Dimanche 25 mai 2008

On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer.

 



Je n’observe pas le genre humain. Non, je ne suis pas du genre à observer l’Humain. Je crois que j’en sais un bon bout sur le style :  « Genre Humain ».

C’est toujours approximatif, son degré d’humanité, à un Genre Humain ; très vague, flou dans ses idées, ses Grandes Idées Générales. Dans ses actes, en revanche, c’est plutôt précis, ponctuel, organisé. Si un Humain se trouve être du genre à proclamer, par exemple : « aimez-vous les uns les autres », ou : « tu aimeras ton prochain comme toi-même », les autres Humains du même genre s’empressent d’ajouter : « tu ne tueras point ». L’histoire du Genre Humain prouve qu’il n’était pas inutile de le préciser.

Sans que j’aie besoin d’observation ni d’étude, le Genre Humain, moi, il me frappe de ses traits de caractère. Depuis le ventre à Maman que j’en fais partie, du Genre Humain, il me casse les couilles, le Genre Humain, il me les met graves, hirsutes, violacées, tordues, il me les remonte au maxillaire, comme un collier de moules, il me saute à la gorge, me gicle aux yeux, me tord aux oreilles, me cogne à la tête, le genre humain !

Moi, ardent, turgescent, inflammatoire, moi qui n’aime que le clinquant de la vie, l’érection à tous degrés, voilà que je débande, ladies and gentlemen ! J’en suis à l’étreinte molle ! Parfaitement ! Rien à l’horizon qui puisse me donner envie de frotter ma queue au Genre Humain !

Et aujourd’hui, c’est, à chaque fois, un peu plus pire qu’hier.

J’ai que la poésie comme passion.

J’écris, oui. Mais comment doit-on dire, maintenant, en français : un jour néfaste ou une journée faste ?

Merde !

Tout le passionnel est réel.

Tout le réel est rationné.

Sale journée !

 

Ange Philippe Léotard Tomasi, Pas un jour sans une ligne.
par The bitch is back publié dans : Belles Lettres communauté : Les infréquentables
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Mercredi 21 mai 2008




"Serait-il souhaitable que l’humanité n’écrive que quelques livres par an pour que tout le monde les lise ? Nous rêvons à l’attention universelle, au silence de tous ceux qui se taisent pour nous écouter, de tous ceux qui renoncent à écrire pour nous lire. Nous pensons qu’au moins certaines choses devraient être lues par tous. Mais que pouvons-nous dire à tout le monde ? […]

Il faut fragmenter la conversation autour de tables séparées pour ne pas en rester aux généralités, pour aborder plus de sujets, pour se dire plus en groupes de moins."

Gabriel Zaïd, Bien trop de livres?
par The bitch is back publié dans : Belles Lettres
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Vendredi 11 avril 2008




Quel homme digne de ce nom pourrait souffrir en effet que ces gens regorgent de richesses qu’ils gaspillent pour bâtir sur la mer ou aplanir des montagnes, tandis que nous n’avons pas d’argent  même pour le nécessaire ? Qu’ils accolent pour leur usage deux palais l’un à l’autre, ou même davantage, tandis que nous n’avons nulle part de foyer familial ? Ils ont beau acheter tableaux, statues, vases ciselés, démolir des maisons neuves pour en construire d’autres, bref gaspiller pour dilapider leur argent  de toutes les façons, ils ne peuvent pourtant, malgré toutes leurs folies, venir à bout de leurs richesses. Mais pour nous, à la maison, c’est la gêne, au dehors, les dettes ; un présent lamentable, un avenir plus triste encore ; enfin que nous reste-t-il sinon un misérable souffle de vie ? Eh bien, réveillez-vous ! La voici, la voici cette liberté que vous avez tant souhaitée ; et avec elle, richesses, honneur, gloire sont devant vos yeux. Telle est la récompense que la Fortune propose aux vainqueurs. Plus que mon discours, la situation, le moment, le danger, la misère, la magnificence du butin vous exhortent à l’action. Servez-vous de moi comme général ou comme soldat ; mon cœur et mon bras sont à vous. Voilà le dessein qu’une fois consul j’espère réaliser avec vous, à moins que je ne m’abuse, et que vous préfériez la servitude à la prise de pouvoir.

 

 

La Conjuration de Catilina, Salluste.

par The bitch is back publié dans : Belles Lettres
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Lundi 31 mars 2008

 



Prométhée.- Oui, j’ai délivré les hommes de l’obsession de la mort.
Le Coryphée.- Quel remède as-tu donc découvert à ce mal ?
Prométhée.- J’ai installé en eux les aveugles espoirs.

 Prométhée enchaîné, Eschyle.

par The bitch is back publié dans : Belles Lettres
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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

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