On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer.
Je n’observe pas le genre humain. Non, je ne suis pas du genre à observer l’Humain. Je crois que j’en sais un bon bout sur le style : « Genre Humain ».
C’est toujours approximatif, son degré d’humanité, à un Genre Humain ; très vague, flou dans ses idées, ses Grandes Idées Générales. Dans ses actes, en revanche, c’est plutôt précis, ponctuel, organisé. Si un Humain se trouve être du genre à proclamer, par exemple : « aimez-vous les uns les autres », ou : « tu aimeras ton prochain comme toi-même », les autres Humains du même genre s’empressent d’ajouter : « tu ne tueras point ». L’histoire du Genre Humain prouve qu’il n’était pas inutile de le préciser.
Sans que j’aie besoin d’observation ni d’étude, le Genre Humain, moi, il me frappe de ses traits de caractère. Depuis le ventre à Maman que j’en fais partie, du Genre Humain, il me casse les couilles, le Genre Humain, il me les met graves, hirsutes, violacées, tordues, il me les remonte au maxillaire, comme un collier de moules, il me saute à la gorge, me gicle aux yeux, me tord aux oreilles, me cogne à la tête, le genre humain !
Moi, ardent, turgescent, inflammatoire, moi qui n’aime que le clinquant de la vie, l’érection à tous degrés, voilà que je débande, ladies and gentlemen ! J’en suis à l’étreinte molle ! Parfaitement ! Rien à l’horizon qui puisse me donner envie de frotter ma queue au Genre Humain !
Et aujourd’hui, c’est, à chaque fois, un peu plus pire qu’hier.
J’ai que la poésie comme passion.
J’écris, oui. Mais comment doit-on dire, maintenant, en français : un jour néfaste ou une journée faste ?
Merde !
Tout le passionnel est réel.
Tout le réel est rationné.
Sale journée !
Ange Philippe Léotard Tomasi, Pas un jour sans une ligne.