Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 16:04

 

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This is the way the world ends

This is the way the world ends

This is the way the world ends

Not with a bang but a whimper.

 

Thomas Sterns Eliot, The Hollow men.

 

 

 

Une miette de note pour un livre mineur, certes, mais vif et téméraire:

 

Christian Godin, Le pain et les miettes, Klincksieck, 2010.

 

godin-pain-et-miettes

 

 

Problème, simple, pourtant affreusement évident : nous sommes une société de miettes, mais pour égrainer des miettes, encore faudrait-il du pain. Celui-ci vient à manquer.

 

« Il n’y a ni culture ni existence sans un minimum d’unité. »

 

« Changer d’idée comme de chemise et de partenaires comme d’idées – telle est la marque de notre liberté. Le lien n’est bon que pour le prisonnier, la fidélité une servitude. L’homme d’aujourd’hui est électronique : n’est-ce pas l’électron libre qui lui donne l’image la plus simple de  la liberté ? Que l’éclat ne soit pas seulement le fragment d’obus susceptible de tuer mais le flash de lumière intense qui éblouit (autre mot à double-sens), ce jeu de langage nous fait signe. Comme nous ne croyons plus aux vies éclatantes, nous nous amusons tant bien que mal de nos vies éclatées. »

 

Symptômes : tourisme et crémation, fétichisme et vagabondage sexuel, vide-grenier et fin du cadeau, zapping et Facebook, intégrales et best-of, avidité et abandon…

 

Solution, bancale pour l’heure : la psychanalyse, et un plan d’ouvrage ordonné autour des sept mots-clés du docteur malmené : être, agir, pouvoir, voir, avoir, savoir, dire. Mais peut-être M. Onfray en aurait-il quelques autres à proposer pour infirmer ce penseur mineur que fut Freud, par rapport à lui, j’entends. [Car il faut l’entendre dans cette cruelle juxtaposition de deux hommes dont le simple rapprochement fantasmé soignerait le plus indocile neurasthénique, quel que soit ce que l’on pense de chacun, d’ailleurs. Allons, allons. C’est insupportablement postmoderne, cher Michel, vous nous enfoncez. Encore une belle miette racornie loin de sa miche, qui prétendra nourrir son monde. Mais j’arrête sur ce pauvre chapitre Onfray, comme dirait un grand penseur des Balkans de Marseille : « ça m’énerve ».]

Mais je raccourcis sciemment, ce n’est pas tant que la psychanalyse sauvera le monde, idole païenne à laquelle je ne crois pas – car il s’agit bien avant tout de croyance, mais à mots couverts, en en appelant à la littérature aussi bien qu’à l’Histoire (et oui, braves gens, quoi d’autres ?), Christian Godin en appelle à une pensée unie, sensée et transversale (actuels synonymes de réactionnaire), la seule à même de rattraper le pétrin.

S’il en reste encore assez à lever.

 

De toute façon je n’ai même pas encore terminé de le lire.

Je parle la bouche pleine.

C’est proprement honteux.

Précipité, bâclé.

Injustifié.

Moderne.

 

Vous croyez que j’y reviendrai ? Ah !

Si je me respecte un peu, il le faudra bien.

Publié dans : Les inattendus
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