
Ce n’est pas parce qu’on est gros, homosexuel et ancien de Melrose Place qu’on peut se permettre n’importe quoi. Mark Cherry tient plus de la cerise alcoolisée trempée dans un mauvais chocolat que du véritable génie, qu’on a pu trouver récemment, car il existe encore, tressautant et mal portant, notamment chez Alan Ball pour l’excellentissime série Six Feet Under ou autres bijoux de la prod HBO qui n’a pas été malchanceuse de laisser les mégères acidulées à la concurrence, mais bien inspirée au contraire de ne pas être mêlée à cette conspiration.
Ce n’est pas parce qu’on a une mère certainement épouvantable et totalement dépressive (white trasher, quand tu nous tiens) qu’il faut éclabousser de sa misère éducative et de ses clichés féminins nauséabonds d’un autre temps le monde entier (cette remarque vaut également pour certains philosophes, allemands de surcroît, la misère éducative en moins, sur lesquels je reviendrai quand je n’aurais que ça à faire).
Il faudra qu’on m’explique, autrement que par l’argument désuet du « divertissement » qui trouvait déjà, dès l’Antiquité des formes nobles autres que la seule arène, comment l’Europe, si critique dans ses Lumières et se targuant de la plus fine analyse artistique et littéraire du monde, mais si malsainement fascinée dans l’ombre pas les monstres arrogants tout droits sortis des usines à rêves – et quels rêves – se retrouve soudain, parallèlement à une animosité sans fin pour la politique internationale américaine actuelle, aveuglée, hypnotisée même par 5 républicaines péroxydées, fameuses ambassadrices même pas dissimulées (au nom d’un cynisme qui n’en finit plus de changer de définition) de la connerie humaine et relationnelle.
Car ne nous y méprenons pas, il ne s’agit pas d’une critique des ces dites femmes. Tout est construit pour s’y attacher, donner des circonstances atténuantes à des harpies sans cervelle et sans scrupule, trouver ça drôle de tuer, de mentir, de falsifier, de s’abstenir de toute responsabilité individuelle, dans une subversion qui aurait pu être féroce et incroyablement osée si seulement les « coupables » de ces actes n’étaient pas systématiquement rattrapées par leurs actions et dans un jeu de ping pong éreintant dans lequel Dieu lui même ne saurait plus quel vainqueur proclamer, ne se voyaient frappées d’une morale désolante, bien en deça des actes ou pensées commises et toujours prêtes à s’en sortir insolemment et le brushing haut.
Une réelle critique de société sur les femmes au foyer nanties et pavillonnaires aurait été bienvenue si ces sombres représentantes de la caste des femmes mariées, auxquelles il devient médiatiquement impératif de s’identifier sous peine de haro sur la rabat-joie, avaient été un peu plus au fait de la réalité.
On nous crie en couverture « la revanche des femmes de quarante ans » alors que Teri Hatcher est une anorexique multirécidiviste, Marcia Cross tellement liftée que lorsque qu’elle accouchera de ses jumeaux à 44 ans (laissez moi rire), ils auront probablement déjà le rictus de mort de leur mère qui rend impossible toute interprétation plausible d’un quelconque sentiment sous peine de voir sauter les agrafes au moindre faux mouvement de lèvre. Ah oui, elles sont belles ces Barbies quadragénaires, incapable de vieillir correctement, engendrant le nouveau règne, après celui des lolitas fil de fers, des quadra en aqua gym pour ressembler à Nicollette Sheridan (soyons sérieuses, qui voudrait ressembler à ça ?). Alors ça, pour ricaner sur Cher ou Faye Dunaway, tout le monde était présent. Maintenant c’est hype de rentrer dans un 34 à 45 ans et d’avoir l’air plus fraîche que sa fille.
Je suis obligée de m’en tenir aux apparences car qui voudrait sans se salir les neurones se lancer dans une réelle critique de fond sur les messages de cette série ?
Ne pouvant intellectuellement pas se permettre de délivrer quelque message autre que honteux que ce soit, Mr Cherry bifurque rapidement vers du Agatha Christie raconté aux enfants, dans un ton si faussement léger et hystérique qu’on se demande s’il ne tourne pas au crystal meth et toutes ses actrices avec lui. « OH…-.notes pimpantes et fraîcheur airwick vanille-… un cadavre ! fabuleux ! mais qu’est ce que ça peut bien vouloir dire ?? Nous verrons ça après le dîner j’ai fait des muffins que je ne voudrai pour rien au monde voir refroidir, mon amant de 18 ans serait mécontent ».
On nous sert parfois une pointe de discours décalé à base de « je n’aime pas mes enfants, allez y, mégères du monde entier, soyez libres vous aussi de le dire, enfin, ouvrez les fenêtres, vous aussi, hurlez « je n’aime pas mes gosses, alleluia ! vive ma carrière » ». Ou encore « Je suis pro arme ! c’est merveilleux, quel monde fabuleux ! »
Bien entendu, les revirements sont tout bonnement à se pendre. Au moment où la furie rousse, cette murène de Bree, tellement conne qu’elle en devient le personnage préféré des téléspectateurs, devrait à juste titre se faire correctement analyser, une bonne fois pour toute, le psy adhère à sa thèse nauséabonde que plutôt de la trouver insupportable à tout gérer et contrôler on devrait lui dire… « merci ». Si ce n’est pas de la propagande à purement parler, qu’on me fasse signe.
Susan, si touchante parce qu’elle ne sait pas fermer sa grande et jolie bouche, et ne peut se retourner sans faire exploser sa baraque et notre patience, Gabrielle, la golden girl latina absolument inadmissible de calculs étroits et d’impunité qui veut nous faire pleurer parce qu’elle est enceinte et que c’est tout de même atroce d’être enceinte quand on est une fille de joie, et Eddie, la mangeuse d’homme qui, pour la morale, souffre de sa solitude…tout y est.
Tout ceci est juste pathétique. Un défilé de mode de cadavres parfumés. Une enquête absolument inintéressante qui commence par un suicide et dont on voudrait tellement que chaque épisode marque le suicide des suivantes. Tout ça me donne envie de conclure sur du Schopenhauer dont l ‘essai sur les femmes dont je ne savais que faire tombe finalement à pic, comment le fustiger, le saint homme n’en pouvait plus, déjà, et cela même avant MTV : « Ceux qui ne s’arrêtent pas aux apparences ont pu le remarquer, déjà. Il suffit d’observer par exemple ce qui occupe et attire leur attention a un concert, à l’opéra ou à la comédie, de remarquer le sans-façon avec lequel, aux plus beaux endroits des plus grands chefs-d’œuvres, elles continuent leur caquetage. S’il est vrai que les Grecs n’aient pas admis les femmes au spectacle, ils ont eu bien raison ; dans leurs théâtre l’on pouvait du moins entendre quelque chose. »
Et affalées devant la 6, en famille, les femmes se gaussent.
Bien entendu, il ne s’agit jamais d’elles. Elles ne supporteraient pas de donner raison aux misogynes qui font bien de se soucier de l’existence d’une quelconque cervelle dans cet espace majoritairement à louer, soulevé de soubresauts, gloussant devant d’autres dindes.
Il ne sert à rien de s’offusquer, mesdames, des regards graveleux dans les bus et des essais philosophiques à votre encontre.
Cette vaste fumisterie de vacuité et de futilité, c’est vous qui l’entretenez.
Parce que vous le valez bien.
Vos points de vue