Lundi 5 novembre 2007
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« J’ai commencé par attirer votre attention, au moyen d’exemples, sur quelques énonciations
bien simples, de l’espèce connue sous le nom de performatoires ou performatifs. Ces énonciations ont l’air, à première vue, d’ « affirmations » - ou du moins en portent-elles le
maquillage grammatical. On remarque toutefois, lorsqu’on examine de plus près, qu’elles ne sont manifestement pas de énonciations susceptibles d’être vraies ou fausses. Etre vraie ou fausse ,
c’est pourtant bien la caractéristique traditionnelle d’une affirmation. L’un de nos exemples était on s’en souvient, l’énonciation « Oui (je prends cette femme comme épouse
légitime) », telle qu’elle est formulée au cours d’une cérémonie de mariage. Ici, nous dirions qu’en prononçant ces paroles, nous faisons une chose (nous nous marions), plutôt que
nous ne rendons compte d’une chose (que nous nous marions). Et l’acte de se marier, comme celui de parier, par exemple, serait décrit mieux (sinon encore avec
précision) comme l’acte de prononcer certains mots, plutôt que comme l’exécution d’une action différente, intérieure et spirituelle, dont les mots en question ne seraient que le signe
extérieur et audible. Il est peut-être difficile de prouver qu’il en est ainsi ; mais c’est- je voudrais l’affirmer- un fait. »
J.L Austin, Quand dire, c’est faire, Seuil,
1970