Lundi 23 mai 2011
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Ce n'est pas tant que je n'ai plus rien à dire. Patience.
En effet, les nombreux mémoires où l’expérience des anciens capitaines est consignée
avec art, offrent une image vive et brillante des faits passés à ceux que le temps à tenus éloignés de ce spectacle. Par de telles lectures, souvent déjà des jeunes gens ont acquis, dans
l’intelligence et le cœur, une maturité plus grande que celle de beaucoup de vieillards réunis, et ils ont obtenu ainsi le seul bien que semble nous réserver le déclin de la vie, je veux dire
l’expérience, grâce à laquelle l’homme d’âge « sait donner des conseils plus sensés qu’un jeune homme » (Euripide, Phéniciennes). C’est ce privilège que la lecture peut
conférer à la jeunesse appliquée et studieuse. Les livres sont, en outre, une excellente école de morale : on y apprend à connaître les hommes illustres, leurs paroles, leurs actions ;
ce sont des modèles qu’on se met sous les yeux, comme ferait un artiste, pour y conformer ses pensées et assimiler son langage. Si l’on ne s’en écarte pas trop, atteignant quelque peu à leur
ressemblance, on n’en retire point, sachez-le, un médiocre profit. Avec cette idée souvent présente à mon esprit, je fais de ces lectures un divertissement littéraire ; dans mes campagnes,
je tiens à emporter avec moi mes livres comme d’indispensables moyens de subsistance et j’en prends autant que le permettent les circonstances.
Julien, Éloge d'Eusébie, 15.