Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 21:04

A la surface gît l’impatience avortée, une sourde pulsation qui trace sur mon visage ses cercles concentriques. C’est le retour au calme. L’hommage aux sens versés.

La buée me caresse, je me répare sans cesse et ne me lasse pas.

Toujours pas cassée. Toujours pas sanctionnée, repêchée des hauteurs.

Le rire m’époumone, la lumière me lacère, je souffre mes passions sans regretter le tiède.

Toi tu pousses un peu plus dans ma chair, tu t’imposes, repousses mes viscères, t’installes, et me libères.

Je suis reine dans tes mains, chienne sous tes reins,

Tendre, souple et facile,

Mienne, enfin.

 

Je me retourne alors pour contempler la ville en feu, les globes oculaires en fusion, les gens qui implosent, et dégoulinent en purée violente, lave et cendres, débris, et cet immense silence. Les immeubles étincellent, leurs vitres purulentes jaillissent de mille veines contenues, la face hideuse du désastre me contemple, surgit des gerçures, m’asperge de poix.

Je danse sur un charnier, légère sur toutes les bombes, imperméable à l’acide.

J’ouvre ma main et je repeuple toutes ces terres brûlées, j’embrasse mes insanités, et n’ai plus peur de rien, enfin.

 

J’ignorerai sciemment la détresse, je la tordrai sans la voir, j’irai doucement dans tes pas, sans en effacer la trace, c’est à peine si tu me sentiras.

Je soufflerai sur ta nuque les directions des vents, j’applaudirai tes danses.

Je calmerai tes noires insuffisances.

Publié dans : Ecrits vains : à moi
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