Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 14:57

Entrelacées, nos mains serviraient enfin à quelque chose. Tourne ton dos, je ne m’inquiète pas de ne pas croiser tes yeux, je sais qu’ils scrutent plus loin. Je vois la poudre dans nos bouches, de trop de déserts ignorés, je vois les fusils enraillés de n’avoir toujours pas tiré.

L’amour partagé est un tournoi remporté. Mais il est important de ne pas s’emballer, car le cheval fou ne sert plus à rien qu’à être abattu sans égards. N’abats pas mon vieux cheval, il a ses œillères, il restera humble et vaillant, sans bruit, ne galopera que pour rattraper le temps perdu où il était épuisé. L’itinéraire ne changera pas.

Dompté, dressé, l’animal reste noble. J’ai choisi ta route parmi plusieurs, pour de bonnes raisons mais pas d’irremplaçables avec plus d’instinct que de calcul, pour un compte bon, au final des sens en alerte et de l’inquiétude passagère d’une clairière mal éclairée. Il n’est pas plausible que j’arrache l’herbe pour toi, que je retourne les panneaux, ou que je fasse demi tour. Nos cœurs déchirés ne serviraient à rien, non plus que nos pensées épuisées. Toi mon soldat, mon guerrier, mon empereur, tour à tour exécute mes combats ou commande mes armées, je reste en selle, pour m’éveiller en paix. Je ne crie plus mes mots, je les ferai tatouer.

Publié dans : Ecrits vains : à moi
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