Jeudi 11 octobre 2007
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"Que prétends-tu, femme bien digne des noirs éléphants ? Pourquoi m’envoies-tu des présents, pourquoi des billets doux, à moi, jeune homme peu vigoureux et dont l’odorat n’est pas émoussé ? oui, je n’ai pas mon pareil pour sentir un polype ou un bouc puant logé sous des aisselles velues, avec plus de flair qu’un chien au nez subtil découvrant la retraite d’un sanglier. Quelle sueur, quel horrible parfum développés partout sur ses membres flasques, lorsque j’ai déposé les armes et qu’elle est pressée d’assouvir encore sa rage indomptable, lorsque déjà sur elle, ne tiennent plus la craie humide et le fard pétri dans la fiente de crocodile, que déjà, dans ses exercices équestres, elle rompt le sommier et le dais du lit ! Ou bien, quand, avec des paroles violentes, elle me reproche mes dégoûts : « Avec Inachia, dit-elle, tu as moins de mollesse qu’avec moi ; Inachia, tu peux la posséder trois fois dans une nuit ; avec moi, toujours, c’est à peine si tu as du ressort pour une seule besogne. Périsse misérablement Lesbie qui m’a indiqué, quand je cherchais un taureau, un être sans nerf : et j’avais les services d’Amyntas de Cos, dont le membre est plus solidement implanté dans son aine indomptable qu’un jeune arbre sur les collines ! Pour qui cette ardeur à plonger deux fois les flocons de la laine dans le murex tyrien ? pour toi, oui, pour toi, afin qu’il n’y eût convive, parmi ceux de ton âge, plus choyé de sa maîtresse que toi de la tienne. Oh ! malheureuse que je suis ! tu me fuis, comme l’agnelle a la terreur des loups cruels et le chevreuil celle des lions. »"

Horace, Epodes, XII
Publié dans : Stylet et tablette : Textes, hommes des sources
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