Oyez !
Le grand, l’unique, le fantastique Paul Watson est de retour… Au grand Pavois à La Rochelle en cette fin de semaine (Ma mère, ma mer et maintenant Paul Watson, cruelle belle et rebelle cité assiégée par les fous, tu ne m’as jamais autant manqué…), puis au VegFest ce samedi 26, place Joachim Du Bellay, pour un discours à 18h sur la condition animale de nos fonds marins.
Taisez-vous donc, bien sûr que je mange des animaux. Je les mange parce que je les adore, et qu’ils m’envoûtent. Il faudra que je vérifie si je n’ai
pas un peu de sang Sioux égaré dans mon torrent russo-basque. Et un petit côté Corse aussi, pour ce tissage incessant de versions nobles sur mes faiblesses, auquel j’œuvre à longueur de
journée…
Je hais ces grands rassemblements de mauvais défenseurs, qui braillent sans argumenter, s’insurgent entre 14h et 16h puis retournent à leurs quotidiens exempts de protéines, la mine pâle et la rage fluctuante car bien dévitalisée. Il leur manque la démesure de savoir tout dévorer et qu’il en reste encore, il leur manque l’humilité de garder sa juste place de la grande chaîne du sang qu’ils alimentent d’ailleurs en ne se suicidant pas.
Bon d’accord je range mes chars, vous m’avez découverte : je ne les déteste pas, chacun pris à part, car leur combat est noble et leur ascétisme me fascine, incapable d’y plonger un doigt de pied. Je les préfère mille fois aux rangés des fureurs, ricanant pour masquer leur gêne de ne plus croire en rien. Je refuse les contraintes d’appartenir à quelque caste que ce soit et pourtant un homme, comme il n’en existe aucun autre soyez-en sûr, dans cette espèce humanitaire incroyable hypocrite, ou grande désespérée, cet homme, parviendra à me faire déplacer en territoire hostile. Je risquerai mes sueurs et mes dents qui se crispent en respirant leurs effluves maritimes d’idéalistes mal lavés, parce que pour le Poséïdon Paul Watson – ce qu’il incarne, je précise, j’irai probablement au moins jusqu’en Ontario. L’extraordinaire étant que je n’aurai pas pour l’heure à le prouver, puisque c’est lui qui vient à nous et vraiment, s’il revient, s’il se tient, debout devant les baleiniers de stupides japonais dont la misère n’excuse rien, risquant sa vie en bravant les peu fins, coulant du béton à l’avant de son bateau pour percer les coques arrogantes, et je veux dire, vraiment – point ici de littérature, pour en découdre avec les grands malins qui défoncent les prétendus plus faibles (sautez à l’eau, vous verrez bien), s’il nous donne enfin ces signes attendus depuis mille ans, alors il faudrait peut-être accepter, une fois n’est pas coutume, de lui rendre un culte digne de ce nom. Imaginez Benicio Del Toro très énervé, qui aurait fusionné avec Massoud, pour la sourde constance d’une bonté grave et jamais élimée, et vous entendrez le message très clair d’un des derniers vrais courageux de ce siècle mal commencé : « Tu veux te battre contre une espèce ? Vient donc tâter de mon harpon d’homme dangereux et sauvage. » Il ne rajoute même pas « connard », à la fin, ce qui serait tentant mais est d’autant plus fort. Et j’aime autant vous prévenir que si vous confondez encore règne animal – et la fascination que naturellement il m’inspire, et sentimentalisme exécrable d’une midinette en léopard, je vais vous y faire descendre une bonne fois, dans les cages. Et vous en faire descendre, une bonne fois, de vos jeeps, caresser l’adorable.
Alors j’y serai, oui et j’aimerais vous y voir. J’ai déjà froid dans le dos de devoir applaudir à l’unisson avec des végétariens heureux, dépitée mais conservant intactes derrière mes pupilles peureuses les braises de mes amours adolescentes pour les grands requins et cousins affiliés. Vous ne pourrez pas me rater: j’ai une immense vague tatouée sur le poignet, souvenir de la majesté éphémère mais puissante des masses incontrôlables sur lesquelles Paul Watson règne en maître, puisqu’il faut délimiter les royaumes.
Quand je vous dis que tout n’est pas littérature, jamais, et que ma littérature, celle que je porte à bout de bras, n’est pas seule littérature jamais, mais s’instruit des forcenés, découle des forcenés, accepterez-vous enfin de me suivre et de cesser ces généralités ?
Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, il va falloir que je vérifie mon taux d’hormones, car il semblerait bien que je me mobilise étrangement pour des êtres vivants…À surveiller.