Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /2007 15:08
 
« Arrive le moment où je me dis que si je reste dans cet état-là je serai bientôt perdu pour le monde ». P.F.
 
Fatigue constante, croissante, inquiétante de toute pose.
Beaucoup de mépris du –isme, ce doit être l’automne, la préparation du grand froid qui doit commencer par ralentir tout battement, se retrancher, chercher la couette.
Attentat au style mais attentat modeste, renoncement tout au plus, biffer l’emphase qui use la patience, promet sans donner.
Il y a des « oh la vache » qui se perdent quand on ouvre un peu les écoutilles. On commence par ricaner de la plate tiédeur de l’autre, on finit par accepter d’avoir été contaminé, on se féliciterait presque de sa morne incertitude. Oui, patience. Ce n’est que partie remise.
C’est tout de même un peu la honte, pour animer la toile d’un peu de son –4°C de proclamer contact un autre à peine signifiant, quand l’énorme ficelle paradoxale est d’aller chercher l’autre pour lui dire qu’on est seul. Et, oh, la vache quoi… Mais c’est égal.
On se met à courir à perdre haleine, persuadé qu’on est poursuivi, déçu peut-être de ne l’être même pas. On se justifie par peur qu’on ne nous le demande pas, on reste seul par anticipation probable de l’être.
Il se pourrait bien pourtant qu’on arrive à vivre plus vieux et bien mieux que la moyenne, bien emmerdés encore d’avoir raté l’échec, ce panache trop rare du perdant ultime.
 
C’est dommage mais le silence s’impose.
L’ennui c’est que ça ne va pas du tout avec mon pull.
Let’s talk. Pour ne rien dire.
Comblez mes heures de vos paroles sacrées, vides, insuffisantes.
J’y trouverai quelque chose.
Publié dans : Sautes d'humeur
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Commentaires

"Quand vous mettez un rêveur dans le corps d'une poule mouillée, Monsieur, vous avez des problèmes"
Autre dossier froid - autre phrase morcelée, peu de grâce, mais un sursaut
Commentaire n°1 posté par Grey le 30/10/2007 à 19h34

La vérité c’est que pour ne pas s’écouter parler il ne faut rien croire de ce que l’on dit.

Alors ?

Quel est le moindre mal ?

Evidemment que, mue par des convictions pourtant sujettes à évoluer, je vais m’écouter les formuler avec foi en mes propres paroles sinon quel est seulement le but d’ouvrir la bouche ?

Parler, c’est partir en croisade. C’est envahir, c’est s’imposer. Autant le faire avec force, respect et sagesse, ou fièvre, envol et caractère. Car l’autre, celui que tu ne connaîtras jamais, celui qui ne te connaîtra jamais, doit au moins savoir que nulle de tes paroles n’est vaine. Que tu mets tout ton cœur à les faire vibrer.

Parler, c’est s’octroyer un pouvoir immense, c’est immerger l’autre de son sens.

C’est gagner ou perdre mais repartir blessé, amputé de cet air qui cherche à s’incarner.

Commentaire n°2 posté par Silence is easy le 31/10/2007 à 14h07
 
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