tué en avril dernier d’une balle dans la tête en pleine rue. Aujourd’hui ses amis se sentent pris au piège. Leurs photos circulent sur des sites néo-nazis comme cible à abattre. Ils ne sont en sécurité qu’à la faculté. Un étudiant indien a été assassiné en pleine rue devant son foyer. Lors de la cérémonie donnée en sa mémoire, aucun étudiant russe n’était présent. Il n’y avait là que quelques centaines d’étudiants étrangers pris au piège de la fureur russe.
 

 

(Envoyé Spécial, France 2, jeudi 07/12/06) 

********************************************************************************************************************************************  

Litvinenko empoisonné :Londres enquête:

 

| 04.12.2006 |  

 

Les autorités britanniques qualifient ce "décès suspect" sur leur sol d"'événement sans précédent" et réunissent d'urgence leur comité COBRA. 

 

Londres semble déterminé à élucider l'origine de l'empoisonnement qui a coûté la vie à l'ancien espion russe Alexandre Litvinenko. Les autorités britanniques ont qualifié ce décès suspect sur leur sol d"'événement sans précédent" et convoqué samedi 25 novembre une réunion d'urgence de leur comité COBRA, spécialisé dans les questions de sécurité et de terrorisme.
A Moscou, l'entourage de Vladimir Poutine, les parlementaires pro-Kremlin et les médias d'Etat sont montés au créneau pour rejeter les accusations portées contre le président russe par l'ex-espion juste avant sa mort et pour dénoncer une machination contre la Russie.

(NouvelObs.com)

**************************************************************************************************************

Anna Politkovskaia, la vérité assassinée

Connue pour ses reportages sur la Tchétchénie, la journaliste russe a été tuée samedi. Elle s'apprêtait à publier des articles sur la torture.

Par Lorraine MILLOT

QUOTIDIEN : Lundi 9 octobre 2006 - 06:00

 

«L es mots peuvent sauver des vies», disait la journaliste Anna Politkovskaïa dans l'une de ses ultimes interviews à la radio russe Echo de Moscou, l'un des derniers grands médias russes où une certaine liberté d'expression est encore possible. Pour cette conviction, pour ses livres et ses articles où elle dénonçait les crimes commis en Tchétchénie, cherchait les coupables et rendait la parole aux victimes, Anna Politkovskaïa aura finalement donné sa vie elle-même. La journaliste russe, célèbre dans le monde entier pour ses enquêtes sur les exactions en Tchétchénie, la corruption et les mensonges du régime Poutine, a été abattue, samedi soir, dans l'ascenseur de son immeuble au centre de Moscou, par un tueur qui l'attendait alors qu'elle rentrait de ses courses. Elle était depuis longtemps menacée et s'était vu proposer plusieurs fois l'accueil en Europe. Mais elle avait choisi de rester en Russie, pour continuer à faire savoir la vérité et «sauver des vies». Le parquet russe a aussitôt reconnu que l'assassinat est de toute évidence lié à ses «activités professionnelles» et a ouvert une enquête pour «meurtre avec préméditation». Agée de 48 ans, la journaliste était mère, divorcée, de deux enfants.

 

(Le Monde)

Un sordide marchandage

 

 

Travailleurs nord-coréens pour enfer russe

Au cours de multiples célébrations, la Corée du Nord a fêté « dans la liesse populaire », le 16 février, le 64e anniversaire de son « Cher Leader » Kim Jong-il. Le pays n’en demeure pas moins en proie à un désastre économique, et sa population reste régulièrement victime de pénuries. Au point que, pour payer sa dette à Moscou, le pouvoir n’hésite pas à « vendre » à la Russie une main-d’œuvre taillable et corvéable à merci.

 

 

Par Alain Devalpo

 

(Le Monde Diplomatique – Avril 2006)

L’Algérie réceptionnera 54 chars russe en décembre (presse)

 

publié le dimanche 26 novembre 2006

 

 

L’Algérie devrait réceptionner un premier lot constitué de 54 chars T-90MBTs de fabrication russe en décembre prochain, a rapporté dimanche le quotidien algérien " Le jeune Indépendant".

 

Cette livraison s’inscrit dans le cadre d’une commande globale de 300 chars passée à la Russie, lors de la visite en mars dernier en Algérie du président russe Vladimir Poutine, selon la même source. Ces chars seront livrés par la société russe Rosoboronexport, qui a cofinancé la fabrication de la première tranche des chars T- 90MBTs, un modèle destiné à l’exportation.

 

 

La commande globale de 300 chars, estimée à un milliard de dollars, sera achevée d’ici 2011, a ajouté la même source.

 

Lors de la visite en Algérie de M. Poutine, les deux pays sont parvenus à un accord sur l’effacement de la dette de l’ordre de 4, 7 milliards de dollars contractée par l’Algérie auprès de l’ex- URSS, en échange de contrats en équipements militaires de fabrication russe d’un montant de 7,5 milliards de dollars.

 

 

(Armees.com)

Et pour terminer sur une note joyeuse, revoyons ensemble la remise de la Légion d’honneur à Vladimir Poutine par Jacques Chirac le 22 septembre…

http://www.dailymotion.com/visited/search/poutine%20l%C3%A9gion%20d%27honneur/video/xibl4_chirac-decore-poutine-arret-sur-ima

Comme dirait le philosophe Michel Sardou dans sa chanson « Allons danser » chantée pour notre plus grand bonheur hier soir lors de l’Election de Miss France :

« Nous avons le pays qu’on mérite . »
par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 23 novembre 2006

Dès ses 12 ans, le Mexicain Enrique Metinides (1934) s'initiait à la pratique de la photographie en fixant des images de voitures accidentées avec l'appareil que son père lui avait offert. Il n'a depuis cessé de se documenter sur le thème des catastrophes qui mêlent malchance et négligences humaines. C'est en majeure partie dans le cadre de la structure urbaine de Mexico qu'il a immortalisé tremblements de terre, inondations, feux... Le travail de Metinides frappe par son intelligence de la composition, son obsession de la catastrophe, sa capacité à donner forme au désordre. (source : www.crousel.com)

 Enfant, Enrique Metinidès avait tout d’un grand. A 12 ans, le gamin se faufilait déjà dans les ambulances de la Croix-Rouge. « Personne ne se préoccupait d’un gosse, même avec un appareil photo. Je suis devenu le plus jeune reporter de la ville. Et l’un des mieux payés dès que j’ai eu 14 ans. Le matin, je photographiais des morts ; l’après-midi j’allais à l’école. J’avais aussi une passion : je découpais des photos d’accidents ou d’incendies dans les journaux et j’en faisais des albums. » Bilan d’une carrière bien remplie : quelque 14 000 clichés. Cinq fois, Metinides s’est cassé les côtes, il ne compte plus les fractures subies dans le feu de l’action mais, à 72 ans, il préfère au récit de ses accidents le registre de l’humour. Noir, évidemment.  «  Un jour, raconte-t-il ainsi, trois femmes avaient été sauvagement assassinées. A l’intérieur de la maison du crime, il y avait un perroquet. Il m’amusait et je l’ai pris en photo. Le lendemain le journal titrait « Voilà le seul témoin du crime ! » (source : Match du Monde, Mexique, juillet-août 2006)

On ne s’étonnera pas de ne trouver que si peu d’éléments sur Metinides dans la presse de monde, encore moins artistique, ce photographe mexicain soulevant une controverse vieille comme le monde sur la place de l’art et ce qu’elle peut ou non montrer, exploiter. Il existe une véritable fascination pragmatique pour me permettre cet oxymore hasardeux, dans la culture du Mexique. La Mort, souvent personnifiée par superstition ou familiarité, est omniprésente et n’est pas aussi taboue que dans nos sociétés aseptisées européennes. Il ne s’agit pas de la louer et de la souhaiter, mais de la montrer telle qu’elle se présente : tragique, cocasse, absurde, accidentelle, provoquée, à grande échelle ou réduite au drame individuel.

Rien de bien nouveau somme toute, sauf peut-être ce regard presque surnaturel par sa présence systématique dans les premières secondes où la mort survient, cette absence de mise en scène (il ne touche jamais les corps, bien entendu) et pourtant cet ultime hommage à des faits divers qui pour une fois, et n’en déplaisent aux analystes pudiques et aux journalistes lambdas de la rubrique sensationnelle, prennent visage humain, et révèlent une histoire. La différence entre le morbide et le sordide, en d’autres termes…je voulais donc lui rendre ce petit hommage en choisissant quelques uns de ses clichés les plus « parlants », et réhabiliter progressivement un regard frontal et honnête (et non racoleur et nauséabond) sur une mort banale : la nôtre.

par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 2 novembre 2006

A se procurer jusqu’à fin décembre en kiosque, l’excellent numéro des Collections de l’Histoire :

Complots, secrets et rumeurs.

 

 Extrait :

« Le démon du soupçon (avant-propos) 

 

Le complot, c’est du passé. Lié aux régimes obscurs dont il est constitutif, la Cour au temps des rois maudits ou le harem des Ottomans, à moins qu’il ne soit le produit des fantasmes et des fantaisies des dictateurs totalitaires comme Staline ou Mao.

Le plus souvent d’ailleurs, il reste dans les annales parce qu’il a été éventé, le traquenard déjoué, que les auteurs ont été identifiés, arrêtés, parfois jugés, souvent exécutés pour l’exemple. Autant dire que, d’ordinaire, le complot tourne mal : l’ordre établi est préservé, la morale est sauve. Le très raisonnable Colbert, protégeant son souverain, purge la Cour des empoisonneuses. Dans la tête des vrais républicains, toujours Cicéron aura raison de Catilina.

Pourtant, vrais et faux complots émaillent l’histoire récente. Loin d’être épargnées, les démocraties peinent à se défendre. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Avant la démocratie moderne a grandi la haine de ce régime très imparfait et trop humain sans doute. Difficile de renoncer à l’absence de pouvoir absolu, de main invisible, de grand tireur de ficelles, s’il n’y avait plus de souverain divinisé, il restait un pouvoir agissant tapi au plus grand secret des sociétés. Les haines nourries par le nationalisme ont accrédité le mythe : les comploteurs, c’étaient les métèques, les Juifs, les étrangers, formant des sociétés secrètes, ourdissant des plans dans d’obscures officines. Si les preuves manquaient, on les fabriquait, comme le montre l’incroyable destin des Protocoles des Sages du Sion : un faux devenu un des livres les plus connus de l’histoire.

Ainsi la modernité a-t-elle donné des ailes au soupçon. Il s’envole, pour ainsi dire, porté par l’essor de la presse. Finies les rumeurs de couloir, les journaux les lancent sur la place publique. Notre monde globalisé donne, avec Internet, un essor nouveau à cette obsession du pouvoir total…

Entendons nous bien : il ne s’agit pas de nier ici aventures boiteuses des cagoulards, les coups tordus de la CIA pas plus que les projets d’attentats ou de coups d’Etat parfois servis par des hommes de main efficaces. La lutte pour le pouvoir est universelle.

Ce qui est en cause, c’est l’idée que le complot mène le monde, que ces hommes dans l’ombre ont le pouvoir absolu, que la vérité de l’histoire est dans ses coulisses, dans son revers, qu’on ne saura jamais tout – ce qui est probable- mais que c’est ce qu’on ne sait pas qui est le plus vrai. Cette fascination du secret, de l’obscur s’inscrit en faux contre ce qui serait la naïveté et l’optimisme démocratiques : pour tant de nos contemporains, c’est la rumeur qui a raison et Internet la diffuse à foison.

Ce numéro retrace l’histoire de cette lutte millénaire entre le vrai et le faux, entre la réalité et l’imaginaire, où les fausses rumeurs le disputent aux vraies conjurations. »

  Au sommaire de ce numéro :

 

*La conjuration de Catilina : Rome en danger ?

 

*Les rois maudits entre dagues et venins

 

*La sorcière et le roi : l’affaire des poisons

 

*Une conspiration républicaine sous Louis XIV

 

*Staline, le tsar de toutes les machinations

 

*Autopsie d’un mythe, le complot « judeo-maçonnique »  

 

* « L’Affaire des fiches » : un scandale républicain

 

*Les 200 familles ou l’argent-roi

 

*Enquête sur une organisation secrète : la Cagoule  

 

*Les complots dans la république  

 

*Le démon du soupçon  

 

*Jésuites, maîtres du monde  

 

*Les « coups tordus » de la CIA  

 

*Les « Protocoles des Sages du Sion » : un faux qui a fait recette

*La nébuleuse Al- Quaida

 

par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 6 août 2006

 

 

Ce poème est entièrement composé d’authentiques citations de George W. Bush. Elles ont été agencées par Richard Thompson, du « Washington Post ».

 

Notre traduction tente de respecter le style très particulier du président américain.

 

« Nous sommes tous d’accord, je pense, le passé c’est fini.

Ce monde reste dangereux.
Un monde de fous, d’incertitudes et de pertes psychologiques potentielles.
Rarement on se demande si nos enfants apprend.
Y aura-t-il d’avantage d’autoroutes de l’Internet en moins ?
Combien de mains ai-je serrées ?
Ils me mésousesiment.
Je suis le pitbull accroché à la jambe de la chance.
Je sais que l’homme et le poisson peuvent coexister.
C’est les familles où notre nation puise l’espoir, où nos ailes puisent leurs rêves.
Mettez de la nourriture sur votre famille !
Abattez les péages !
Vulcanisez la société !
Et placez plus haut la barre du gâteau !
Plus haut ! »
 
Version originale :
 
I think we all agree, the past is over.
This is still a dangerous world.
It’s a world of madmen and uncertainty and potential mental losses.
Rarely is the question asked, is our children learning ?
Will the highways of the Internet become more few ?
How many hands have I shaked ?
They misunderestimate me.
I am a pitbul on the pantleg of opportunity.
I know that the human being and the fish can coexist.
Families is where our nation finds hope, where our wings take dream.
Put food on your family !
Knock down the tollbooth !
Vulcanise society !
Make the pie higher !
Make the pie higher !
 
 
In Hors-série du Courrier international, Spécial Insolites, Dictionnaire de la vie ordinaire, juin-juillet-août 2006
par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 4 mai 2006
Extrait du « Courrier International », semaine du 27 avril au 03 mai 2006
 
   La sécheresse frappe l’ensemble de l’Afrique de l’Est. En Somalie, où règnent l’anarchie et la pénurie, elle tue plus qu’ailleurs, car les puits sont devenus une manne pour les seigneurs de la guerre.
 

DE RABDURRE (SOMALIE)

Les villageois l’appellent « la guerre des puits ». Pendant deux ans, ici, dans cette bourgade commerçante, poussiéreuse, touchée de plein fouet par la sécheresse, des clans se sont livrés une bataille sans merci pour le contrôle d’une source. Quand l’affrontement a pris fin, il avait fait 250 morts.[…]

Un enfant en pleurs accroché dans son dos, neuf autres tirant sur sa robe déchiquetée, une femme de 35 ans se souvient de ce jour de l’an dernier où son mari est parti chercher de l’eau. Deux jours plus tard, il était retrouvé mort ; abattu quand la foule en colère a commencé de se battre pour le puits. « Son corps était là, étendu par terre, couvert de sang, tuméfié, abandonné sans honneur avec les autres morts. Quelle honte ! Nous n’avions jamais vu un conflit atteindre ce degré de violence », raconte-t-elle en se protégeant les yeux du nuage de poussière qui tourbillonne dans la chaleur sous un ciel bleu. « La soif pousse les hommes à toute cette horreur ».

 

En Somalie, un puits est devenu un bien aussi précieux qu’une banque, un bien contrôlé par des seigneurs de la guerre, gardé par des hommes armés. Après trois ans de sécheresse ininterrompue, on est prêt à se battre pour l’eau et à mourir pour elle. […]

« Même quand la population locale est solidaire et organise des systèmes pour pomper l’eau, les seigneurs de la guerre mettent le main dessus. Un nombre incalculable de gens boivent une eau totalement insalubre, pleine de vers, de saletés, et qui les rend malades », témoigne Abdul Rashid, un infirmier somalien qui travaille à Rabdure pour une organisation humanitaire. « Tout se passe comme si c’était le début des guerres de l’eau en Somalie ». […]

« Quelqu’un qui a soif est capable de vous tuer pour un verre d’eau. Aucun policier ne viendra et aucun gouvernement ne dira quoi que ce soit. Ailleurs, ils détrousseraient peut-être le chauffeur, ou voleraient la nourriture pour la revendre,  mais ici, ils veulent aussi l’eau. »[…]

Après la mort de son mari, au cours de la guerre du puits de Rabdurre, Isha Aden Hussein, 38 ans, a marché plus de 160 kilomètres pour rejoindre Waajid. Hier, elle et son époux possédaient une ferme et des cases spacieuses pour leurs dix enfants. Aujourd’hui, elle vit dans un abri fait de torchons huileux. Une « vie misérable » dit-elle. Alors, Isha n’espère plus qu’une chose : survivre à la sécheresse. Le matin et le soir, à la fraîche, elle rassemble du petit bois qu’elle essaye de vendre. Mais elle passe l’essentiel de le journée, quand la température monte jusqu’à 45°C, sous sa tente de fortune. « Je reste assise à l’intérieur. Je prie Dieu et j’attends mon salut. Au paradis, je me protègerai du soleil à l’ombre d’un manguier. Je serai grosse. Mes enfants auront de beaux uniformes pour aller à l’école. Ils me liront de jolies histoires. Et, surtout, ils n’auront pas soif. Nos bouches ne seront jamais sèches. Nous boirons en paix. »

 

Emily Wax et Robert Thomason, « The Washington Post »

 

 

Plus dramatique que le tsunami

 

 

 

Onze millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence en Afrique de l’Est.[…] L’ONG britannique Oxfam vient de lancer le plus important appel aux dons de son histoire, demandant 35 millions de dollars pour venir en aide aux victimes : « Cette crise reçoit moins d’attention que le tsunami, explique la directrice de l’ONG, Barbara Stocking. Mais les personnes menacées sont plus nombreuses. »

 

 

 

Y aurait-il besoin de commentaires ?……………
par Velma Egan publié dans : Press Control
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions