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... et d'une certaine manière, me répond-il, alors que tu voues presque exclusivement les moindres minutes échappées de ton carcan commercial à la plongée éprouvante dans une mémoire fascinante que tu convoques et qui s'assemble enfin, et même si, d'apparence, tu ne fais rien d'autre: tu es libre.
Car des journées qui commencent par la douce lumière frappant les plantes alors qu'un pianiste au loin s'exerce plutôt bien, une pile de vieux livres sur la table à côté du portable qui ronronne à la simple idée que je revienne lui caresser le clavier, et un Hilaire de Poitiers qui trépigne que je l'empoigne et lorsque je le fais enfin m'assène ses premier mots "Et je crie à ta face, loup rapace..." alors que de ma chaîne en mode aléatoire s'élance un hérétique "Your own personal Jesus" à cet exact moment, ces journées sans regard, sans confirmation, sans confrontation autre et muette qu'avec les revenus, les rescapés, les persistants, ne peuvent que confirmer l'idée superbe que oui, je suis libre. Et je vais le rester.
Beaucoup de ces vivants ne me manquent pas. Je n'ai que peu d'attentes concernant mes co-existants. De moins en moins d'ailleurs. Je rêve parfois que je sursaute, tombée dans les limbes d'un trouble irrépressible.
Certains pourtant subsistent au chaud, dans mon amour sans faille, incommuniqué et inavouable, peut-être. Protégés.
Je ne suis pas en exil, alors qu'en silence et recroquevillée sur le cosmos sans fin, le coeur de l'homme et les ensanglantés aux cris enragés j'écoute et je conserve, je prends acte et surprends: je suis chez moi. Et je vais le rester.