Reviens gamin, c'était pour rire

Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 15:20


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Un titre pour affoler les moteurs de recherche.


Les notes sérieuses sont pour bientôt, pour ceux que cela intéresse. Viendront une nouvelle édition du Banquet de Platon, préfacée par George Steiner, une Vie du livre contemporain contée par mon ancien maître Olivier Bessard-Banquy et une Putain de mort, comme vous le dira Michaël Herr. Et maintenant que je l’ai écrit, il faut que je le fasse.

J’en profite, excusez-moi, tant que la porte reste ouverte, pour annoncer.

 

Mais en attendant, c’est dimanche.

 

Clin d'oeil à Pascal Adam qui excelle en ces dialogues, même si je ne suis à côté de Socrate qu’un petit Agathon (ce qui est déjà fort prétentieux de ma part, merci de me le faire remarquer).

 

 

Le jeudi soir, hors les murs.

 

« Wow, c’est pas possible tu as vu cette posture ?

- Oui, c’est difficile de se concentrer. Tu crois qu’on peut faire une photo ?

- Non mais inscris bien cette image au fond de tes rétines, souviens-toi de cette image lors de tes disettes libidinales.

Et allez, c’est reparti, pour des pompes sur Rammstein. Étirements sur Bowie, cardio sur les Gun’s, abdos sur John Lennon, relaxation sur André Rieu. Notre fabuleuse gourmandise du jeudi soir, appelons-le G., nous a concocté un programme musical réjouissant. Et on laisse exercer ce type, roux de surcroît. Extraordinaire.

- Arrête de me faire marrer, j’essaye de toucher mes pieds.

- Allez, crie G. doucement, car oui il arrive à crier doucement tant il est formidable, on écarte bien tout, on décolle les vertèbres, on sent tout se détacher, on balance la tête.

- Ted Bundy n’aurait pas dit mieux », chuchoté-je à ma voisine, et c’est reparti pour glousser, cela dit nous sommes à l’endroit idoine. 

 

Un peu plus tard, ligne 9. Discussions de métro (les meilleures).

 

« Tu crois qu’on s’électrocute en marchant là-dessus ? Moi j’y crois pas, ou alors faut toucher les deux rails en même temps. Ou alors tu te mets en travers, là, enfin ça m’a l’air compliqué cette histoire.

- Je suis un scientifique, je me dois de faire l’expérience.

- Je suis une littéraire, je lis le panneau et m’y réfère : « Ne pas traverser, danger de mort ». Je l’interroge, je cherche les sources, je suis sceptique. Mais je ne fais rien.

 

Un homme à côté intervient, goguenard :

- Non, ne faites pas ça, c’est très con, et ça fait très mal, je le sais j’ai essayé.

- Et voilà, le monde est contrôlé par les scientifiques. »

 

[…]

« Un chat, ça joue et ça ronronne, ça se démerde, c’est parfait. Et quand je le vois, cela me colle un sourire qui ne s’efface pas, et je deviens débile.

- Tu confonds, ça c’est un mec.

- Saint Augustin.

- Quoi Saint Augustin ? Tu veux l’appeler comme ça ?

- Non, rien, je ne l’avais pas encore placé dans la conversation, et ça manquait. »

 

[…]

« Hey, hey, hey ! (il sautille autour de moi, je l’ai mon chat, finalement.) On va dresser une liste pour savoir si ton Grec est gay.

- Je ne dresse pas de liste, non, et il n’est pas gay. Moi vivante, il restera des hétérosexuels en ce bas monde, c’est une promesse.

- Paméla, c’est fini, tout le monde est gay.

- Et voilà, ça recommence. Tu ne peux pas t’empêcher. Je m’inquiète pour toi, tu vas avoir de sérieuses déconvenues si tu pars de ce principe dans un bar de bikers. Mouais, d’accord, mauvais exemple. »

 

[…]

« Je sais pas, Julia, si c’est une fille, j’aime bien. Marianne.

- Julia j’aime aussi. Auguste ou Antonin, c’est super joli.

- Oh non pas les antiques, marre. Quoique César … Non plutôt un truc court, simple : Paul. Jean. Pierre. Qui j’oublie ? Luc ? Jésus. C’est simple, ça se retient bien. Puis tu peux crier dans l’escalier « Jeeeezeuuuuusss ! », à condition de le faire avec un Anglais, bien sûr, mais quelle idée…

- Paul c’est nul. De toute façon moi je réserve Julia.

- Je ne vois pas pourquoi on discute, je ne veux pas en faire.

- Toi, tu ne veux pas en faire, mais l’Avenir, il en veut peut-être… »

 

Je reste soufflée. Tant de poésie de la part d’un scientifique… Dommage qu’il ne soit ni prof de sport ni grec. Ah, mais en relisant cette phrase…

…oh mon dieu….

Il avait donc raison.

 

Mes yeux écarquillés se posent vivement sur le Banquet de Platon qui me contemple hilare.

 

... il s’ensuivit un silence suspicieux insupportable.

 

 


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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 18:22

pete-les-bulles-iphone m

 

Il vous faut un smartphone, c’est le Nouvel Observateur qui vous le dit. Et vite, hein, ce serait dommage de ne pas pouvoir claquer sur votre écran et de façon horripilante les bulles du papier virtuel du même nom, ou de ne pouvoir retrouver les vidéos de votre gamin à montrer à votre collègue qui s’en fout. Je le sais, je suis cette collègue.

Ce journal est le seul à ce jour qui me donne aussi irrépressiblement envie de renoncer au papier, et, de façon extrêmement malsaine j’en conviens, je ne me résigne pourtant pas à en suspendre mon abonnement. Je prends cela pour un poste d’observation, je me donne probablement des excuses tant je suis impatiente de retrouver les dossiers d’un ennui intersidéral qui s’alternent chaque semaine avec une précision suisse : Le fisc, Sarkozy, l’immobilier, les Musulmans, les riches, les hôpitaux, les secrets d’États, les aliments qui soignent, Chirac. Nous voici donc après cela des personnes complètes, flattées dans toutes leurs sordides obsessions.

Lorsque par malheur j’en ai trois en retard, comme hier soir, je prends de plein fouet les révélations dérangeantes de nos journalistes et récupère ma dose d’indignation nécessaire à mon équilibre citoyen : quoi, les Alliés ont abandonné les Juifs ? C’est dégueulasse ! Naan, je ne mange pas assez d’épinards, flûte, mon cancer ! Ah, je le savais bien que je n’étais pas assez payée par rapport à un médecin, c’est scandaleux.

Patience, cependant. Tout vient à point.

Pourtant, sur un autre de mes magazines fétiches, Glamour (mais lui jamais, vous m’entendez, jamais je ne suspendrai son abonnement), on nous dit : « Smart have the brain, stupid have the balls. Be stupid. » Une femme au jean lacéré représentant la marque publicitaire caresse une panthère en pleine jungle. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce qu’elle caresse une panthère qu’elle à des balls. C’est parce qu’elle parcourt la savane à talons. Et ça, je vous le dis, c’est vraiment gonflé.

Ah mais oui, j’ai compris. Nous, on doit courir en talons dans la jungle, notre téléphone pourvoira.

Cela ne me perturbe pas outre mesure, occupée que je suis à traquer les avancées foudroyantes en matière de cosmétique, à savoir que depuis les années 60 : non, les crèmes anti-cellulites ne marchent pas, les crèmes antirides non plus, et votre sœur scientifique se retiendra, par charité chrétienne, de rire, lorsque vous lui annoncerez fière que les protéines de perles existent, qu’elles donnent volume et brillance à vos cheveux. Oui, nous sommes en mars et votre peau est translucide, rien n’a jamais réussi à inverser le processus, et vos cernes sont rosé beige N°6, soit, mais toujours creusées. Votre horoscope est toujours formidable, la mode toujours aussi malade, les articles de fond extraordinaires (« Ce que votre statut Facebook dit de vous »), les recettes infaisables et les potins éventés. Et puis merde à la fin non, Vanessa Paradis et Johnny Depp ne vont pas se séparer, pas plus que Brad Pitt et Angelina Jolie, par contre excusez-moi mais qui est cette Pixie ? Lady Gaga nous donne quant à elle des cours d’élégance féminine, en échange je l’espère de quelques cours de chant ce qui serait procédé honorable. Elle, magnifique créature tellement hyper présent qu’elle est restée bloquée à avant-hier, elle aura une note rien que pour elle, patience.

Aaaah et bien voilà, me voici finalement reconnectée à mes semblables grâce à ma deuxième indignation engagée de la soirée. Attention, et mon cœur… ma tension ! je ne suis plus si jeune, à en croire la poussée de l’acide hyaluronique (le laboratoire vantant ses mérites doit être le seul assez sûr de lui pour se contenter d’un « tout le monde en parle » et d’une Pénélope Cruz, qui, excusez-moi, est de ma génération et donc totalement périmée), il faut que je m’asperge, et vite.

Which I do (le bilingue, c’est trendy, voir preppy), avec la joie certaine de me faire du bien. Stressée parisienne que je suis. Qui pense donc qui s’ennuie (une des conclusions de l’article nommé ci-dessus sur les statuts FB : « si vous avez l’air de trop penser on en conclura que vous vous ennuyez » Femme avertie à moitié dans ton lit, ou alors je confonds…).

Un autre article m’apprend à ne pas rejeter un homme plus vieux qui ne serait pas sur FB, à comprendre : cet étrange animal qui sic sortirait donc de dizaines d’années de couple (aucune autre explication possible, toute hypocrite fût-elle, on le sait bien que ce sont d’abord les hommes mariés qui rôdent en ces lieux). Là vraiment je crois m’étrangler de rire : « rassurez-le, ne soyez pas offensive, accrochez-vous, le jeu en vaut la chandelle etc… », nous sommes en plein drame d’impuissance sexuelle. « Chéri, mais non je t’assure que ce n’est pas grave, on va surmonter cela ensemble, on va te faire un profil Facebook, mais on ne le fera que lorsque tu seras vraiment prêt. » m’imaginé-je déjà en train de dire à mon bûcheron canadien.

Le fait est, cela dit, que je m’amuse follement (« la pauvre, elle n’a donc pas de vie… », p 4 des statuts – non ne cherchez pas, j’affabule).

 

Pendant ce temps-là, Coldplay commence magnifiquement une chanson, 42, dans son album intitulé avec pertinence Viva la vida, au point que j’en suspends mon vol et regarde vraiment l’épisode des Experts qui s’ouvre sur la ritournelle, délaissant mon Glamour. Je la recherche sur le net et me retrouve fort dépitée. À 1min 38 c’est le drame. La balade envoûtante aux si jolies paroles mute en une hideuse bête néo-progressif. Je demande un avis extérieur et me vois confirmée, nous sommes bien d’accord que le progressif est déjà insupportable, quant aux néo… mouais. Incapables de supporter la beauté quasi spectrale mise en place par ce pour quoi on les paie, c’est-à-dire une voix plaintive et un piano bisexuel, ils se sabotent, lancés sur leurs claviers comme des enfants de 5 ans testant l’autorité parentale.

 

 

 

Je dois donc effectuer une opération délicate et fastidieuse qui consiste à  couper immédiatement à 1min 36 la malheureuse chanson sous peine de me transformer en furie.

C’est dommage, car juste à côté de ma liste merveilleuse de chansons immortelles se tient The Beautiful Ones, de Prince, qui elle décolle enfin non pas à 1min36 (soyons précis) mais à 3 min 25, ce qui est parfois long. Oui mais alors, et pour qui a vu ce film non moins incroyable qu’est Purple Rain (je ne suis pas ironique, j’assume une certaine fascination pour les films musicaux datés), c’est une explosion de saveur, et le petit homme violet qui se jette par terre en hurlant son I want you ! me procure une joie indescriptible (si, j’ai trouvé : la joie morbide du mauvais goût poussif et spectaculaire). Me faisant presque oublier les 3 min 25 de pure abnégation, refusant, en apnée, d’admettre à quel point c’est mauvais et sans retour possible. Tout de même, ce final… quelle beauté.

 

 

 

C’est vraiment pénible, ces semi-œuvres.

J’en suis à me demander si je ne vais pas créer une créature monstrueuse, mon Frankenstein musical qui aura la tête de 42 et le corps de Beautiful Ones.


Voilà ce qu’il en coûte de vouloir se détendre.

Mais déjà je frôle le TMI. Il faut se reprendre.


Il est temps que je m’achète ce téléphone et ce pantalon et que je retourne sur l’Olympe.       

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 18:51



Le Monde nous informe à l'instant de ceci:

La député UMP Edwige Antier, qui doit absolument devenir célèbre par cette proposition de loi, je vous en conjure, propose de voter un texte rendant la fessée, et tout autre châtiment corporel qui soit, illégale.

Ah merde alors ! Vous n'allez pas toucher à la fessée tout de même !
Je sens nos libertés individuelles gravement atteintes, c'est scandaleux.

En tout cas, je m'étrangle de rire à la lecture de tout l'article, d'accord, mais surtout de ce passage:

"L'article serait lu aux parents lors du mariage."

Attendez, ce n'est pas très sympathique, il est déjà extrêmement difficile de ne pas rire pendant les cérémonies, si en plus il vous faut nous prévenir d'éviter de fesser nos futurs enfants, ces enfants Tout Puissants qu'il faudra bientôt payer pour aller en classe, je crains l'apoplexie.

Une fois n'est pas coutume, je me rallie à l'un des commentaires de cet article-torchon: "Nos parlementaires UMP auraient besoin d'une thérapie de groupe."
Oui, mais attention, pas de châtiment corporel, cela pourrait les rendre agressifs.
Pauvres cinglés.
Pauvre, pauvre Monde.
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 17:38

L'amie d'une de mes amies qui n'en est pas pour autant une de mes amies, d'autant que je ne la connais pas, a élaboré récemment une théorie fort intéressante sur l'épidémie de mort (mais que fait l'OMS ? Nous continuons encore, insolemment, à mourir...) qui frappe nos célébrités (je revendique le prix littéraire de la phrase la plus lourde de la rentrée, et j'ai quelques rudes adversaires) :

Dieu est en train de monter une comédie musicale.

Mickaël Jackson, Patrick Swayze et Filip des 2be3, le casting est prometteur. Bien entendu, tout ceci n'explique pas la disparition de Sim, dont tout le monde croyait au demeurant qu'il était déjà mort.
Il faut bien rire un peu.

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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 12:28




Trouvé sur un forum par ma cousine, je n’ai aucun moyen de certifier l’authenticité de ce codex, ni de le dater, mais apprécie grandement son sale esprit…

 

Récemment une célèbre animatrice radio états-unienne fit remarquer que l'homosexualité est une perversion.

« C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination » C'est clair, non ? « La Bible le dit. Un point c'est tout. », affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait :
« Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.

Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ? Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ? Je sais que je ne suis autorisé à toucher aucune femme durant sa période menstruelle, comme l'ordonne le Lévitique, chapitre 18, verset 19. Comment puis-je savoir si elles le sont ou non ? J'ai essayé de le leur demander, mais de nombreuses femmes sont réservées ou se sentent offensées.

J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante qu'une quelconque manière ? Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ? Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différente dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ? Je me confie pleinement à votre aide. Merci de nous rappeler que la parole de Dieu est éternelle et immuable. Un point c'est tout. »


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