Jeudi 28 juin 2007

BELLS FOR HER / TORI AMOS - LIVE

NOT EVEN YOU CAN STOP WHAT'S COMING, CAN STOP WHAT IS ON ITS WAY

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Mardi 26 juin 2007

Johnny ne voit pas très bien la raison pour laquelle il devrait garder son calme. Il se saisit pas tellement à quel moment la vie fut merveilleuse ou le sera. Alors bien sûr, ceux là plein d’un sang trop froid pour tourner, qui sourient de leurs dents les plus molles, trop petits pour un mot plus haut, il est bien entendu qu’ils ne sont pas plus baignés de la douce lumière d’une putain d’existence pertinente, exaltante, enfin tous ces termes qu’il fait bien d’afficher dans la discorde, comme autant d’idéal qu’on a dépassé sans même y prêter la moindre attention, dans la soif mordante d’aspirer à mieux et de ne rien rejeter, jamais, de ne rien donner qui pourrait nous manquer, de ne pas tendre de main, de ne pas aimer, jamais, car l’amour n’existe que dans les publicités, il vend, mais n’enrichit pas. Johnny s’en fout pas mal pourtant, par moments, lorsque la mer faussaire s’imagine calme, digérant les épaves sans fantômes, vestiges de sa colère inénarrable ; lorsqu’il croit la dompter enfin. Son rafiot ne tiendra pas très longtemps, pense-t-il, et la nuit tombe. Pourtant s’il rentre tard il faudra parler, s’excuser même, et il n’en est pas question. A 17 ans, bientôt 18, il sent s’approcher les bancs dangereux de la majorité, ceux où il ira s’échouer sans plus la moindre excuse. Jeune ? mais jeune, jamais il ne l’a été. Il tolère à peine de parler à sa mère, cette pauvre pieuvre qui n’en peut plus d’essayer de l’agripper en vain, qu’il trancherait bien en deux pour s’assurer que les femmes ont des viscères tant elles sont lâches et perfides. Mon père saurait, rage-t-il, en essuyant les embruns qui lui crachent à la gueule. Mon père saurait lui faire fermer sa sale gueule de morue trop salée. Rien, il ne dira pas un mot, pas un de ceux qui sont trop dits, rabâchés, ressassés, il n’en peut plus de parler, même peu. Personne n’a jamais écouté.

Il a dans ses paumes les cales de tous ces filets lancés, il a les yeux baignés de houle, la tempête gronde son sérieux imperturbable en lacérant son visage de rictus dessinant sa carte des vents. Tout un univers sous moi, tout un univers dans moi, rien au dessus, rien à terre, rien ni personne. Johnny ne sait jamais s’il rentrera, il espère certainement un peu défier les lois du genre en mourrant avant les statistiques de sa région, et déjà il s’en rapproche, déjà il sera trop tard pour mourir jeune, absurde de périr sans âge. Il a choisi l’effroi comme douceur suprême, et lorsqu’il embarque il sait déjà qu’il n’a rien de plus à trouver ici que la peur au ventre d’une lame de fond même pas tranchante, d’un récif plus affamé que lui, il ne fera jamais rien de lui ici, il rentrera encore vide et puant comme un phoque, même les poissons sont stupides, incapable de saisir quoique ce soit, tellement cons quand il sautent sur le bois mouillé croyant peut –être s’en sortir, ne se résignant jamais à la mort. Vitreux, gluants, il aime à les tuer un par un, surtout les thons, frimeurs des grands fonds, en bande agglutinés comme ces abrutis du lycée qu’il faudra bien massacrer aussi un jour. Profilés comme de mauvaises voitures trop brillantes pour masquer la laideur d’un mécanisme imparfait, ils révèlent cependant une gerbe splendide d’un rouge foncé inespéré dans tant de tons froids et gris lorsque la scie les sépare en tronçons fondants, si moelleux, annelés comme le chêne qui porte ses années en son centre. Ah, ça leur fermerait leurs sales gueules de junkies farineux, ce massacre impuni, la réjouissance de plonger ses mains dans la gueule de la poiscaille larmoyante pour lui arracher les entrailles d’un mouvement sec et consentant. La traînée de pourpre à l’arrière attirera bien quelques ailerons solitaires, que n’est-il requin lui même, Johnny s’en mordrait les doigts. Tellement de dangers, tellement d’hostilité, toujours la nausée, jamais, jamais il ne put la vaincre. Il est toujours reparti.

Johnny respire, il ne sert à rien de s’agiter tout seul comme un con, je ne suis pas un poisson putain. Il lance le filet. Allez, quoi, cette fois ci peut-être, enfin, après toute cette énergie déployée pour un espoir médiocre, il remontera le corps de son père.

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains communauté : Les gros dossiers
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Lundi 25 juin 2007

Catégorie : "People are strange" 

 

Je me rends compte que je ne parle pas assez de moi par ici ces temps-ci, c’est fâcheux pour un blog. Remédions à cela voulez-vous, je vais commencer par vous raconter ma mésaventure à la Poste (j’y suis une habituée puisque je vends tout un tas de trucs d’utilité vitale que les gens s’arrachent à prix dérisoire sur Ebay – voir « ma boutique » dans mes liens ci-contre – et hop, ça, c’est placé). Comme on le sait, la Poste c’est le poste (oh ça va) d’observatoire n°1 d’une ville et de tous les déchets qu’elle ne rejette pas (je ne m’en exclue pas mais j’en suis un très joli). Aujourd’hui, alors que j’attendais sur un banc devant, deux délinquantes de 50 ans que je n’avais pas vues arriver me tombent dessus en m’interpellant de façon somme toute très cavalière « Oh, vous, vous avez le temps de lire ! ». « Euh, ça dépend » répondis-je dans un éclair d’inspiration. C’est ça aussi de prendre les gens par surprise.

« Choisissez vous un de ces magazines, mademoiselle.

-         Mais vous êtes qui ? (je précise que je souris à ce moment là quoique sur mes gardes, un accident est si vite arrivé ce serait con avant l’été)

-         Nous sommes les témoins de Jéhova, bien sûr, nous sommes connus ! (elle, très pimpante et de fort bonne humeur, ce qui me pousse à poursuivre une discussion qu’en temps normal j’aurais déjà abrégée à ce stade)

-         Ah, désolée, je fais partie du monde malheureux des athées.

-         Mais est-ce que vous croyez en vous ?

-         Oui, c’est déjà pas mal.

-         Et bien vous n’êtes pas athée. (très contente, marque un point)

-         Ah. (je ne vois pas très bien quel point mais soit, je me sens d’humeur à me convertir)

-         Vous ne croyez pas aux religions ?

-         C’est ça, je me débrouille comme je peux mais c’est ça.

-         Pourtant vous ne croyez pas à une force unique, centrale, puissante ? (je sens qu’elle va s’envoler, je compatis il m’arrive d’avoir ce genre de monologue passionné et absurde, je vois enfin ce que ça fait)

-         Et bien non, sinon je croirais en un Dieu, non ? Non moi je crois au chaos, ça me convient parfaitement pour le moment.

Un petit silence, elle recharge, puis, et là , oh merveille, L’argument :

-         Pourtant le hasard fait bien les choses en ce qui vous concerne, vous êtes belle plante (compliment dont j’ai l’habitude, quand on passe une certaine taille, on est forcément une plante, ça pourrait être pire, elle aurai pu me traiter de chêne), et vous n’avez pas les oreilles sur les bras ou le nez sur la tête !

-         C’est sûr.

Et là, miracle, une énorme averse vient nous doucher, je me lève pour trouver refuge et je lui réponds, sauvée par le gong, « Ah si, il y a bien quelque chose en haut, mais il est visiblement de mon côté pour cette fois ci, bonne journée madame ! »

Et les témoins de se disperser en souriant.

Quelle histoire. Elles ont marqué un point cependant. J’ai réfléchi que je ne croyais en rien, et que c’était fort triste. Et puis ça a été mon tour au guichet et la vie a repris, fort heureusement, son cours, après cette parenthèse mystique trop intense pour un lundi.

 

Bon d’accord, je vais arrêter de parler de moi.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Dimanche 24 juin 2007
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Mardi 19 juin 2007

 

 


Cher Léonard, il faut regarder la vie dans les yeux, toujours, la regarder dans les yeux, et la mettre enfin de côté. Cher Léonard, toujours la vie entre nous, toujours la vie, toujours l’amour, toujours les heures.  (« The hours »)

 

 

    

Retiens ton souffle petite chose, ferme tes yeux, ne pleure pas pour moi

Maman quitte la ville et tu ne viens pas

Un royaume me murmure à l’oreille de rester

Mais le loup le plus beau mord aussi fort  que le laid

Et je ne peux finir ce livre quand tu es là 

Je ne veux pas te chérir

Je ne veux pas de toi de retour dans mon ventre

Je ne peux pas cuisiner de mets glorieux

Sans les truffer de clous

J’étais toute seule avant tout cela

Tu n’as pas besoin de moi pour tenir bon

Et personne n’osera jamais me demander pourquoi

(Crédits : Frida Khalo)

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains communauté : Les gros dossiers
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Vendredi 15 juin 2007

Why oh why you ?

Parce que 30 000 visages, parce que tellement d'années, parce que tout décalé, la paillette haute et le verbe placé, la note et le mime, Vittel et Dali, David, first you were, last you will. Faithfully yours.

Et parce que le poil incertain mais l'humour intact. Dans la vidéo ci dessous, à déguster jusqu'au bout, un aperçu représentatif du flegme mimétique de Major Tom. Toute ressemblance avec Steve Buschemi est fortuite bien qu'excellente.

 

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Vendredi 15 juin 2007
par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Lundi 11 juin 2007

(Humeur : joviale, je préfère préciser je n’ai déjà presque plus d’amis – hé, ça marche alors !

 

C’est le printemps, les slips et les cerveaux bourgeonnent.

C’est le moment de régler ses comptes : se réconcilier, mettre cartes sur tables, taper du poing, battre campagne, expliquer, disséquer, formuler, argumenter, analyser, ressentir, témoigner, juger, expédier, punir, séduire, trahir.

Parler. Ecrire. Dire. Intellectualiser. S’écouter écrire, se regarder parler. Les yeux grands fermés, le cœur ouvert, les dents serrées.

Mon dieu, qu’est ce qui m’arrive ? que ne suis-je ? que ne fais-je ?

Se tourmenter, se tordre les mains, se désespérer. Mais lui, mais elle ?

Le simple, c’est du passé, l’essentiel, c’est pour les cons. Je voudrais, non , je ne peux pas…je, lui, je, elle, je, nous, je, je.

L’enfer immaculé d’une mauvaise tragédie, à l’issue non fatale, tournant au vaudeville.

Mais l’AAAmour, ah ça….quelle infortune ! Mais non, horreur, je ne suis pas un animal lubrique, Stanley, je souffre aussi. Nous n’en doutons pas, si seulement tu pouvais éviter de réveiller tout le monde pour ça.

Je suis une grosse conne, car l’essentiel pour moi ne se dit pas, parce que compatir et écouter n’est pas asseoir l’autre dans une complaisance crasse lui donnant raison sur son malheur exclusif, parce que les autres m’intéressent tacitement sans que j’aille placarder dans la ville à quel point ils sont merveilleux. Soit.

Mais retenons donc la dernière phrase de « Eyes Wide Shut » après 2h d’yeux mouillés et de « ou cours-je ? » une seule réponse pour apaiser ces tourments immatériels, ces quevatonfaire ? :

« Fuck. »

C’est celui qui le dit qui l’est.

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Mardi 5 juin 2007

Si vous avez vu Zodiac au cinéma en ce moment, vous avez peut-être été piqué par la curiosité de voir également « The Most Dangerous Game », sorti en 32 et cité par le meurtrier du film de Fincher (pas mal d’ailleurs mais franchement, pas de quoi se relever la nuit).

Et bien vous en a pris. Vous pouvez.

 

Sorti pour la première fois en France sous le titre « La chasse du Comte Zaroff » ce n’est que par erreur qu’il fut mis au pluriel par la suite et que l’on s’en souviendra ainsi.

Il faudra bien saluer un jour la simplicité linéaire mais terriblement efficace des films de genre du début du siècle. La thèse est simple, l’homme est un loup pour l’homme, son prédateur le plus féroce, le plus acharné et de loin le plus cruel. Et plutôt que d’en arriver à cette même conclusion par des chemins de traverses tortueux, fumeux et prétentieux, on prend ici l’autoroute. Ce n’est pas subtil, c’est ce qu’on appelle les prémices du genre « survival » : tu es en danger immédiat, tu cours, tu réfléchiras ensuite. Si tu as de la chance et que tu t’en sors bien entendu.

Le comte Zaroff, excentrique russe vit reclus avec ses domestiques Tartares (très primaires, beaucoup de poils) dans une île improbable au cœur de laquelle il a construit un château non sans rappeler celui du Comte Dracula dans les Carpates (ces deux là  sont potes, c’est presque sûr). Le comte est brillant (il joue du piano sans regarder ses mains), charmant (il faut bien reconnaître à Leslie Banks un talent expressionniste particulier, à défaut d’un jeu subtil) et il a un passe-temps favori : la chasse à l’homme.

Les règles sont simples : il déplace les balises de passage au large de l’île pour faire naufrager des bateaux, accueille les survivants, les nourrit (il faut qu’ils soient en parfaite forme) puis les lâche dans la jungle à minuit afin de les traquer (à l’arc le plus souvent). Si à 4h ils sont encore vivants, ils ont gagné le droit de repartir sur le continent. Le comte n’a jamais perdu à ce jour.

Et puis arrive Ray, fraîchement naufragé et seul survivant cette fois. L’hôte est un peu déçu mais pas pour longtemps : Ray est un aventurier chasseur mondialement reconnu. Enfin, le comte, mégalomane évidemment,  va se réjouir de trouver adversaire à sa taille….

  

 

Tourné dans les décors du King Kong qui sortira lui l’année d’après (d’ailleurs Fay Wray, « that delicate satin draped frame » joue également la jeune femme en détresse dans le film), le terrain de chasse est planté dans cette jungle luxuriante et sombre (tourné pratiquement uniquement de nuit), sublime mais hostile.

L’ouverture du film n’est rien de moins qu’un naufrage, ce qui pose étonnamment les bases du genre « catastrophe » et implique une construction pertinente : de la catastrophe globale au duel que faut-il finalement redouter le plus ? Cruauté fine, surcharge baroque très utile car finalement rien ne permet à un homme ayant survécu à l’insurmontable de s’estimer à  l’abri d’une mort que lui donnera plus sûrement encore un de ses semblables que des éléments qui eux, loin de s’acharner absurdement, se fichent bien d’achever le travail. Un bon film de paranoïaques, à la gloire du plus fort de l’espèce, comme on sait que les américains les affectionnent particulièrement. Mais sont-ils honnêtement les seuls à jubiler ?

 

 

« Les Chasses du Comte Zaroff », un film de E.B. Shoedsack et I. Pichel, 1932, 85 min, avec Leslie Banks, Fay Wray, Joel Mc Crea.
par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Samedi 2 juin 2007

Une morale de l’engagement 

 

« Pour le reste, il y a concrètement des réveils, des écriteaux, des feuilles d’impôts, des agents de police, autant de garde-fous contre l’angoisse. Mais dès que l’entreprise s’éloigne de moi, dès que je suis renvoyé à moi-même parce que je dois m’attendre dans l’avenir, je me découvre tout à coup comme celui qui donne sens au réveil, celui qui s’interdit, à partir d’un écriteau, de marcher sur une plate-bande ou sur une pelouse, celui qui prête son urgence à l’ordre du chef, celui qui décide de l’intérêt du livre qu’il écrit, celui qui fait, enfin, que des valeurs existent pour déterminer son action par leurs exigences. J’émerge seul et dans l’angoisse en face du projet unique et premier qui constitue mon être, toutes les barrières, tous les garde-fous s’écroulent, néantisés par la conscience de ma liberté : je n’ai ni ne puis avoir recours à aucune valeur contre le fait que c’est moi qui maintiens à l’être les valeurs ; rien ne peut m’assurer contre moi-même, coupé du monde et de mon essence par ce néant que je suis, j’ai à réaliser le sens du monde et de mon essence : j’en décide, seul, injustifiable et sans excuse. » 

 

Sartre, L’Etre et le Néant, Gallimard, 1943   

 

La violence des désirs

 

« Mais enfin, demanda-t-il, quels sont ces désirs dont tu parles ?

Ceux qui s’éveillent pendant le sommeil, répondis-je, quand la partie de l’âme qui est raisonnable, douce et faite pour commander l’autre est endormie, et que la partie bestiale et sauvage, gorgée d’aliments ou de boissons se démène et, repoussant le sommeil, cherche à se donner carrière et à satisfaire ses appétits. Tu sais qu’en cet état elle ose tout, comme si elle était détachée et débarrassée de toute pudeur et de toute raison ; elle n’hésite pas à essayer en pensée de violer sa mère ou tout autre, quel qu’il soit, homme , dieu, animal ; il n’est ni meurtre dont elle ne se souille, ni aliment dont elle s’abstienne ; bref, il n’est pas de folie ni d’impudeur qu’elle s’interdise.

[…] Il y a dans chacun de nous une espèce de désirs terribles, sauvages, sans frein, qu’on trouve même dans le petit nombre de gens qui paraissent être tout à fait réglés, et c’est ce que les songes mettent en évidence. »

 

Platon, La République, les Belles Lettres, 1948

 

Comprendre

 

«  Toute science de l’esprit […] présuppose une capacité primordiale, celle de se transposer dans la vie psychique d’autrui. Dans la connaissance naturelle, en effet, l’homme n’atteint que des phénomènes distincts de lui dont la choséité fondamentale lui échappe. Dans l’ordre humain, au contraire, l’homme connaît l’homme ; aussi étranger que l’autre homme nous soit, il n’est pas un étranger au sens où la chose physique inconnaissable peut l’être. La différence de statut entre la chose naturelle et l’esprit commande donc la différence de statut entre expliquer et comprendre. L’homme n’est pas radicalement un étranger pour l’homme, parce qu’il donne des signes de sa propre existence. Comprendre ces signes, c’est comprendre l’homme. »

 

Paul Ricoeur, Du texte à l’action, Seuil, 1986
par Velma Egan publié dans : QG du QI communauté : Les gros dossiers
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Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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