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Comprendra qui voudra.
« Oh, I’m no one’s wife, but, oh, I love my life, and all that
jazz. »
Je n’ai pas de plus belle histoire d’amour. Je n’ai pas de regrets. Je n’échangerais aucun coup, aucune larme contre la torpeur molle des artères fatiguées. Précisions.
Je suis responsable mais ne plaide pas coupable. Les décisions prises sont mûries, mes états de cœur, jamais. Je ne briderai pas la bête, c’est folle qu’elle me ravit. J’éviterai, à l’avenir, d’offrir une contrefaçon dans un écrin original, c’est certain. Je le dis sans cruauté, et sans haine, sans forfanterie ni fierté mais je ne suis à personne et ainsi, je peux mieux me prêter.
Il est certain que je préfère le rythme et les coupes de la version courte, à regarder en boucle. Et cela sans enlever aucunement à
chacun de mes partenaires de cœur passés leur importance, leur singularité, leur merveilleux parfois. Il arrive d’échouer, peu importe je recommence, je les laisse venir, me remplir, me faire
croire. Mais je ne veux jamais m’habituer à eux, et jour après jour les effacer de trop les voir, user le brillant. Je veux qu’ils manquent, qu’ils me
hantent, me réchauffent. Je veux le cœur serré du départ, le sourire du retour, le silence des souvenirs, le murmure de l’attente.
« An empty house is not a home »
C’est en quai de gare que j’aime vivre, en port d’attache, en gîte étape. Pour autant je ne suis jamais seule lorsque l’on me touche ou me quitte, je vibre assez pour tenir la distance, je déplace mon centre, sans cesse, et sans cesse, je me retrouve. Je m’étais manquée, ces temps-ci. Moi et moi-même allons enfin vivre ensemble, et accueillir comme il se devra le special guest de chaque épisode.
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BUT I'LL BE BACK SOON
Catégorie : "People are strange"
Je me rends compte que je ne parle pas assez de moi par ici ces temps-ci, c’est fâcheux pour un blog. Remédions à cela voulez-vous, je vais commencer par vous raconter ma mésaventure à la Poste (j’y suis une habituée puisque je vends tout un tas de trucs d’utilité vitale que les gens s’arrachent à prix dérisoire sur Ebay – voir « ma boutique » dans mes liens ci-contre – et hop, ça, c’est placé). Comme on le sait, la Poste c’est le poste (oh ça va) d’observatoire n°1 d’une ville et de tous les déchets qu’elle ne rejette pas (je ne m’en exclue pas mais j’en suis un très joli). Aujourd’hui, alors que j’attendais sur un banc devant, deux délinquantes de 50 ans que je n’avais pas vues arriver me tombent dessus en m’interpellant de façon somme toute très cavalière « Oh, vous, vous avez le temps de lire ! ». « Euh, ça dépend » répondis-je dans un éclair d’inspiration. C’est ça aussi de prendre les gens par surprise.
« Choisissez vous un de ces magazines, mademoiselle.
- Mais vous êtes qui ? (je précise que je souris à ce moment là quoique sur mes gardes, un accident est si vite arrivé ce serait con avant l’été)
- Nous sommes les témoins de Jéhova, bien sûr, nous sommes connus ! (elle, très pimpante et de fort bonne humeur, ce qui me pousse à poursuivre une discussion qu’en temps normal j’aurais déjà abrégée à ce stade)
- Ah, désolée, je fais partie du monde malheureux des athées.
- Mais est-ce que vous croyez en vous ?
- Oui, c’est déjà pas mal.
- Et bien vous n’êtes pas athée. (très contente, marque un point)
- Ah. (je ne vois pas très bien quel point mais soit, je me sens d’humeur à me convertir)
- Vous ne croyez pas aux religions ?
- C’est ça, je me débrouille comme je peux mais c’est ça.
- Pourtant vous ne croyez pas à une force unique, centrale, puissante ? (je sens qu’elle va s’envoler, je compatis il m’arrive d’avoir ce genre de monologue passionné et absurde, je vois enfin ce que ça fait)
- Et bien non, sinon je croirais en un Dieu, non ? Non moi je crois au chaos, ça me convient parfaitement pour le moment.
Un petit silence, elle recharge, puis, et là , oh merveille, L’argument :
- Pourtant le hasard fait bien les choses en ce qui vous concerne, vous êtes belle plante (compliment dont j’ai l’habitude, quand on passe une certaine taille, on est forcément une plante, ça pourrait être pire, elle aurai pu me traiter de chêne), et vous n’avez pas les oreilles sur les bras ou le nez sur la tête !
- C’est sûr.
Et là, miracle, une énorme averse vient nous doucher, je me lève pour trouver refuge et je lui réponds, sauvée par le gong, « Ah si, il y a bien quelque chose en haut, mais il est visiblement de mon côté pour cette fois ci, bonne journée madame ! »
Et les témoins de se disperser en souriant.
Quelle histoire. Elles ont marqué un point cependant. J’ai réfléchi que je ne croyais en rien, et que c’était fort triste. Et puis ça a été mon tour au guichet et la vie a repris, fort heureusement, son cours, après cette parenthèse mystique trop intense pour un lundi.
Bon d’accord, je vais arrêter de parler de moi.

Bulletin gratuit en supplément de rien.
Bon, je ne voudrais pas être alarmiste mais je m’ennuie. J’ai vu ce mois-ci La Mémoire de nos pères, Ne le dis à personne, Les fous du roi, Le labyrinthe de Pan, Borat, Babel et j’ai perdu mon temps. J’ai lu du Plutarque et du Kierkegaard et je me suis fait chier. J’ai écouté du Berlioz et du Billie Holiday, j’ai failli m’endormir. Un dégoût léger s’installe arpentant
les rayons pseudo culturels d’autant de magasins surpeuplés de rien. Je préfère encore FBI Portés Disparus, Saw 3 ou Michel Onfray en ce moment …
C’est moi qui passe en doctorat de blasée ou on s’emmerde ce mois ci ?
Alors allez-y en conseils (autre que culinaires parce que je ne sais plus où les mettre), parce que je n’attends plus que 007 pour me sortir de ma torpeur…
J’ai quelques espoirs tout de même, soyons fous :
- Saw 3
- Casino Royale
- Les Infiltrés
- 2h37
- The Host
- « American Black Box » de Dantec, à sortir début 2007
- « L’Ecriture du désastre » de Blanchot – à ratrapper
- « Le désir et la poursuite du tout » de Fréderic Rolfe - idem
- « L’agence générale du suicide » de Jacques Rigaut ou autre Maurice Sachs (voir le lien sur « les excentriques »)
- « Toutes les familles heureuses » de Carlos Fuentes
- « Tyrannie de la pénitence » de Pascal Bruckner

Et puis surtout les cuites de fins d’années.
De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.
Chrysippe
Vos points de vue