Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 22:07
J’m’en fous,
J’en ai rien à foutre
Tout m’est égal
Tu peux pavaner, assumer t’en vouloir
Rien à foutre
Tu peux cerner, fuir voir
Comprendre
J’m’en fous d’une force
De celle qu’il me restera toujours
Epuisée, concernée, lassée, détachée
J’m’en fous puisque tout compte
Tout s’annule.
Disparais,
Sois un autre
Je sais tout ça.
Tu changes toujours.

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Et toi, Nathanaël, tu m’entends, enfin ?
Parle à mes canons, rugis plus fort que mes destructions, Nathanaël, existe. Tu vois bien que tous les autres m’indiffèrent, je te cherche partout, j’accepte de ne pas te trouver, jamais. Mais pour une fois, incarne-toi, moi qui ne crois en rien, ou si peu, et si vite.
Résiste aux traîtres de l’ombre, attrape la lumière parce que tout est trop vide, Nathanaël, et je ne me suffis plus pour tout remplir de mes recoins. Je vis dans une spirale hallucinante, qui emporte et la glace et le feu, m’empêche de respirer sans cesse en avalant mes rires, je ne ris presque plus, et pour la galerie. Il faut que tu existes, Nathanaël, parce que je veux savoir avant la fin ce que c’est d’être liée, serrée, entravée jusque dans mes chairs consentantes.

Nathanaël, pourtant, on a voulu t’apprendre la ferveur, Nathanaël, citer ton nom comme point d’appui, comme litanie, Nathanaël, te nommer pour s’ancrer quelque part, toi qui n’existe peut-être qu’à travers tous ces yeux, je t’enseignerai l’extase, je saurais le faire si c’est pour toi, je te dirai la nature époustouflante, tellement plus grande que toi, écrasante mais humble, Nathanaël entends-tu l’orage, trembles-tu derrière l’éclair, parle plus
bas, prends ma main, couchons-nous. Nathanaël mon enfant chéri, celui qui ne naîtra pas, réfugie-toi contre ma poitrine, je peux te nourrir, te chauffer, je suis la mère, je tiens l’embryon, je changerai le monde, je vais te créer, t’enseigner la ferveur, transférer ma joie amputée, brimée, giflée par les traîtres de l’ombre, je vais te donner le jour, te l’offrir dans mes mains, sans me brûler, je vais porter l’eau à ta bouche, t’adorer comme un dieu, pur et nu, ignorer les traîtres de l’ombre, je vais t’enseigner la ferveur, avaler la lumière et la rendre au fond de tes yeux, je vais serrer ta peau, la marquer, l’enduire, je vais rêver de l’adultère qui te donnera, Nathanaël, un monde, un terrain de jeu, loin des traîtres de l’ombre, il faut que tu entres sur scène je vais tout t’enseigner, dans un élan fougueux, je vais transmettre ma force dans ton sein, Nathanaël, je vais y sacrifier mon flanc, tu jailliras, tu domineras, tu connaîtras, Nathanaël, la lumière.

( L'expression "Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur" est tirée des Nourritures Terrestres d'André Gide)

Publié dans : Ecrits vains : à moi
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