Vendredi 2 novembre 2007
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18:30
Tu pourrais écouter la pulsation sous la membrane
Et rester un peu
Je pourrais, dans un passage, te peindre
Cela peut être cru
Ou sale
Ou doux
Ou formidable
Cela peut être
Un attentat contre le plexiglas qui voudrait tout isoler
Un dégoût pour cette mauvaise prose que je ne sais redresser
Cela peut être
Craindre le silence sous les doigts
Rechercher le froid
Vouloir instinctivement des réponses
S’étonner d’en chercher encore
D’avoir dix-huit ans
Regretter de douter
S’insurger sans rien faire
Cela peut être
A ton contact, me mesurer
Me trouver plus petite
Et moins armée
Me mesurer, lever les yeux
Chercher les quatre coins
Où me réfugier, dans un monde rond
Systématique
Cela peut être
La fin momentanée des turpitudes
Dans tes bras
Sans avilir, sans forcer
Cela peut être
Appeler John
John
Cela peut être
Savoir
Changer sa voix
Cela peut être
Un secret d’Etat
Traverser un océan
Heureux d’être trempé
Les joues rougies
Le nez qui coule
Encore vivant après tout
Cela peut être
Se mettre en branle
Regarder la pile
S’y atteler
Cela peut être
Tout sauf te peindre, dans ce passage
Je n’ai pourtant pas à m’excuser
Mais je le fais
Pour la mousse à tes lèvres
Parce que je serre encore la corde
Parce que toi, tu ne vivras pas
Pas encore
Je m’excuse de refuser de te partager
De refuser d’être raisonnable
Et pour me faire pardonner
Je prends ce billet
Je traverserai en volant
J’irai là où le vent charrie du sable de glace
Où tout est trop blanc, aveuglant
Je changerai mon nom
Contre le bois
J’irai coudre mes pensées aux peaux des autres
Qui tireront encore de toutes leurs forces pour s’en arracher
Y arriveront, déchirés
Crois moi
Tu me dis que tu resteras
Mais tu ne resteras pas
Et…