Lundi 27 août 2007
I'm going back to the start, it will take me a few days, weeks maybe. Leave a message. Don't drink too much. Be good to animals. Make sports. Listen to classical music and wear nice clothes.

par The bitch is back publié dans : Ecoute
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 25 août 2007
(En regardant une émission sur arte, sur le lien des personnes aux animaux de tous temps dans le monde, j’entends que ne pas faire le deuil correctement d’un animal est une particularité occidentale, où tout ce qui touche de près ou de loin au cœur, au tendre, au doux est de plus en plus tabou et raillé. Cependant, nous sommes la civilisation la plus dépressive, inquiète et chagrine qui soit. Et rejeter en se moquant de réelles douleurs conduit bien évidemment à un retour de flamme brutal matérialisé par de grands vides et manques aussi soudains que d’apparence inexplicables.
Lire ou relire Boris Cyrulnik et ses ouvrages sur la résilience, le lien animal ou les nourritures affectives pourrait être une bonne chose par les temps qui courent. Pour l’heure, voici un court et naïf hommage à mes deux derniers chats, qui eurent ce mérite certain de me faire rire et pleurer.)
 Wendy3.JPG
Quand elle est arrivée, à peine trois mois et les yeux liquides, le pelage incertain et la peur au ventre, je me suis jetée à cœur perdu vers cet animal silencieux et sage, je m’y suis instantanément vouée, sans retenue, sans réticences, je me suis laissé prendre en retour par le mystère feutré de sa présence collée serrée, sans explication ni promesse.
Ma maison était froide, souvent vide, mon cœur ne battait plus que pour me rappeler ma fin, je ne parlais plus des jours durant, trop triste pour pleurer, rien à dire, rien à donner. Infiniment incertaine, je cherchais à m’habituer au rien, incapable de me révolter contre ce sommeil permanent de mes sens. De façon tout à fait prévisible, et même banale, je me suis tournée vers l’animal, et son attachement régénérant.
Pour mon plus grand soulagement, la communication fut gestuelle, des regards plongés profonds, un besoin de contact. J’empoignais sa fourrure, elle pétrissait ma poitrine de ses coussinets bienveillants. Elle s’endormait enfin juste sous ma gorge, aspirant de ses vibrations magiques toute peine qui subsistait en moi, elle dénouait en quelques secondes des nœuds séculaires, j’en oubliais presque que j’étais mortelle. Et je n’étais plus seule.
Moi je la protégeais, même contre sa propre espèce, et lorsque terrifiée et le poil gonflé d’inimitié envers un congénère elle courait d’instinct se réfugier entre mes jambes, je la rassurais et lui témoignais mon soutien en la nourrissant de ce qu’elle aimait. Je la faisais jouer, plus amusée peut-être moi-même de son incessant flipper avec un gland, ou de son attachement certain à une plume qu’elle déplaçait de pièce en pièce, régulièrement et fièrement.
Elle, elle chassait pour moi, rapportant à mes pieds, toute frétillante de gloire, un merle à peine achevé, elle prenait à sa charge mon silence entendu, et ne laissait jamais mes genoux froids dès lors que je prenais assise.
J’ai aimé ce chat d’un amour profond et tacite, et lorsqu’elle mis bas un petit, un seul, en tout point semblable à elle mais un mâle, j’ai compris que cet attachement sans fin pouvait se reproduire, et ma sérénité en fut redoublée. Lui si fragile, elle si concernée, je voyais sous mes yeux les étapes de la création, émerveillée et inquiète, j’espérais qu’ils ne manquent de rien, que jamais rien ne les atteigne, je guettais le premier pas, mon cœur se brisait pour un rien, je pleurais sans raison. J’avais au creux des mains un nouvel arrivant, d’une confiance folle, dormant contre mon bras, jouant dans mes cheveux. Sa mère me regardait prendre un relais qui l’arrangeait, elle me le portait avant de sortir, le lien se transformait, on savait toute deux qu’elle serait la première à partir, que sa condition animale ne lui permettrait pas de s’engager plus avant.
Il a fallu que je vous quitte, vous mes tendres amis, mes compagnons de tant de jours amers, heure après heure j’ai tissé un lien qui peine à se trancher mais j’ai du vous trouver un nouveau foyer non sans un profond chagrin, sincère mais nécessaire, car je dois migrer vers un cocon trop petit et je ne vous veux pas en cage. La mienne sera bien vide, et froide, cet hiver, mais je penserais à vous sur les genoux d’un autre, espérant follement que d’instinct, vous n’oublierez pas, jamais, votre premier lien humain.

mzurice.jpg
par Medellia of the Grey Cats publié dans : Ecrits vains
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 23 août 2007

« Oh, I’m no one’s wife, but, oh, I love my life, and all that jazz. »
 

Je n’ai pas de plus belle histoire d’amour. Je n’ai pas de regrets. Je n’échangerais aucun coup, aucune larme contre la torpeur molle des artères fatiguées. Précisions.

Je suis responsable mais ne plaide pas coupable. Les décisions prises sont mûries, mes états de cœur, jamais. Je ne briderai pas la bête, c’est folle qu’elle me ravit. J’éviterai, à l’avenir, d’offrir une contrefaçon dans un écrin original, c’est certain. Je le dis sans cruauté, et sans haine, sans forfanterie ni fierté mais je ne suis à personne et ainsi, je peux mieux me prêter.

Il est certain que je préfère le rythme et les coupes de la version courte, à regarder en boucle. Et cela sans enlever aucunement à chacun de mes partenaires de cœur passés leur importance, leur singularité, leur merveilleux parfois. Il arrive d’échouer, peu importe je recommence, je les laisse venir, me remplir, me faire croire.  Mais je ne veux jamais m’habituer à eux, et jour après jour les effacer de trop les voir, user le brillant. Je veux qu’ils manquent, qu’ils me hantent, me réchauffent. Je veux le cœur serré du départ, le sourire du retour, le silence des souvenirs, le murmure de l’attente.
 

« An empty house is not a home » 

C’est en quai de gare que j’aime vivre, en port d’attache, en gîte étape. Pour autant je ne suis jamais seule lorsque l’on me touche ou me quitte, je vibre assez pour tenir la distance, je déplace mon centre, sans cesse, et sans cesse, je me retrouve. Je m’étais manquée, ces temps-ci. Moi et moi-même allons enfin vivre ensemble, et accueillir comme il se devra le special guest de chaque épisode.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 20 août 2007

PEUPLE CRUEL...

par Velma Egan publié dans : Reviens gamin, c'était pour rire
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 18 août 2007

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

Alors je sais, je cite, je cite, en attendant je ne fous plus rien, je me dissimule derrière les mots, les musiques, les images des autres. Je suis en vacances, mais le fait que nous soyons au mois d’août est une pure coïncidence, je suis en vacances de production personnelle. Je n’ai plus rien à dire quand je dois faire, et je fais, soyez en sûrs. En attendant que je rempile un peu mes neurones, je vous ai mis une playlist, populaire j’en conviens, mais l’élitisme musical pousse à quelques catastrophes de goûts que je préfère me permettre en restant dans les bons chemins battus par d’autres. Je ne me sens pas aventurière ces temps ci. Et justement, dans cette playlist, donc, se niche entre autres petits trésors à déterrer sous les couches trop évidentes, une version chantée de ce poème par sieur Lavilliers. Alors on peut rire, bien entendu. On se rassure comme on peut. Vous enchaînerez avec un petit « Il faut vivre » de Reggiani et vous m’ôterez vite fait ce sourire insolent qui flotte encore sur vos visages d’incrédules. A la bonne vôtre, et soyez bien assurés, tous autant que vous êtes, de mes sentiments aussi distingués qu’un caniche royal chez le toiletteur.
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 18 août 2007
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 12 août 2007

L'extase

La nuit était venue, la lune émergeait de l'horizon, étalant
sur le pavé bleu du ciel sa robe couleur soufre. J'étais
assis près de ma bien-aimée, oh ! bien près ! Je serrais ses
mains, j'aspirais la tiède senteur de son cou, le souffle
enivrant de sa bouche, je me serrais contre son épaule,
j'avais envie de pleurer ; l'extase me tenait palpitant,
éperdu, mon âme volait à tire d'aile sur la mer de l'infini.

Tout à coup elle se leva, dégagea sa main, disparut dans la
charmoie, et j'entendis comme un crépitement de pluie dans
la feuillée.

Le rêve délicieux s'évanouit... ; je retombais sur la terre,
sur l'ignoble terre. O mon Dieu ! c'était donc vrai, elle,
la divine aimée, elle était, comme les autres, l'esclave de
vulgaires besoins !

Joris- Karl Huysmans

***

Vénus Anadyomène

Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe...

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.

Arthur Rimbaud

par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 10 août 2007

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 9 août 2007

 

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 3 août 2007

« Mortels, vous vivez comme si vous deviez toujours vivre. Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence ; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé ; et vous le perdez comme s’il coulait d’une source intarissable, tandis que ce jour que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels ; à vos désirs on vous dirait immortels. » Sénèque, De la brièveté de la vie.

 

« Des choses les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions, en un mot tout ce qui est opération de notre âme ; ce qui ne dépend pas de nous , c’est le corps, la fortune, les témoignages de considération, les charges publiques, en un mot tout ce qui n’est pas opération de notre âme. […] Ainsi à toute idée rude, exerce-toi à dire aussitôt : « Tu es une idée, tu n’es pas tout à fait ce que tu représentes . » Puis examine-la, applique les règles que tu sais, et d’abord et avant toutes les autres celle qui fait reconnaître si quelque chose dépend ou ne dépend pas de toi ; et si l’idée est relative à quelque chose qui ne dépend pas de nous, sois prêt à dire : « Cela ne me regarde pas ». Epictète, Manuel. 

 

« Le temps que dure la vie de l’homme n’est qu’un point ; son être est dans un perpétuel écoulement ; ses sensations ne sont que ténèbres. Son corps composé de tant d’éléments est la proie facile de la corruption ; son âme est un ouragan ; son destin est une énigme obscure ; sa gloire, un non-sens. En un mot, tout ce qui regarde le corps est un fleuve qui s’écoule ; tout ce qui regarde l’âme n’est que songe et vanité ; la vie est un combat, et le voyageur, un étranger, et la seule renommée qui nous attende après nous, c’est l’oubli. » Marc Aurèle, Pensées pour moi-même.

 

« Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

Alfred de Vigny, La mort du loup (Les Destinées)

 

« Et moi je vais rester, souffrir, agir et vivre ;

Voir mon nom se grossir dans les bouches de cuivre

De la célébrité,

Et cacher, comme à Sparte, en riant quand on entre,

Le renard envieux qui me ronge le ventre,

Sous ma robe abrité !

[…]

Quelle vie ! et quel siècle alentour ! – vertu, gloire

Pouvoir, génie et foi, tout ce qu’il faudrait croire,

Tout ce que nous valons,

Le peu qui nous restait de nos splendeurs décrues,

Est traîné sur la claie et suivi dans les rues

Par le rire en haillons ! »

Victor Hugo, Puisqu’il plut au Seigneur ( Les voix intérieures)
par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

Contact - C.G.U. - Signaler un abus