Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /2008 16:16

Vu sur le site du Centre national du livre, un article excellent sur le dernier essai de Victor Davis Hanson, La Guerre du Péloponnèse : 

« V.D. Hanson est un auteur atypique qui se revendique comme tel. Ayant commencé sa vie professionnelle comme agriculteur, il intègre la California State University en 1984 et ne tarde pas à recevoir quelques-unes des plus prestigieuses récompenses du monde académique américain. Habité par deux passions, les études classiques et les affaires militaires, cet auteur prolixe a tôt rejoint le gratin des intellectuels néoconservateurs . Il pourrait en être l’archétype. Brillant, toujours à l’affût d’une idée nouvelle, cultivant l’art de la formule, grand brasseur de livres, promoteur de l’indépendance institutionnelle - voire d’une certaine solitude intellectuelle – il n’aime ressembler à personne, ne veut pas qu’on lui ressemble et déteste qu’on le considère comme un néoconservateur.

A book like no other

Avec cette Guerre du Péloponnèse, nous tenons deux livres pour le prix d’un seul. Il y a celui qui prend la forme d’un livre d’histoire, avec ses discussions, ses études de cas et son appareil de notes ; et celui qui reconstruit l’histoire en fonction d’une thèse préalable. Le premier est la tenue camouflée du second.

Le titre original de l’ouvrage est : A war like no other. L’expression provient, selon l’auteur, de Thucydide, Livre I, 23, 1. Curieusement, peu de commentateurs - voire aucun - n’ont attaché d’importance à ce titre. Or, dans toutes les mémoires néoconservatrices, cette formule a une autre généalogie. Elle fut mise au point par Donald Rumsfeld au lendemain des attentats du 11 septembre . Elle désigne la "guerre contre le terrorisme", au sens américain du terme, c'est-à-dire englobant la lutte clandestine, les guerres en Afghanistan, en Iraq et partout ailleurs. Belle trouvaille de Hanson que d’avoir monté cette inside joke qui crée un effet d’écho entre la formule réfléchie du grand historien et celle, tout aussi mûrie, du secrétaire d’État à la défense !  […]

La saveur amère de l’ouvrage vient de l’effet miroir qu’il entretient : son chapitre sur la peste qui a ravagé Athènes - pourtant écrit selon les règles historiographiques -  a une valeur d’avertissement solennel. Cette Guerre du Péloponnèse est l’histoire d’une punition. Trop civilisée, Athènes succombe à la tentation de la guerre en pensant qu’elle y brillera comme elle a brillé dans les œuvres de l’esprit.  Erreur fatale, qui l’a conduit à faire comme les autres et à se salir. "Ce qui nous rappelle, écrit Hanson, "que la terreur est une méthode, non un ennemi, la manifestation d’un choix opéré par un belligérant à un moment donné plutôt qu’une entité indépendante des hommes et des lieux".


De ce qui précède on pourra conclure qu’il faut lire ce livre avec précaution. Mais il faut ajouter qu’il peut se lire avec bonheur.»





L’intégralité de cet article est à découvrir sur le blog Nonfiction, ici même.

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Publié dans : Stylet et tablette : Textes, hommes des sources
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