Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 21:09

 

 

La joie est-elle un atout dans la lutte pour la survie darwinienne ? Quelque chose me dit que oui ; quelque chose me dit que les êtres moroses et craintifs sont voués à l’extinction. Là où il n’y a pas de joie il ne peut y avoir de courage ; et sans courage toutes les autres vertus sont vaines.

 

Edward Abbey, Désert solitaire.

 

 

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« Le jeu sur les mots finit par la destruction du sens. S’il y a une bataille qu’ont perdue tous les libéraux, c’est assurément celle des mots. Ce glissement du langage a conduit à une détérioration de la pensée. […] Ils prospèrent sur ses ruines, comme ils prospèrent dans une société sans repères clairs et sans stabilité. Pour casser un pays et une civilisation, rien de tel que de casser leur langage. »

Xavier Fontanet, Si on faisait confiance aux entrepreneurs, p 102.

 

« Je tenterai de vous montrer que l’entreprise n’est pas l’horreur trop souvent décrite. C’est un lieu où l’on apprend un métier, où les personnalités se développent et où l’on vit dans un climat de… confiance. Dès que la confiance s’instaure, un petit miracle se produit, la flexibilité devient possible, les gens n’ont plus peur de bouger, l’initiative se développe spontanément. »

Xavier Fontanet, Si on faisait confiance aux entrepreneurs, p 21.

 

Deux extraits en annexes du présent ouvrage :

 

« Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu’ils pourraient et devraient faire eux-mêmes. »

 

Abraham Lincoln, Déclaration au congrès en 1860.

 

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. […] Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles et dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers. »

 

Jean Jaurès, Dépêche de Toulouse, 28 mai 1890.

 

 

 

À Caroline.

 

 

Je viens d’une famille où le mot « capital » est tabou, où  l’entreprise, comme pour beaucoup d’athées, remplace  l’enfer, et le patron le diable. L’argent est sale, et la concurrence inhumaine, les objectifs et la pression au résultat sont inadmissibles, nous tuent, nous usent, et malades, dévitalisés, nous ne pouvons supporter les humiliations répétées, nous devenons des ombres folles et suicidaires, et l’horrible dollar dresse son étendard sur nos hôpitaux de jour en laissant exploser son rire vainqueur de conquérant sanguinaire. Je viens donc d’une famille athée de fonctionnaires et de professions libérales. Que j’aime beaucoup, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Une famille de conteurs de libertés, qui a au moins eu le mérite de ne m’avoir pas fait prendre le loup de mes histoires d’enfance au sens littéral du terme, d’avoir cherché la métaphore sans cesse. Le mérite  d’avoir accepté un cygne noir dans leurs rangs, mon humble personne en l’occurrence refusant de prendre quelque carte que ce soit, choisissant le privé et ouvrant les mauvais livres. Je n’en fus pas pour autant rejetée. Liberté, tu recouvres de bien vastes acceptations. Si je n’ai jamais douté de leur sincérité et eux de la mienne pourtant fluctuante au gré de ma quête perpétuelle, je n’ai jamais réussi à « embrasser » leur cause avec assez d’entrain pour continuer à les suivre dans leurs foires bio et leurs  fêtes des arbres, leur parrainage de Roumains, même si souvent le cœur y est, car le geste est, au fond, louable.

Ma plus jeune sœur, d’ailleurs, engagée au Parti Communiste et correspondante pour l’Humanité depuis peu, vit ce combat au quotidien comme une véritable croisade contre le Mal et je ne saurais l’en blâmer, puisque sans certitude aucune d’avoir choisi les Bons contre les Mauvais, elle tente d’honorer ses racines et surtout ne cède en rien à la mollesse crasse de sa génération en préférant se battre. Qu’on lui jette la première pierre. Jeunesse se passe, combat reste.

Mes parents sont écologistes. Ils militent depuis plus de quarante ans pour un monde meilleur, et je leur dois probablement les quelques lueurs d’espérance dans mes caves sombres, les références certaines d’une humanité qui semble fondamentale, un bon sens difficile à nier, celui de l’amour, de la préservation, du respect des cultures, de la faune et la flore. Ils ne sont pas complètement niais, non, Sparte ne fut pas toujours loin et la politique à table est une ascèse dont je garde également des séquelles.  Jeunesse se passe, combat reste.

Mon grand frère a suivi une carrière sociale et son cœur électoral irait plutôt à José Bové. Ses amis font de la poterie et des concerts altermondialistes, il habite au fin fond  du Tarn et Garonne et loue des chalets en Ardèche.  Il accepte toutefois de lire Philippe Muray lorsque je lui envoie. Son fils va à Disneyland (avec moi) et joue à la Wii (encore avec moi), et il faudra qu’il intègre, comme tout le monde, les paradoxes humains, mouvants, de son entourage et de son éducation.

Je travaille dans une entreprise qui fabrique des livres, après avoir claqué la porte à deux qui fabriquaient du film, pour n’avoir pas supporté la « gestion humaine » de ces hauts-lieux de la frénésie sinistre et des cerveaux absents des graphiques. J’ai toujours aimé le mérite, travailler dur pour ensuite être récompensée, et vécu comme des tragédies intimes aux multiples blessures pas toujours bien refermées, l’injustice d’un donné non rendu. Je suis donc très basique, fondamentalement.  Le travail est un cadre qui m’exalte, comme il peut totalement m’anéantir et pourquoi ? Parce que j’ai trouvé en lui ce qui me porte et me grandit, une équipe soudée de loups solitaires à leurs postes, un clan qui doit écrire son destin dans la forêt de tous les dangers. Ceci, je ne le devrais probablement qu’à moi-même si j’étais la plus parfaite ingrate prétentieuse. Appelons hasard cette adéquation, puisque nous sommes dans le registre athée. La bonne étoile. Tombée du ciel, comme il se doit. Ce que je me dois, à moi, en revanche, c’est peut-être de n’en avoir pas voulu à mes parents, à mes patrons, au monde entier de mes infortunes, mes chagrins, mes échecs. D’avoir tenté, ayant en tête mes antiques, d’appliquer pour de bon le « Mais que peuvent-ils me faire, après tout ? » et d’avoir balancé des cailloux non pas sur les militaires qui ne m’inspirent rien de plus ou de moins que, mettons, les boulangers, mais sur ce qui m’était à moi, rien qu’à moi et pas aux autres, insupportable. Et j’ai quitté la maison brutalement, certes, le pays, les études étouffantes, et je n’avais en tête, adolescente, qu’une seule idée fixe, synonyme de liberté absolue, d’indépendance forcenée dont le paradoxe me laissait pantoise mais résolue : non seulement travailler, mais aimer ce travail, quel qu’il soit, me bâtissant des utilités, m’intégrant dans un grand plan, glorifiant des tâches peu dignes, et  peu importe le temps que cela me prendrait. J’ai lu que la liberté venait des cadres, cela me semblait, d’expérience, dur mais plausible, et n’ai pas bien compris l’opprobre que mes amis dévoués à la cause des autres, mais surtout pas à la leur, bien trop vulgaire pensez-vous, me jetaient à la figure lorsque je la leur citais. Inutile de rappeler, soyons charitables, que ces chasseurs de fascistes défendaient la liberté d’expression en ne lisant, eux,  jamais aucun livre sérieux et surtout pas qui fâche.

Après avoir lu chez Epictète une phrase qui me libéra un peu plus encore et me saoula d’un bonheur vif et durable car révélant un des secrets du monde et de la vie en communauté, j’appris à concentrer mes efforts, après quelques égratignures de haute volée infligées en grande partie par des personnes se débattant de mes griffes mal contrôlées. Cette phrase m’indiquait en substance de m’occuper de ce qui dépendait de moi, et de contourner, de prendre avec le plus de philosophie possible ce qui n’en dépendait pas. J’ai fini, oui, par explorer, améliorer, patiemment muscler ce qui dépendait de moi seule, effectivement, même si j’avoue qu’en ce qui concerne le second plan, j’ai encore récemment échoué dans cette maîtrise philosophique, mon foutu tempérament venant encore parfois brouiller bien des signaux subtils. J’ai cependant 30 ans, pas 50, j’ai bon espoir et, voyez-vous, il m’arrive parfois d’être fière de moi et de ce fameux chemin parcouru. Il est pourtant banal, au regard des maigres révélations ici faites. Il peut encore brutalement virer, et je suis prête.

J’ai toujours été prête, donc, pour l’entreprise. Pour l’enfer. Pour la difficulté. Le jeu de domination, la perception souvent paranoïaque de l’exploitation. L’insécurité. J’ai toujours été prête pour cette discussion avec le diable, car il ne m’a jamais fait peur. Je lui ai sacrifié et je continue à le faire. Je connais bien l’usure, la fatigue et le découragement. L’angoisse de ne pas parvenir à honorer sa mission. Je ne suis pas née forte, bien au contraire, et suis peu stable émotionnellement. L’entreprise me force, je peux résister et me construire en refusant qu’elle me broie, je lui dois ma pitance, mes avancées, ma souplesse. J’y vis. Je la déteste et l’adore, j’apprends à vivre avec des gens qui vont dans le même sens que moi, sans s’y prendre pareil. Je dois me taire et écouter, trouver le courage de parler, proposer, prendre des décisions et des risques, trembler pour son devenir, me réjouir de son développement, la lire en chiffres, la doter des bons mots, et je ne vois pas tellement d’autres buts sensés que celui de construire avec elle, oui, les interférences qui me feront tenir debout, l’énergie que je déploierai pour que cette aventure continue ou bien mute, ou s’arrête, pour recommencer ailleurs. Elle me donne du réel, des terrains d’expérience, du bagage et des armes,  un contre-pied salvateur pour la littéraire que je suis.

Je méprise la haine du patronat, la haine du capital, la haine de la propriété. Elle ne trouve aucune résonnance chez moi, n’a aucun sens, piétine au stade stérile de la dangereuse idéologie. Revendiquer c’est perdre, c’est tuer. Rien de ce qui s’obtient par le chantage et la force ne saurait s’inscrire dans une durée tolérable, ne saurait implanter un climat de travail satisfaisant, tenable. Ce combat-là est hystérique et mortifère. L’économie est un système indéboulonnable, la concurrence force la croissance, les inégalités sont vieilles comme le monde et je ne crois pas au Père Noël. Il m’importe d’être rémunérée et considérée à la hauteur de ce que je sais faire, de ce que j’ai appris, et de faire vivre autour de moi. Alors je travaille d’abord, et je récolte ensuite, dans une logique qui pourtant paraît claire, inscrite aussi simplement. En cela je méprise l’employé victimisé, attaché à ses droits acquis, conservateur en diable derrière ses faux airs de révolutionnaire puisque tout changement semble le voler et jamais l’arranger. Planqué derrière sa banderole solidaire, bardé de sa volonté de détruire, de se défouler sur le grand sac qui semble indestructible des chefs qu’il souhaiterait sans tête, il demande, non,  il exige de travailler le moins possible, de participer le moins possible à l’équation mondiale, mais que tout lui soit du, par une pensée magique qu’il instaure en programme. Au moment même où la maison brûle, tour à tour il ricane aux propriétaires qu’on leur avait bien dit (qui, eux ? quand ?), il pleurniche que ce n’est pas de sa faute à lui. Que c’est trop injuste, comprenez-bien, qu’il paye pour ses ancêtres en allant puiser l’eau qui éteindra l’incendie, alors qu’il demande aux propriétaires d’assumer éternellement les erreurs des leurs. Problème de cohérence. On regarde le sang couler en débattant à l’infini sur le registre adolescent d’ « à qui la faute ? » plutôt que d’appuyer ensemble les compresses sur la plaie, et l’on vient nous donner des leçons d’humanité. Termes dévoyés. Rhétorique insolente et revancharde. Refus des responsabilités, mais haine de ceux qui les prennent. Victimes-nées. Coupables éternellement désignés. Je ne prends pas. Trop  facile.

Je méprise tout autant les directions cyniques, malsaines, versatiles. Les double-contraintes permanentes, les changements d’avis inconsidérés. Le patron qui promet et trahit. Les stratégies grotesques qui impliquent tout le navire contre l’iceberg, les planqués n’assumant pas leur fonction première de chef d’équipe : prendre les plus gros risques, se charger du plus dur, protéger, en somme. Un employé qui travaille doit être considéré, celui qui ne fait rien doit être viré, pour l’équilibre du reste. Point. Un patron mauvais juge est une malédiction, et l’enfer, alors oui, s’installe. Aimer son équipe et lui vouloir du bien pour que les bons éléments restent, que les prometteurs s’épanouissent, qu’enfin, et j’en arrive enfin à mon fait : que la confiance s’impose. La confiance, problème tellement français.

Xavier Fontanet est typiquement le genre de personne que je n’aurais jamais rencontré, auquel je n’aurais jamais prêté la moindre attention si je ne faisais pas partie de cette entreprise qui a fabriqué son livre. Ce livre est d’ailleurs typiquement le genre d’ouvrage qui  au premier regard m’indiffère complètement, au titre peu sexy, co-écrit car l’auteur n’en est pas un, témoignage autobiographique d’un entrepreneur, pour une amoureuse de la littérature et des classiques, j’eus quelques réticences.

A la suite d’une réunion plutôt difficile et désarmante avec ma directrice, inquiète sur la charge de travail à organiser et transmettre ensuite à mon équipe à moi, méfiante quant aux résultats escomptés, je lui demandais, un peu dépassée,  comment y arriver. Elle me répondit « Je vous fais confiance. Vous, lisez Fontanet », et me tendit son ouvrage tout juste sorti des presses : Si on faisait confiance aux entrepreneurs.

Je le pris au départ pour de la provocation : je la trouvais gonflée, et la réponse mince même si la surprise de cette réponse loin de la langue de bois qu’on pourrait imaginer entendre alors me fit plutôt rire, ce qui résorba une partie de l’abcès. Puis je lui fis confiance. Et je lus Fontanet. Croyez-moi, mon histoire paraît trop belle, mais je fis un bond en avant prodigieux, non pas sur la méthode employée dans mes fonctions, et non pas que les résultats s’en firent sentir immédiatement, ne soyons pas si niais voulez-vous, mais en terme de perception.

Je compris que ce n’était pas moi qui étais sauvée par la lecture de ce livre. Je compris que si j’étais sauvée par ce livre c’est parce que ma patronne, elle, l’avait lu. Et avait même décidé de sa publication. Et j’eus enfin confiance, je veux dire, profondément, dans cet avenir commun, difficile, harassant parfois, mais commun.

Xavier Fontanet ne culpabilise personne, il raconte son histoire de grand patron un peu Bisounours, mais on ne s’y méprend pas : on ne construit pas la plus grande entreprise française sur de bonnes intentions de gentil humaniste. On réapprend seulement les dosages, et on comprend mieux qu’un bon leader ne peut être autre que ce philosophe-roi dont nous parlait déjà Platon. Doublé d’un redoutable économiste, et c’est ainsi qu’il nous prodigue au cours de trois chapitres centraux des leçons de stratégie, des pistes de réflexion sur la logique tout particulière de ce nouveau monde, pourtant tout ce temps et depuis toujours sous nos yeux. Il est malin, confiant, et surtout contagieux. Son livre est gonflé, captivant, incroyable. On en oublie la faiblesse de la prose, on écoute une discussion de bar. Une discussion dans un bar calme, tamisé, où l'un des plus grands patrons du CAC 40 nous raconte sa vie et son expérience après quelques verres, et que, réchauffés, un peu étourdis par le contexte et l’ambiance, on sait que l’on va devoir écourter pour rentrer mais que nous nous souviendrons un long moment de cet effet bénéfique, chaleureux, d’un converti qui prêche en parfaite transparence pour ce en quoi il croit réellement, sans nous forcer la main ni nous punir, mais comme tout bon philosophe : en nous éclairant.

Aux patrons ou aux employés, heureux en poste ou malheureux comme des pierres, ce livre fait simplement du bien. Il nous console et nous rassure. Il nous soulage tout d’abord, excusez du peu, d’un poids phénoménal: non, travailler n’est pas une punition. La concurrence est rude mais il reste des places pour qui se retrousse les manches et y prend quelque plaisir. La dignité de travailler ne peut pas être ce fardeau. Seule l’entreprise, cette bulle prête à éclater au contact de toutes les autres, malmenée dans un marché féroce, donne ce sentiment d’appartenance, de grandeur, à l’homme moderne.

Il faut trouver sa juste place, et tenir son fief avec confiance, dévotion et humilité. Avec les autres, pour soi et pour eux. Et puis, pour le résultat accompli. On regarde un beau mur d’antiques sourires, de clins d’œil de penseurs oubliés, on éteint la lumière pour les trouver demain, on est contents pour un moment de faire lire. Fontanet, lui, adore nous faire voir grâce à ses verres.correcteurs. Trouver le sens de son métier, ou le quitter pour espérer le trouver ailleurs, remet beaucoup de choses en place.

 

Sceptiques, amers, crevés, grévistes ?

Je vous fais confiance. Vous, lisez Fontanet. Vous verrez.

 

On croirait rêver.  Bluffant, non ? C’est aussi cela, l’effet Fontanet…

 

À ceux qui me rétorqueraient que je n’ai pas toujours tenu ce discours, je répondrai simplement que je n’avais pas encore lu tous les livres, eu toutes les discussions, ouvert tous mes yeux. Que ce n’est toujours pas le cas, que cela ne le sera jamais, mais qu’une quête est faite d’étapes, et je viens de traverser celle-là. Mon ton est pâle, et mon propos trop simple ? Je ne cherche pas à vous convaincre. Peu me suivront, encore, sur ce chemin et qu’importe. Je suis vidée et remplacée, je viens encore d’inverser mes points de vue, je viens de changer, à nouveau, de peau. Celle-ci me perturbe un peu, tant je la sens évidente. Le peu d’énergie qu’il me reste pour l’heure, je tiens à l’employer pour la lumière, une fois n’est pas coutume.

 

Et si vous êtes curieux, furieux, intéressés, il a ouvert un blog afin de répondre de ses actes écrits. Voir ici.

 

Xavier Fontanet, Si on faisait confiance aux entrepreneurs. L’entreprise française et la mondialisation, Manitoba/ Les Belles Lettres, 2010, 247 p.  Avec la collaboration de Laurent Acharian.


Publié dans : Les inattendus
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