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Il va bien falloir s’y mettre, un jour, à cette vie réelle, car elle ne va pas nous faire la grâce de nous épargner.
Il va falloir retourner faire claquer les clés contre la porte en bois, sentir l’odeur d’une moquette murale sans âge, allumer un ordinateur lourd et passif, s’asseoir, et recommencer une fonction sociale qui ne nous définit plus.
Il va falloir retourner aux aliments déshydratés, à une soif saine, à pédaler sur un vélo sans roue qui ne mène nulle part, et transpirer sa tristesse d’habiter un corps massif quand l’âme voudrait s’envoler, papillonner, rebondir.
Il va falloir cesser de voir les amis de la nuit, dont la lumière nous éclabousse au visage, mais sur lesquels il faut sans cesse refermer la porte pour pouvoir dormir, nous qui tenons tant à ce sommeil réparateur d’une vie réduite.
Il va falloir rire moins fort, et marcher plus vite.
Il va falloir envisager sérieusement cet enfant, tant que notre inconscience juvénile peut encore nous servir d’excuse, et nous fournir l’énergie qu’il faut pour essayer d’y croire encore un peu.
Il va falloir cesser les battements de cœur incongrus et incompatibles, pour ne pas l’user et éviter les risques cliniques.
Il va falloir retrouver le vide d’un ventre affamé de merveilles, et fermer les yeux sur les diamants trop bruts.
Il va falloir retrouver les pôles les plus fréquentés pour se fondre dans la masse et ne pas trop souffrir : manger raisonnablement, ne plus boire, arrêter d’aimer trop, dormir aux heures indiquées et espérer qu’au moins, au bout de cette pénitence forcée et gratuite, nous découvrirons la clé du mystère des pyramides.