Jeudi 29 décembre 2005

Vus au cinéma, bien évidemment.

  TOP 10:
1  Collision
2  La Vie Aquatique
3  Trois Enterrements
4  La Chute
5  Le Petit Lieutenant
6  Batman Begins
7  History of Violence
8  Mar Adentro
9  Les Bouchers Verts
10  Harry Potter 4

par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Jeudi 22 décembre 2005

Parce que sortir ça fait trop mal…trop de lumière et d’espace, de gens à voir de choses à faire, à manger…pour rentrer ensuite peut-être que non, je ne vais pas y aller au final.

 

 

Parce que je vis dans la fumée, cherchant l’éclaircie, et la regrettant finalement, incapable de supporter sa pureté.

 

 

Parce que cette dernière porte contre laquelle je me suis précipitée était parsemée de pieux et que je me vide de mon sang sans avoir pour autant réussi à l’ouvrir.

 

 

 

Alors peut-être que non, au final, je ne vais pas y aller.

 

 

Et puis la peur au ventre, si ce n’était encore que cela.

Et puis les mots qui bloquent, si ce n’était encore que cela.

Et puis les pages tournées, blanches et coupantes, si ce n’était encore que cela.

 

 

Mais toi, toi tu seras là.

Et je me disperserai dans ta fureur. Je me noierai dans ton flot d’énergie. Je disparaîtrai dans tes yeux trop vivants pour l’ombre que je suis.

 

 

 

Et puis toi, si ce n’était encore que cela.

Et puis ton âme inaccessible, ses états si bouleversés, si ce n’était encore que cela.

Et puis mon cœur qui bat si fort que le plancher en tremble, si ce n’était encore que cela.

 

 

Mais la vie, la vie elle sera là.

Et je sourirai devant ce qu’elle est que je ne suis pas. Je chercherai désespérément ses bonnes grâces. Je trahirai le sombre pour un seul de ses clins d’œil.

 

 

Et puis la vie, si ce n’était encore que cela,

Et puis mon désir de vibrer, si ce n’était encore que cela,

Et puis toi et moi, et la vie, dans cette pièce, si ce n’était encore que cela.

 

 

Mais je n’ai pas été invitée à cette fête là.

 

 

 

Alors peut-être que non, au final, je n’irai pas.

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Mercredi 21 décembre 2005

Lettre ouverte à l’autre (et pour qui veut):

/ une autre idée de la déclaration

Alors le voilà précisément le moment tant redouté. La transformation en profondeur qui change jusqu’à la moelle ? Plus aucune particule statique. L’accouchement dans la douleur. La descente dans l’enfer non climatisé ; Le pied dans l’inconnu. La prise de risque. Le courage inconsidéré d’un cœur qui brûle pour lui-même…

Il faut maintenant que tu puises au fond de toi tout ce que tu peux, que tu remplisses la gourde au maximum pour la traversée du désert. Nous y voilà, face au danger, le vrai, celui qui nous menace individuellement.

Sauf qu’on a plus 17 ans. Les armes, on les a. Les larmes, on les assume comme autant de débordement pour faire de la place. Le cœur a tenu, il ne nous lâchera plus.

Tu ne vas pas devenir fou. Tu es un homme, pas un gamin fragile sans fondations.

Tu vas y arriver, oui, parce que tu es un être de lumière avant tout ; Ton sourire n’est pas éteint, il veille. Tes yeux brillent toujours, sous le voile. La lumière finira par reprendre ses droits. Parce que le noir, on le connaît, on l’affronte, et au final, on le garde comme constituant nécessaire pour ne pas devenir complètement con, mais on le maîtrise, car on l’intègre. Et on l’emmerde, surtout, ce noir, parce que le bien-être, la joie, l’équilibre contiennent des endorphines autrement plus grisantes.

La confusion révèle uniquement notre complexité. Ce n’est pas un problème. Soyons confus, changeons d’avis, reculons, avançons, personne ne peut éviter quoi que ce soit. Et la peur n’évite pas le danger (et quand il pleut ça mouille, et oui, rire ,c’est toujours ça de pris…)

Lâche les filets, et remonte la pêche miraculeuse. Descend aux enfers oui, mais évite la connerie d’Orphée, ne te retourne pas, et remonte à la lumière ce qui était le plus important. Toi seul sait ce que tu veux ramener de ce parcours initiatique.

 Ah mon Dieu, eh oui, ce que je suis asphyxiante avec ma présence continue, à ne pas te laisser en paix, à te réveiller de la torpeur dans laquelle tu aimerai tellement sombrer. Déteste-moi de ne pas te faciliter la tâche, peu importe, je sais ce que je fais. Je cours le risque. Devenir des étrangers toi et moi, ce serait plus simple, en fait. Vraiment ? Pas si simple finalement, et ça tombe bien. La facilité, c’est pour les autres. Ne pense pas une seconde que je vais abandonner parce que tu es pour l’heure déstabilisé, que tu risques d’être blessant parce que tu vas en avoir ras le bol de composer avec les états d’âmes de tout le monde, que tu vas sentir l’overdose, que tu vas vouloir t’occuper uniquement de toi et de toi seul pour une fois, parce que ça fait trop longtemps que tu t’ignores. Mais fonce ! Head-on ! Replie-toi, ressource-toi ! Emmerde le reste !

 Moi je serai quand même là. Mon dieu qu’elle est chiante…Mais non ! Je ne quitte pas les gens par facilité, toi non plus. C’est absurde ! je préfère courir le risque d’en chier, et je cours vite ! Qui d’autre sinon, si toi, je te perds par égoïsme ? J’ai une force de titan, il faut bien ça pour soutenir ta démesure, ne pas me briser contre son rocher. Oui, je vais subir que tu ne t’occupes pas de moi, que tu m’imposes la distance, mais je ne briserai pas, et je ne te chargerai pas de poids inutiles, tu m’entends ? Je suis aussi là aujourd’hui pour te prouver que j’étais là tout ce temps, et pas uniquement pour m’entendre écrire une belle formule. Tu n’es pas forcément un feu de paille.

 Je n’étais pas sûre pourtant, tout ce temps. Bêtement, je ne me posai pas la question. Maintenant, le cœur est net : tu comptes. Je sais me battre pour ce qui compte. Oui, tu comptes, définitivement. De façon non exclusive, mais néanmoins irréversible. La destruction comme préliminaire, ça te dit quelque chose ? Pas si con…

Je n’ai pas peur des coups, la douleur retrace les contours, c’est bon de se remettre à jour de temps à autre sur ses contours, et je n’ai pas d’orgueil. Pas pour ça.

Le combat. Grand fantasme. Me battre pour toi. Empêcher l’Ennemi, quel qu’il soit, de passer sur ton corps. Facile à dire, on a cependant peu l’occasion de le prouver, je reste lucide.

Mais rien n’y fait, je ne veux pas me raisonner. Je ne VEUX PAS que tu souffres. Je REFUSE catégoriquement que le malheur t’attaque. Il n’en est pas question. Je défie ta souffrance, demande au pire à la partager, au mieux, illusoirement, à la vaincre. Je veux faire ça pour toi, parce que tu incarnes des figures intouchables et essentielles à mes yeux : la fraternité, la complicité, le sang qui boue, l’intégrité, la folie, la rigueur, la sagesse, le silence. Le Grand Mélange. Exquis, enivrant, solidarisant, universel et si particulier.

 Cela ne peut pas te faire peur. L’application n’a rien de contraignant. Le cadre laisse la troisième dimension totalement ouverte, à la différence de la cage.

 De toute façon, rien ne change non plus VRAIMENT. Quelques intentions, quelques envies, quelques actes tout au plus. Fondamentalement, tout est déjà là.

 

 Tu ne vas pas devenir parfaitement différent. Moi non plus. On est heureusement régis par des lois universelles qu’il ne nous appartient pas de briser. Mais l’évolution, l’évolution, est le maître mot. La liberté, l’unique. En génétique, ça s’appelle la mutation décalante. Celle qui fait que nos enfants naîtront avec trois pouces, dans 1000 ans, pour être plus agiles.

 Moi je fais confiance à l’ordre universel pour tendre vers ces trois pouces, j’y contribuerai autant que je le pourrai. Plus que la survie de l’espèce, son évolution.

C’est arriver à ouvrir des gouffres sous nos pieds et ne pas y glisser.

C’est arriver à allumer des feux grandissants et ne pas s’y consumer.

C’est arriver, surtout, à ne plus vouloir ce qu’on ne peut pas avoir. Se concentrer sur le possible, mais gonfler cette bulle de possible à bloc. Remplir sa vie jusque dans les moindres recoins, pour affronter sa fin sans trop de regrets.

 Prendre le temps et l’énergie nécessaire pour faire face au sombre, et l’assumer, mais réserver la majeure partie de cette force vive à s’épanouir, à être bien, à donner, à se mélanger aux autres, à parfaire toujours plus l’euphorie.

 Bref.

 Je ne pense pas avoir pathologiquement besoin des autres. Je ne m’accroche pas désespérément à toi par peur de la solitude. C’est parce que c’est toi que je m’accroche. La différence est fondamentale. C’est même le strict opposé.

 Je t’aime à en crever…attends voir…à en crever tes abcès. Et les miens. A en crever les pneus des chars rigides et aveugles lancés contre ta volonté de vivre, et de vivre bien. Parce que tu as donné, tu peux recevoir. Mais à en crever mon âme, ma vie ? Certainement pas. Quel amour stupide, inutile et encombrant ce serait là.

 Aimer à en vivre, pas à en mourir, c’est autrement plus constructif, non ?

 Peu importe que je te voie 24h/24h ou 1h/1000 ou jamais, c’est un détail, peu importe que tu exultes ailleurs, que nos espaces soient partagés ou tenus au secret, tu es dans mon sang, tu t’écoules doucement minute après minute, et je ne chercherai pas de remède. Pourquoi faire ?

 Et oui, aussi, obligatoirement, ma peau te réclame. Le contact. Le full contact. Le choc des cellules. Le sens contre l’intellect. L’électricité viscérale contre l’analyse. La douceur piquante. L’abandon. La turbulence des fluides

 Cesser, un temps, le blabla.

Je veux appuyer ma main contre chaque parcelle de ton corps, savoir où tu commences, où tu finis.

 

 Rythmer mon souffle sur le tien, prendre ta bouche.

 Sans honte, sans gène, sans remords. L’insoutenable légèreté.

 Et rire aussi. Parce que c’est le rire qui gagne. A la fin. Sans pour autant être insolent.

 Parce qu’ après tous les tourments de la chair et de l’esprit, le rire cautérise, donne du recul, libère. Compense l’excès, la violence.

 

 

 

 

 

 

 Voilà

Voilà la vie comme je l’entends. 

 Voilà ta place en moi comme je la conçois. 

 Voilà l’alternative avec laquelle tu dois composer dans ta quête de toi-même, individuel et solitaire.

 On ne se construit jamais seul. Sans miroir, on ne sait pas à quoi on ressemble, finalement.

Accepte cette vision. Ou rejette-la. Je n’en démordrai pas. Elle existe, rien ne peut la tuer.

Je te respecte trop pour te nuire. Je t’aime trop pour entraver ce vers quoi tu tends.

 J’ai la folie de croire que nos chemins peuvent se croiser de temps à autre, et s’aider mutuellement à reprendre pour un temps nos chemins de traverse, solitaires, désherbés par l’autre. Par les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais qui vit sans folie n’est pas si sage qu’on croit.

Prend ton temps, prend le mien. Appuis-toi sur moi, laisse-moi, sers-toi de mes forces, ignore-les. Compose. Fais comme tu peux.

Elle est là ta liberté non ?

 

 

 

 

Show must go on.

 (Tu vois, je n’ai rien réglé peut-être : pressée de vivre – oui mais demain ? La guerre, le bus qui grille un feu ?…- impulsive, si enflammée…Mais je peux écrire sans retenue, et j’ai presque tout dit, car si toi tu ne me comprends pas, ça me donnera enfin une bonne raison de me sentir seule au monde et de reprendre du prozac….ou de la vodka. Oh no love, you’re not alone…)

 

 

 

 

 

 

 

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

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