Non catégorisé

Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 16:21

 

 

 

 

 

Cinq ans, pratiquement jour pour jour, que j’ai ouvert ce blog. Bien sûr, aucun article stable, j’ai biffé rageusement beaucoup des premiers, retrouvé, redoré quelques rares, exécuté sommairement ceux qui ne passent pas l’année, trahissent ou ralentissent la progression, et j’ai constamment interrogé la pratique même de voir pousser cette excroissance rapidement indispensable. Depuis cet été, s’installe l’impression de poser un point final à chaque nouvelle note postée. Sensation de se rapprocher du silence, et paradoxalement du monde. Lorsque la pente empruntée nous fait l’extrême honneur de confirmer une nature dont je n’ai pas terminé de cerner l’origine, lorsque nous sommes brutalement assurés d’être parfaitement là où l’on appartient, il devient urgent, vital, de s’occuper du reste. Et d’assumer pour un laps aussi court soit-il, que les ténèbres, découragées, nous ont quittées honteuses de n’avoir pas mieux à proposer.

Mais je me rassure : il me restera toujours la colère, et le regard.

Il y eut des rencontres et des désastres. Des lecteurs perturbés, incapables et qui les en blâmerait s’ils n’ont pas eux-mêmes souscrits à l’expérience, de saisir qu’une plume est libre et surprend souvent celui là-même qui la tient, et n’a jamais pour but de le définir comme personne réelle. Rien n’y suffirait, et nous disparaissons si vite. J’ai toujours eu un reste de cœur permanent, je persiste. Il faut voir qui juge.

Depuis ma tendre enfance, probablement percutée par la flagrante dissolution du sens et le décalage par trop funeste entre la médiocrité des cœurs atrophiés logés dans autant de craintives poitrines et la violence de mes élans cherchant sans répit la rédemption par la splendeur lustrale des mots de génies, j’ai voulu vous forcer à les entendre, à les retrouver, les découvrir, j’ai tenté de tout élever à bout de bras, moi incluse, afin qu’enfin ces deux mondes se rejoignent et entrent en collision, et qu’un seul ne subsiste, auquel je me résignerais.

Le philosophe doit éclairer plutôt que punir, je ne suis pas philosophe, et je tente de vous attraper et de vous faire plier devant eux, bien plus que devant moi, je ne sais jamais que faire de ces allégeances. Je veux y aller avec vous. De gré ou de force. Ce conflit, je l’observe pour ce qu’il est : générateur de réactions qui elles-mêmes entraîneront réflexions, et dans une pensée toujours mouvement, absorbera les arguments adverses pour les rendre en éclaboussant les murs, ou les intégrer avec gratitude. Rien n’est plus grisant que la découverte de son erreur, qu’une brèche dans son propre raisonnement qui entrouvre un espace inconnu bien qu’immédiatement familier, évident. Rien ne m’est plus exaltant qu’un livre, car c’est souvent un livre, ou un homme, car il faut accepter la pénétration pour changer en profondeur, qui confirme en un instant, une phrase, un ton de voix que je suis avec lui une de plus sur la route vers l’Un. Tant pis pour la connotation mystique, après tout qui niera que nous sommes partie d’un ensemble ? Qu’il se lève et parle, ou se taise à jamais.

Je suis pratiquement certaine de mon échec à me taire. La seule promesse que je me suis jamais faite est d’être ici pour rester.

Promesse ou menace ?

Passez un excellent mois de décembre, sous les lumières excessives de vos villes froides.

 

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(Vous n'avez aucun humour, ma parole.)


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