Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 21:39
J’arrive un peu tard, la fête touche à sa fin, tu as déjà aimé.
Accepter de s’encombrer de souvenirs qui ne périront plus, tu l’as déjà fait, et à trop te charger tes épaules courbent, tu ne peux plus rien porter.
J’entends les avertissements. Je ferai ma route à pied.
Mais selon saint Jean, je vomis de ma bouche ce qui n’est pas chaud ou froid, le tiède est une insulte, mon lait déborde et me noie. J’attache.
Le monde, comme un grand cœur fatigué, me demande de ne pas trop sauter sur sa membrane, de faire moins fort, d’arrêter de pleurer car je suis grande et ma peine déjà délavée.
Il serait temps de donner vie aux enfants sages, Madame.
Je suis en retard, j’emprunte les itinéraires de la foule immense, je reviens toujours à cet endroit effrayant où plus personne ne parle, je reviens toujours à ces regards qui s’éloignent, je veux toujours poursuivre la ligne, mais la Terre est plate, qu’on se le dise, et je chuterai en découvrant sa dernière falaise.

Je détache mes mains, alors, si tu le veux. J’irai seule chercher mes certitudes, je les trouverai, au fond des abysses, dans la lumière terminale, dans la lypémanie accablante et la liesse sans objet. Je reviendrai intimider les cyniques de ma foi sans égale et sans dieu, je reviendrai brûlante et plus profonde qu’un gouffre, j’embrasserai ton visage de pierre et ta peau suintera. Pour quelques fragments d’absolu, pour la porte entrouverte derrière laquelle je chanterai doucement quand tu t’endormiras, pour la naïveté crasse que je fais déferler dans mes veines atrophiées, pour survivre, pour servir, pour soigner, je rattraperai le temps maudit où tu n’as pas vécu, tu rattraperas le temps que j’ai perdu à suivre.

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Publié dans : Ecrits vains : à moi
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