Le moins que l’on puisse dire c’est que la culture ne prend pas de vacances, ce qui est une bonne nouvelle pour nos humanités, ainsi que pour contrer un état léthargique qui me rattrape bien le soir quand il faut s’arrêter un peu et frapper quelques mots vains, mais me donne un répit bienfaisant le jour durant.
Le sentiment de plénitude et de complétude que tous ces regards antiques infusent en moi me confère la seule certitude dont j’ai besoin actuellement : je sers à quelque chose, et je sers une cause qui me dépassera éternellement. Il n’en faut parfois pas beaucoup plus pour tenir la tête haute, et garder un sourire insolent, une joie profonde et imputrescible. Je peux bien être un champ de cendres en dessous, l’apparence, ce n’est que l’apparence qui compte.
Witold Gombrowicz, dans son Journal, tome 1, chez Gallimard Folio, p 46, dit
ceci :
« Cette attitude ne peut cadrer avec la maturité d’un esprit qui, initié à l’essence même de la vie, ne se laisse jamais prendre de court par les évènements. Révolutions,
guerres, cataclysmes…- que pèse donc cette vaine écume confrontée à l’horreur fondamentale de l’existence ? Vous dites n’avoir jamais rien connu de semblable ? Vous oubliez que
l’hôpital voisin nous offre cent cruautés non moins atroces. Que les gens périssent et par millions ? Vous oubliez que depuis que le monde est monde des millions meurent sans trêve, sans un
instant de répit. L’horreur en question vous terrifie au point que vous en demeurez pantois ? Cela prouve que votre imagination sommeille – vous oubliez que l’enfer, nous le côtoyons à
chaque pas. »
Il m’est avis, au vu des 660 pages du tome 1 et des 586 du deuxième, que vous allez encore pâtir un moment des bons mots du polonais ténébreux…
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