Les Mayas, leur calendrier (ci-dessus) à l’appui nous disent quand aura lieu la fin du monde mais pas comment.
Les Sibylles, elles, prophétisent sans date.
En attendant d’aller voir la formidable avalanche cathartique que promet le film 2012 sorti en salle ce jour (que je ne manquerais pour rien au monde, même pas sa fin, tant le film catastrophe est le genre que mes humeurs cinéphiles dévorent le plus), voici un extrait des magnifiques oracles sibyllins dont il n’existe à ce jour aucune édition française disponible, malheureusement. Nous pouvons nous consoler avec les larges extraits récupérés dans l’ouvrage nommé plus bas, et ce site internet, qui pique un peu les yeux écarquillés mais prête, au moins, à rire de bon cœur.
Ces oracles, dans l’intégralité qui nous est parvenue, sont tout bonnement à couper le souffle par les images délirantes et violentes qu’ils tissent sous nos yeux inquiets.
« Et alors un grand fleuve de feu crépitant se déversera du haut du ciel et consumera le monde en tous lieux : la terre, l’immense océan et la mer étincelante, lacs, fleuves et sources ; l’implacable Hadès aussi, et la voûte céleste. Or donc, dans le ciel, les astres lumineux se fracassant les uns contre les autres le transformeront en un désert complet : les astres tombant tous du ciel dans la mer. Tous les êtres humains grinceront des dents au milieu des flammes du fleuve ; le soufre, l’assaut du feu dans la plaine enflammée, la cendre recouvriront tout. Et alors, absolument tous les éléments de l’univers seront veufs, air, terre, mer, lumière, voûte céleste, jours et nuits : les oiseaux innombrables ne voleront plus dans les airs ; les créatures aquatiques ne nageront plus jamais dans la mer ; les navires chargés ne parcourront plus les flots marins : les bœufs sous le joug ne laboureront plus la terre, le murmure des arbres ne se fera plus entendre sous le souffle des vents. Mais il fondra tout en même temps, en une seule masse puis l’affinera jusqu’à purification. »
Oracles sibyllins, II, 196-213, cité par Christine Dumas Reungoat in La Fin du monde, enquête sur l’origine du mythe, Les Belles Lettres, 2001, p 26.
Je reviendrai plus longuement dans les temps à venir sur cet ouvrage, riche et remarquable. Si toutefois nous sommes toujours là.