
Quel homme digne de ce nom pourrait souffrir en effet que ces gens regorgent de richesses qu’ils gaspillent pour bâtir sur la mer ou aplanir des montagnes,
tandis que nous n’avons pas d’argent même pour le nécessaire ? Qu’ils accolent pour leur usage deux palais l’un à l’autre, ou même davantage,
tandis que nous n’avons nulle part de foyer familial ? Ils ont beau acheter tableaux, statues, vases ciselés, démolir des maisons neuves pour en construire d’autres, bref gaspiller pour
dilapider leur argent de toutes les façons, ils ne peuvent pourtant, malgré toutes leurs folies, venir à bout de leurs richesses. Mais pour nous, à
la maison, c’est la gêne, au dehors, les dettes ; un présent lamentable, un avenir plus triste encore ; enfin que nous reste-t-il sinon un misérable souffle de vie ? Eh bien,
réveillez-vous ! La voici, la voici cette liberté que vous avez tant souhaitée ; et avec elle, richesses, honneur, gloire sont devant vos yeux. Telle est la récompense que la Fortune
propose aux vainqueurs. Plus que mon discours, la situation, le moment, le danger, la misère, la magnificence du butin vous exhortent à l’action. Servez-vous de moi comme général ou comme
soldat ; mon cœur et mon bras sont à vous. Voilà le dessein qu’une fois consul j’espère réaliser avec vous, à moins que je ne m’abuse, et que vous préfériez la servitude à la prise de
pouvoir.
La Conjuration de Catilina, Salluste.
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De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.
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