Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /Mars /2006 12:27

 

 C’est pour ça qu’il était revenu.

Pour la mer immédiate, celle qu’on n’apprend pas, celle qui déplace le cœur.

C’était juste ça pour lui, l’amour vrai: ce qui déplace les organes.

Il n’était pas nécessaire de s’en faire à présent.

 

Le requin-tigre fit demi-tour brusquement et fonça droit sur lui, rejoint immédiatement par un deuxième, puis un troisième.

 

Quelle béatitude, là, étendu sur les flots. Les larmes coulent, rivalisent avec le sel de l’océan. Le soleil brûle le visage, la nuque se détrempe. En dessous, l’évolution. En dessous, le repos. La blancheur de la peau en illusion d’optique. La roche calme. Le mouvement ample. Le coeur calciné. Le pourpre en volutes se déversant de ses veines dans le liquide des siècles iodés. Les peaux abrasives et les mâchoires aveugles lacérant le paradis limpide.

La rage et la  paix de finir d’exister.

 

Liam savait bien qu’au fond, il était revenu pour ça.

 

Publié dans : Ecrits vains : à moi
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