Encore un jour de plus où la France engourdie, sirupeuse, monomaniaque et stupide ferait bien de travailler un peu.
L’oisiveté ne sied guère à ceux qui possèdent un compte en banque, et par là même, l’insupportable impossibilité d’être tourmentés en paix. Quant à ceux qui n’en possèdent pas, ils ne parlent pas la langue, ou survivent sans penser.
Il faut bien l’avouer, il ne reste plus rien à raconter. L’héroïsme suprême des cerveaux actuels consiste à endurer l’insomnie, l’accablante pauvreté ne produit plus de génies. Tu marches, tu crèves, et c’est encore le mieux. Donner des congés à des gens déjà morts, c’est encore une ultime provocation marketing que je ne suis pas apte à parer.
Je ne peux plus jamais admirer de semblables, je ne me reconnais qu’en des ratés patentés, les seuls que je pourrais avoir envie d’aimer un peu, et de défendre, ne vont jamais jusqu’où ils sont capables. Je n’ai même plus d’organes pour être révoltée ou enragée de la baveuse léthargie de nos confrères, je me désolidarise en bloc, il faut croire que je me suis battue jusqu’à la dernière, et ma dernière barrière a cédé. Je deviens comme il faut, une fonctionnaire de l’inconfort, une protestante des jours fériés, une lectrice de métro, une anti-non, une sauvage du oui, une perdante forcenée, une éplorée incurable, une fan de Dr House et de Coldcase, à la recherche d’un peu de sens et de contrôle dans la culture de son apparence.
Il m’arrive encore toutefois, rassurez-vous, dans un sursaut d’élégance propre à ma condition de bourgeoise lettrée et décidée, d’en être désolée.
Mais que voulez-vous, il faut bien que l’on apprenne à vivre ensemble.
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