Partager l'article ! Qui a tué Christian Poveda ?: Rappel: La Vida Loca, ...
Rappel:
La Vida Loca, ou comment mourir pour rien ni personne
Christian Poveda est mort et oui, c'est un scandale
Il y a un peu plus d’un an déjà, Christian Poveda, reporter cinéaste franco-salvadorien ,tombait sous les balles au Salvador et quelques abrutis se dépêchaient déjà de « commenter » cette mort en des termes proprement scandaleux. Oui, nous sommes, qu’on se le dise, englués jusqu’au cou dans l’ère formidable du commentaire sur tout, lorsqu’il n’y avait pas si longtemps encore, on savait nous signifier plus ou moins brutalement mais relativement sainement que notre avis sur tout, non, n’avait pas la moindre importance. J’ai bien conscience que le simple fait de le placarder sur ce pauvre média bien trop bâclé qu’est le net ne dupe personne mais enfin lire ces immondices par inadvertance, et surtout par accident lorsque l’on s’est pourtant comme moi soigneusement barricadé loin des crève-cœurs, des use-nerfs que sont ces autoroutes du tout-venant pour en avoir trop lus et vus justement, lire ces immondices, donc, (« Il l’avait bien cherché en exerçant ce métier ») ne cessera pas de m’émouvoir. Pour rester polie.
Quoiqu’il en soit, je me demandais récemment ce qu’il restait en terme de mémoire collective (à présent d’à peu près une semaine, sauf anniversaires de commémoration avec faculté de retour pour les exemplaires invendus) de ce bien triste assassinat. Un message pudiquement adressé par un Ami de Poveda au blog pour le moins mouvementé et dont les revendications me sont pour beaucoup relativement étrangères, me donne ce jour une petite réponse, et puisque c’est toujours mon foutu cœur qui parle lorsque je baisse la garde, et que je baisse, ce soir, la garde, j’ai envie de relayer son élan, pourtant peu acquise aux pétitions et autres mouvements illusoires de groupes agitant banderoles.
Je voudrais simplement vous demander non pas de signer cette pétition en lien si le principe vous incommode, mais de considérer le beau film qu’il nous a laissé un instant avant de disparaître, La Vida Loca, et d’accepter ce terrible inconfort… de regarder un à un ces hommes tomber.
Peu perméable à la moindre récupération politique, je me demande, pour l’Histoire, pour honorer un homme dont le travail d’exception m’a particulièrement touchée, et qui comme chaque homme mort de la main d’un autre mérite que se pose cette simple mais lancinante question dont seule la résolution apportera un semblant de repos à ceux qui restent, je me demande effectivement :
Qui a tué Christian Poveda ?
Qui, donc, nous tuera un par un sur cette route.