Dimanche 18 juin 2006

... de préparer activement la mise à l'eau, la rencontre fortuite de l'animal-machine, répondre aux sirènes, se noyer, revenir.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Mercredi 7 juin 2006

Gros coup de coeur que ce webdocumentaire :

http://www.lacitedesmortes.net

Extrait de la présentation :

Ciudad Juárez, la ville qui tue les femmes

 

Près de 400 femmes assassinées, la plupart dans des conditions particulièrement attroces, et 500 disparues, à Ciudad Juárez depuis 1993. Les chiffres varient selon les interlocuteurs : police locale ou nationale, familles des victimes, juges, avocats ou experts. Une seule certitude: c´est le fait divers le plus sanglant de l´histoire récente et le scandale judiciaire le plus étonnant.

Car dix ans après le meurtre de la première victime, retrouvée nue dans le désert qui sépare les États-Unis du Mexique, les autorités ne peuvent toujours pas désigner les responsables du massacre ni donner une explication convainvante à la tragédie.

Présentés à l´opinion publique comme les principaux responsables de la tuerie, 18 suspects ont été arrêtés et une dizaine condamnés. Les assassinats ont pourtant repris de plus belle après leur détention. Depuis le début de l’année 2005, quatre nouveaux féminicides se sont produits.

La "Cité des mortes", la quatrième ville du pays, se situe sur la frontière avec les Etats-Unis, en face de sa jumelle américaine d’El Paso. Elle compte 1,5 millions d’habitants. Une ville hors normes : elle est le bastion de l’un des plus importants cartels de la drogue d´Amérique latine et l’un des points frontaliers les plus transités de la planète. Chaque année, 55 millions de personnes, de voitures et de camions passent la « Línea » qui sépare le Mexique du Texas et Ciudad Juarez d’El Paso. Environ 150 000 par jour. Un trafic quasi impossible à contrôler.

300 tonnes de cocaïne colombienne environ pénètrent chaque année aux États-Unis. Le tiers passerait par ici. La présence des narcos est palpable dans la ville. Villas millionnaires retranchées dans de nouveaux quartiers résidentiels, discothèques rappelant les grandes années de la narco-architecture à Medellín où la dope circule librement, centres de paris sportifs servant au blanchiment d’argent, 4x4 aux vitres fumées et sans plaques d’immatriculation, ...Et, partout, des hommes armés.

Ciudad Juárez héberge en outre des centaines de milliers de travailleurs employés dans 250 maquiladoras, installées aux limites du désert. Ces usines d’assemblage délocalisées nord-américaines, asiatiques et européennes appartiennent à Ford, Chrysler, Thomson, General Electric, Siemens ou Electrolux. L’installation en masse de ces entreprises étrangères au début des années 90 (elles ont réalisé un chiffre d’affaires de 60 milliards de dollars en 2001) l’a transformé en un pôle industriel et commercial important. Conséquence immédiate : une arrivée massive de travailleurs, attirés par la possibilité de trouver un emploi, même si celui-ci est mal rémunéré (environ 6 dollars par jour).

80 % de la population de la ville vient de l´intérieur du Mexique. La majorité de ces migrants sont des femmes, jeunes, peu spécialisées, corvéables à merci. Métisses pour la plupart, mais aussi indiennes, originaires des états réservoirs de chômage du sud du pays: Oaxaca, Guerrero, Michoacan, entassés dans les bidonvilles qui cernent la ville, le plus souvent collés à la frontière américaine.

Les auteurs des crimes de Juárez sont sans doute multiples et présentent à l’évidence des profils différents, qui rendent compte de la profonde complexité et perversité de la ville. Les meurtres n’ont pu se multiplier qu’en raison de l’impunité qui règne ici.

Le principal suspect dans l’affaire reste peut-être la ville elle-même.

par Velma Egan publié dans : QG du QI
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Jeudi 1 juin 2006
Extrait du court-métrage "VITRIOL", en cours d'espoir d'autoproduction un jour peut-être ;-)
Droits réservés.
Velma Egan 2003
***
Matinée, ciel dégagé, délavé, brise légère.
 
Une fleur rouge, dressée dans le sable, se balance doucement. Le para est à plat ventre devant et l’observe en souriant, l’air vainqueur. Les autres soldats dorment, sauf le vigile, toujours à la même place, face à la mer. Le soldat gauche tient entre ses bras la tête ballante du soldat mourrant. Le para se lève, saisit une gourde à côté de lui, et va la jeter aux pieds du soldat gauche qui se réveille péniblement.
 
Le para : Faudra retourner chercher de l’eau…
 
Le soldat gauche regarde le soldat mourrant, essaye de le secouer, s’aperçoit qu’il est mort, se dégage dans un mouvement de panique et va se terrer plus loin, la tête entre les jambes.
La para se saisit alors du mort par les épaules, le dresse debout devant lui, à bout de bras, et le regarde avec fascination et amusement. Puis il le laisse tomber et va cueillir la fleur.
La radio commence à grésiller, soudain un message parvient plus ou moins clairement, en boucle, une voix inquiétante, très années 50 «  Il va falloir penser à disparaître, il va falloir penser à disparaître… » . Le soldat-radio tend le bras et tape dessus. Elle s’éteint. Il se rendort, sans se préoccuper du reste.
Le para s’approche du vigile, la fleur entre les dents et vient se camper près de lui, les mains dans les poches, nerveux mais sauvant la face. Le vigile ne tourne même pas la tête, comme hypnotisé par les flots.
 
Le para : Qu’est-ce que tu guettes ?
 
Le vigile : J’essaye de la retenir…Elle va nous décimer, progressivement, elle va creuser des galeries dans nos cerveaux comme des millions de vers en route vers notre substance, elle va nous liquéfier. Et rien ne restera. Aucune matière insécable. Il n’y a rien d’essentiel dans l’Homme, pourtant il s’obstine à lutter.
 
Le para, impressionné marque un temps puis : On peut pourtant se reproduire à l’infini, c’est la clé…se reproduire…
 
Le vigile se retourne, troublé : Il faudra bien pourtant commencer à penser à disparaître complètement.
 
La radio recommence à émettre, faiblement, puis clairement, un message parvient, une voix paniquée au milieu d’un brouhaha incompréhensible, tous se rapprochent progressivement du poste au fur et à mesure : «  …c’est atroce…il n’en reste aucun, on attend tous les groupuscules qui doivent encore débarquer, mais on risque de ne pas pouvoir compter sur eux, trop faibles en nombre…ça risque de prendre du temps…et, oh…c’est impitoyable, peut-être que c’est à cet instant précis que vient de mourir la notion d’espoir…vivre…sans avenir…vivre sans vie…survivre un peu plus avant la fin… » Le message se coupe. Une musique vient détoner sur une autre onde. Les soldats se regardent, désabusés.
 
L’éclaireur : J’y retourne, peut-être…
 
Le soldat-radio : Peut-être quoi ?!!
 
L’éclaireur : Peut-être une chance, avec de l’eau…
 
La musique, entêtante, tonitruante, amplifie le malaise, la nausée qui monte.
 
Le vigile vérifiant les gourdes : Elles étaient pleines hier.
 
Il semble comprendre, se retourne vers le para qui regarde sa fleur avec un sourire particuliers, mêlé de provocation et de peur.
 
 
par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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