Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 21:27

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En attendant la publication, ce jeudi, d’une conversation autour dudit Philippe avec Vincent Morch, en charge de la supervision de la nouvelle édition des Essais de Muray (il y eut les Essais de Montaigne, gageons qu’il y aura les Essais de Muray), je poursuis la levée des filets.


Le texte dont est extrait le passage qui va suivre a précédemment paru dans l’ouvrage Vivre et penser comme des chrétiens, collectif, A contrario, 2005.


« La première chose remarquable, chez l’athée résolu, c’est qu’il éprouve tout de suite le besoin maladif d’ajouter qu’il est joyeusement gai, gaiement réjoui, rempli d’enthousiasme allègre et de jubilation tourbillonnante, comme si on pouvait en douter. La seconde chose remarquable, chez l’athée gaiement résolu, c’est la gueule triste de sa prose bâclée, de ses phrases démoralisées, de sa langue grise, précipitée et dépressive, de son analphabétisme d’agrégé de banlieue.  L’athée joyeusement gai voudrait bien imposer à tous sa gaieté joyeuse, mais il est déjà incapable de la communiquer à son propre style. Il devrait commencer par euphoriser devant sa propre porte, mais il n’y pense même pas. Il ne voit pas que le plat sanglot de son style ne trahit que le ressentiment et l’esprit de vengeance qui sont à l’œuvre derrière son enthousiasme athée joyeusement païen et laborieusement incroyant. »


Philippe Muray, Dieu merci, in Essais, Les Belles Lettres, 2010, p 1493.

Publié dans : Inadmissible ! : les privés d'autorité
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