Dimanche 27 août 2006

Jour 6 (19h44) (6 jour de jeûne)

Sur la balance : 73 kg

 

Et comme c’est colombien et pas argentin et que c’est pallier et pas pallier à, je m’en remets un jour dans la gueule. J’vais pas non plus arrêter juste quand ça commence à bien se passer.

Pour ça j’ai le sentimental.
par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Samedi 26 août 2006

Jour 5, 20 h11 ( 5 jours de jeûne) 

 

Sur la balance = 73,8 kg (oui je sais moi non plus je pige rien)

 

Aujourd’hui, après une nuit décalée (pic de forme hier, impossible de dormir avant 3h30 ce matin, vive internet au passage pour pallier à ce genre de ptits moments de (fausse) solitude) je me concentre à nouveau sur mon écran et ses interlocuteurs suffisamment réels pour me faire un peu vibrer, réfléchir, ne pas m’affaisser du bulbe, ne pas trop regarder à côté, et sentir qu’au fond, caché par des endorphines vivaces qui désirent prendre le contrôle, grand bien me fasse, tourner du ciboulot pourrait également être une option.

Puis je sors 2h en ville, redécouvrant, émerveillée, la foule, le vent, les magasins et leurs lumières fashion - factices sur lesquelles viennent se griller les dernières mouches hypes, je fais mes courses pour demain avec relativement pas mal de recul, comme si je regardais des produits de consommation irrégulière et insolite. J’ai un peu mal au ventre sur la fin, je n’ai pas assez bu dans la journée.

Et me voilà, avant de ressortir si mon corps le permet me faire une toile, « Rosario », probablement. Regarder des argentins se tuer et s’aimer, me paraît un beau final.

 

Je vais donc toucher la fin de ce nettoyage interne. Disque dur allégé, quoique que.

Je n’ai pas particulièrement vu ma conscience, ni fondé d’évidences.

Par contre je suis un peu triste, comme quand il faut rentrer de vacances ou quitter la scène.

J’aimerai finalement rester ainsi, suffisante à moi même, réservée, testant encore et toujours l’acuité récemment retrouvée, le rire vrai, le cœur complice qui n’en fait pas tout un Balzac pour autant.

Je n’en étais pas sûre, je sais où je vais. Je ne veux plus d’ennemi interne, mon corps redevient mon allié, l’agent double a été éliminé et maintenant, tout ne fait que commencer.

L’entraînement.

Je vais recommencer et appuyer pour de bon, dès demain, avec ma reprise alimentaire frugale et étudiée, des entraînements sportifs réguliers et de plus en plus importants. Je dois prendre en puissance et finesse musculaire, assouplir, endurer.

Ne plus jamais supporter de me traîner à bout de ligaments, informe et molle.

Tendre vers l’eurythmie, résister à mes meubles.

 

Repas de reprise, demain :

 

Matin : compote de pommes allégée

Tisane thym/menthe

Midi: un bol de gaspacho

 

16h : compote pomme/myrtille bio sans sucres ajoutés

Tisane de pissenlit (dépurifiante)

 

Soir : un cassoulet et une bouteille de Côtes de Bourg.

Non ? bon, ok. J’aurais essayé.

Alors un bol de soupe de tomates, 1 yaourt nature 0% avec une cuillère à soupe de graines de lin (pour la reprise intestinale), 1 galette de riz soufflé.

 

Merci de ne pas m’avoir saoulée cette semaine de théories entendues chez votre coiffeur, et d’avoir préféré vos ptites attentions discrètes mais remarquées.

 

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Samedi 26 août 2006

Jour 4, tard (4 jours de jeûne)  

 

Sur la balance = 73, 6 kg

 

Et ben voilà, fallait juste se faire chier à escalader pour apercevoir le paysage. C’est juste magnifique, intense.

J’ai l’impression que tous mes organes respirent le même air olympien, je suis même sortie pour une fête ce soir avec un dynamisme effrayant, dont je ne sais que faire encore maintenant.

 

Je n’ai plus du tout faim.

C’est pénible à constater, mais tout va bien.

 

Un forme de récompense.

Demain j’approfondirai.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Jeudi 24 août 2006

Jour 3 – 21h28 ( 72h de jeûne )

 

Sur la balance : 74,8 kg (je suis un peu déçue je pensais que ça irait plus vite)

 

Grosse baisse d’attention, stimulée pourtant avec force et fondant par de sympathiques amis virtuels me poussant à théoriser et débattre à grand renfort de Volvic, par écrit, ce qui vaut mieux, en fait.

 

Mais la majeure partie de la journée s’est agréablement déroulée, après une nuit parfaite et un réveil tonique, la grand forme quoi, je ne l’aurais pas cru.

Je commence à focaliser sur des obsessions autour de certains aliments, notamment le beurre de cacahouètes et l’avocat, allez comprendre, j’ai pensé 4 ou 5 fois tout arrêter ne serait-ce que pour sortir d’un engourdissement progressif qui rend compliqué la syntaxe et la synthèse. 

 

Je ralentis, c’est un fait, et je me refroidis, aussi.

C’est un peu une NDE light, et pour les 8/10 ans. 

 

J’espère tenir vraiment encore deux jours, mais peut-être cela sera-t-il compromis, car, sans vous faire un dessin, et alors que ce n’était pas trop prévu à cette date, je perds du sang. Pas mal. Plus que d’habitude. Je suis pas aidée pour l’énergie quoi…

 

Humeur intérieurement joyeuse mais de plus en plus de mal à la communiquer, mes registres de communication s’axant majoritairement autour d’une parole simple, vraie, et en recherche de l’allié plus que du combat, on me sent « sérieuse », je me sens éteinte, tout au plus.

 

Je voulais une vidange, je l’ai eue.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Mercredi 23 août 2006

Jour 2 – 21h44 (48h de jeûne)

Balance, mon amie, indique 75,4 kg

 

Heureusement qu’il y a marqué dans le guide que tous les jours ne sont pas roses, tiens donc, je croyais qu’on s’éclatait en Afrique, moi.

 

Et ça ne traîne pas. Une nuit rocambolesque où je suis persuadée par trois fois d’avoir ouvert un frigo plein et d’avoir déchaîné mes papilles. Mais non , le ronron clinquant de la bête m’indique qu’il est bien vide, et pas de mon fait. Je retrouve des gens morts dans des rêves chaotiques et trop courts, je ne sais plus où j’habite, mais je n’ai toujours pas faim.

Un mal de crâne depuis 24h (j’ai craqué pour du Rhinadvil, j’avoue) qui a bien failli me faire tout arrêter car ce n’était pas prévu au programme.

Moins de liquide aujourd’hui, je n’ai vraiment, comme c’est bizarre, pas soif, mais je me force un peu, j’aime pas les Urgences.

 

Maintenant, à cette heure, n’ayant rien fait de la journée que tatoper futilement sur un clavier dont les lettres commencent à se mélanger, j’ai la langue bleue, un arrière goût de white spirit dans la bouche, et je commence à avoir faim, enfin. Pourtant, je ne mange que dimanche, il va bien falloir que je me le fasse comprendre d’une façon ou d’une autre.

 

Je fais court, car bien entendu, je suis crevée.
par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Mardi 22 août 2006

Jour 1 – 21h02 (24h de jeûne) 

Sans tricher, on the balance = 76,2 kg (oh hé ça va hein je fais pas un mètre 12 non plus et ça aurait pu être pire, il pourrait pleuvoir)

Et bien et bien… la faim me fait l’immense faveur de m’avoir complètement oubliée pour le moment, j’avale une quantité de liquide relativement raisonnable afin d’éviter de me noyer, et progressivement, la ouate s’installe entre mes tempes et mes réflexes.

Le moral, immanquablement prend un uppercut, et ma tête projetée menton vers le ciel, dans sa trajectoire jusqu’à l’oreiller, effleure violemment un calme un peu trop calme.

 

Je me suis enduite d’huile de carottes ce matin, révélant par la même une évidence, n’en déplaise aux white trashers : je suis bronzée et je suis quelqu’un de bien. Pour la sale gueule d’anorexique urbaine et constipée, je passe mon tour pour aujourd’hui.

Je pisse 154 fois, à tel point que je compte prendre la carte cumulant des points cadeaux. A 200, le siphon glorieux m’offre des reins neufs.

 

J’ai survécu à l’humiliation du suppositoire de glycérine (il ne doit rien rester, et cet infâme doigt gélatineux le fait bien comprendre à des boyaux qui commençaient pourtant leur douce sieste avec reconnaissance), la Laxarine, concentré de pruneaux inspirant la méfiance à juste titre n’ayant absolument rien déclenché du tout que l’idée de me resservir de la Contrex.

 

Je suis allé voir Miami Vice et j’ai tout compris. C’était avant le suppositoire. Maintenant j’ai un doute sur la fin, à moins que cela ne soit sur les moyens dispendieux conduisant encore et toujours à une platitude de propos à faire rougir la Belgique. Cela dit Colin Farell et Jamie Foxx, à eux deux, suffisent à combler mes rêves érotiques jusqu'à Noël, et cela ne pouvait pas décemment se refuser en ces temps de disette cathartique...

 

J’ai lu, j’ai retenu, pour le moment je ne tue personne, il faut donc constater que pour les détails sordides et autres bras de fers en sueur avec moi même, il faudra repasser.

Demain, peut-être.

 

Je m’efforce avec brio de ne pas sombrer dans l’élaboration de bilans sur une année de merde, cette situation de vidange pouvant, je le sais, judicieusement y mener. J’y arrive encore plutôt bien, mes façades, à l’inverse de mes organes, ne prenant pas encore l’eau.

 

Et sur ce, si personne n’a de conneries à me balancer sur msn, vous permettrez que je me retire…

 

(Et je n’ai toujours pas envie de Côtes de Bourg ni de Tiramisu. Je grandis.)

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Dimanche 6 août 2006

 

 

Ce poème est entièrement composé d’authentiques citations de George W. Bush. Elles ont été agencées par Richard Thompson, du « Washington Post ».

 

Notre traduction tente de respecter le style très particulier du président américain.

 

« Nous sommes tous d’accord, je pense, le passé c’est fini.

Ce monde reste dangereux.
Un monde de fous, d’incertitudes et de pertes psychologiques potentielles.
Rarement on se demande si nos enfants apprend.
Y aura-t-il d’avantage d’autoroutes de l’Internet en moins ?
Combien de mains ai-je serrées ?
Ils me mésousesiment.
Je suis le pitbull accroché à la jambe de la chance.
Je sais que l’homme et le poisson peuvent coexister.
C’est les familles où notre nation puise l’espoir, où nos ailes puisent leurs rêves.
Mettez de la nourriture sur votre famille !
Abattez les péages !
Vulcanisez la société !
Et placez plus haut la barre du gâteau !
Plus haut ! »
 
Version originale :
 
I think we all agree, the past is over.
This is still a dangerous world.
It’s a world of madmen and uncertainty and potential mental losses.
Rarely is the question asked, is our children learning ?
Will the highways of the Internet become more few ?
How many hands have I shaked ?
They misunderestimate me.
I am a pitbul on the pantleg of opportunity.
I know that the human being and the fish can coexist.
Families is where our nation finds hope, where our wings take dream.
Put food on your family !
Knock down the tollbooth !
Vulcanise society !
Make the pie higher !
Make the pie higher !
 
 
In Hors-série du Courrier international, Spécial Insolites, Dictionnaire de la vie ordinaire, juin-juillet-août 2006
par Velma Egan publié dans : Press Control
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Mardi 1 août 2006
 
 
Des phrases qui m’ont fait vivre je ne retiens que la musique alitée.
J’ai eu l’effondrement gracieux, et ce, grâce à mon rimmel.
Je paye ma gabelle pour avoir déserté, et pourtant, je suis plus riche que jamais.
Cette femme a pu tenir sa note si longtemps car elle s’est ouvert le ventre et s’est révélée à elle-même.
La pulsation machine n’a pas pu faire mieux.
C’est ce qui est merveilleux quand on travaille avec soi-même. Ce nombril parfait reflète en plus petit l’état de ce bas monde.
J’ai aimé trois fois, trop fort et le monde, trois fois, a terminé sa ronde.
Ce qui n’explique pas ce que tu fais encore là, redressant les vestiges, fustigeant mes récifs.
Il n’y a rien à comprendre avant le grand trou noir.
par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Quo vadis ?

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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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