Mardi 16 octobre 2007
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« Parce que ces fumiers pensent qu’ils vont vivre
éternellement ! »
Les mots claquèrent contre la vitre de la salle
d’interrogatoire.
Cela me fit même tourner la tête, toute étonnée encore d’être détournée d’une
écriture compulsive et impuissante, à marteler un clavier qui me le rend bien, par ces mots si simples, demandant à s’extraire de cette série agonisante, venant rompre son rythme blanc, lent,
difficile, cruellement banal, et bientôt, sur un malentendu, enfin tragique.
« C’est le plus beau sentiment qu’on puisse avoir, cette certitude
d’éternité. »
Elle, douce, blonde, voudrait nous réconcilier, tous autant que nous
sommes.
Et cet écran mouvant, ondulant et sonore, ce n’est qu’un fragment de plus,
misérable, impuissant lui aussi à produire du sens.
Brutalement, il devient important de vivre.
Lui, son visage change, par à-coups, surprenant.
Ce temps imparti, difficile à déterminer même en fumant moins, j’en dispose à mon
gré, seule, responsable.
Il devient important de vivre, à mesure qu’être éternel semble compromis, c’est
encore un mystère, il est étonnant que cela puisse encore nous intéresser.
N’empêche, il enterre des adolescents vivants, parce qu’il lui est insupportable de
les voir gaspiller leurs heures. Banal, n’est-ce pas.
Je ne suis pas vieille, j’en conviens, mais j’en tuerais bien moi-même quelques
uns.
Puis je tourne la tête, souris, oublie.