Mardi 23 mai 2006

Voilà, c'est fait.

http://myspace.com/velmaegan

;-)

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Dimanche 14 mai 2006

 

Il va bien falloir s’y mettre, un jour, à cette vie réelle, car elle ne va pas nous faire la grâce de nous épargner.

Il va falloir retourner faire claquer les clés contre la porte en bois, sentir l’odeur d’une moquette murale sans âge, allumer un ordinateur lourd et passif, s’asseoir, et recommencer une fonction sociale qui ne nous définit plus.

Il va falloir retourner aux aliments déshydratés, à une soif saine, à pédaler sur un vélo sans roue qui ne mène nulle part, et transpirer sa tristesse d’habiter un corps massif quand l’âme voudrait s’envoler, papillonner, rebondir.

Il va falloir cesser de voir les amis de la nuit, dont la lumière nous éclabousse au visage, mais sur lesquels il faut sans cesse refermer la porte pour pouvoir dormir, nous qui tenons tant à ce sommeil réparateur d’une vie réduite.

Il va falloir rire moins fort, et marcher plus vite.

Il va falloir envisager sérieusement cet enfant, tant que notre inconscience juvénile peut encore nous servir d’excuse, et nous fournir l’énergie qu’il faut pour essayer d’y croire encore un peu.

Il va falloir cesser les battements de cœur incongrus et incompatibles, pour ne pas l’user et éviter les risques cliniques.

Il va falloir retrouver le vide d’un ventre affamé de merveilles, et fermer les yeux sur les diamants trop bruts.

Il va falloir retrouver les pôles les plus fréquentés  pour se fondre dans la masse et ne pas trop souffrir : manger raisonnablement, ne plus boire, arrêter d’aimer trop, dormir aux heures indiquées et espérer qu’au moins, au bout de cette pénitence forcée et gratuite, nous découvrirons la clé du mystère des pyramides.

 

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Mercredi 10 mai 2006

Traduction personnelle et contestable de :

RIGHT WERE IT BELONGS / NINE INCH NAILS

Regarde l’animal dans cette cage que tu as construite

Es-tu sûr d’être du bon côté ?

Il vaut mieux ne pas le regarder de trop près dans les yeux

Es-tu sûr d’être du bon côté du miroir ?

Regarde la sécurité de la vie que tu as bâti

Tout est à sa place

Ressens le vide sans fond dans ton cœur

Et tout est

A sa juste place

Et si tout autour de toi

N’était pas si paisible que cela en a l’air ?

Et si le monde que tu penses connaître

N’était qu’un rêve élaboré?

Et si tu regardes ton reflet

Est-ce seulement cela que tu veux qu’il soit ?

Et si tu regardes à travers les fractures

Te surprends tu

Effrayé par ce que tu vois ?

Et si ce monde à l’intérieur de ton crâne

N’était qu’une de tes créations ?

Tes démons et tes dieux

Tout les vivants et les morts

Et que tu sois vraiment tout seul ?

Tu peux vivre avec cette illusion

Tu peux choisir de croire

Tu continues de chercher mais tu ne trouves pas les bois

Alors que tu es caché dans les arbres

Et si tout autour de toi

N’était pas si paisible que cela en a l’air ?

Et si le monde que tu penses connaître

N’était qu’un rêve élaboré

Et si tu regardes ton reflet

Est-ce seulement cela que tu veux qu’il soit ?

Et si tu regardes à travers les fractures

Te surprends tu

 Effrayé par ce que tu vois?  

 

 

 

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Mardi 9 mai 2006

La musique c'est l'air, sans doute. L'eau. L'envie.

Mes musiques à moi, digérées assez impeccablement pour intégrer mon organisme, sont mes plus solides fondements, c'est dire....reprendre au départ n'est pas aisé. Etait-ce Carmen de Bizet comme s'en souvient ma mère. Fut-ce l'éclair fulgurant de la "Medellia of the gray skies" de mes 16 ans..."Le Requiem de Mozart" quand il a fallu grandir, je ne saurais trop dire.

Depuis j'ai des pôles étranges qui se déchirent ma direction, je n'en suis aucun exclusivement, je me nourris, je sourie, je remercie. Régulièrement.

Vous allez voir passer Renaud, David Bowie, Prokofiev, Nine Inch Nails ou Mylène Farmer.

Jugez. Peu m'importe.

Quand j'écoute mes complices de vibrations, au chaud dans mes oreilles, des passages piétons vers la lumière s'ouvrent sur les autoroutes dangereuses et rapides.

Rien d'autre n'a vraiment d'importance...

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Lundi 8 mai 2006

Une chambre blanche sans clichés, un film - manifeste pour l'être humain oublié, pour la considération de celui qui vit sans les yeux des autres, et ne peut donc vérifier son sourire.

Sy Parrish est seul. 

 Seul au milieu de ce grand magasin aseptisé et inhumain, seul face aux photos de famille qu'il développe tous les jours pour des clients comblés, seul dans cet appartement qu'il tapisse de ces photos pour s'inventer son cadre à lui, seul  et désarmé face à la méchanceté ambiante dont il fait les frais au travail, seul au monde.

Sa souffrance, sa fracture explose au visage tel le flash qui arrête le temps des autres pour le remettre entre les mains de cet agent de laboratoire minutieux et passionné. 

Alors Sy s'est inventé une famille de procuration, les Yorkin, dont il s'occupe des tirages depuis des années. Il a ainsi vu naître et grandir Jake, le petit garçon qui a maintenant neuf ans, prête une attention toute spéciale à ce cocon dont il se sent le gentil tonton qui ferait des cadeaux et regarderait le foot sur le canapé.  

Mais Will Yorkin, le père de cette famille parfaite en apparence, se révèle être d'une déception sans commune mesure pour ce Sy qui n'a jamais connu la douceur d'un foyer, lorsque certains clichés déposés au magasin dévoilent un beau jour son infidélité.

 

La dernière goutte d'un grand vase trop plein de rien tombe avec fracas, aspergeant violemment ces murs blancs, ces machines froides, ces joues livides, fondues dans leur environnement.

Sy, Evangelion d'un jour, décide de partir en croisade, seul contre l'immoralité.  

 

Mark Romanek, réalisateur de clips émérite (à son actif, certaines pièces de maître pour Bowie, Madonna, Kravitz, Mickaël Jackson ou encore Nine Inch Nails) signe le scénario et la direction de ce premier film troublant, rappelant à plus d'une reprise, si l'on ose cette comparaison, l'univers de Kubrick. L'homme y est réduit à sa plus petite taille dans des décors trop géométriques, trop froids, trop propres pour le laisser respirer, il est seul et incompris face à une conspiration impalpable dont il serait la proie, il ne peut plus voir autrement que par la petite fenêtre de son négatif déformant, des gens, des émotions, qui lui sont étrangers, par définition.

 

Le coeur gorgé de l'angoisse de Sy, hypnotisé par cet OVNI qu'on le force à suivre jusque dans les tréfonds de ses fantasmes et de ses rêves, tour à tour compatissant et en rejet, le spectateur entre dans le malaise de ne pouvoir choisir son camp.

Et c'est bien là, en dehors d'un sujet brillamment mené et d'acteurs jetés dans l'arène sans complaisance, le coup de génie de ce film.  

 

Alors, coupable d'être seul ou seul donc pardonné ?

Mais, à l’instar d’un « Punch Drunk Love » à l’issue lumineuse, dont il serait le frère ennemi, « Photo Obsession » néon agonisant, pose surtout cette question cinglante : Combien de Sy Parrish, étouffés dans la solitude, ignorés et méprisés par leurs contemporains endormis dans autant de résidences impersonnelles, englués d’une générosité dont ils ne savent que faire se terrent dans cette société en attendant le soleil, sachant pertinemment qu’il ne viendra pas pour eux ? Et quelles sont leurs occupations en attendant un enterrement vide ?

"Photo Obsession" (One Hour Photo) de Mark Romanek, avec Robin Williams, Connie Nielsen et Mickaël Vartan, sortie en France en septembre 2002, disponible en DVD.

par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Vendredi 5 mai 2006

Extrait de "Zoo d'un coeur ouvert" - 2003/2005 - Velma E.

Mon cœur entier et solidaire, vivant et dur, cessa son battement le temps d’un battement d’œil, le sang stagna en attendant les ordres, mes oreilles refusèrent d’entendre le moindre son supplémentaire, aucune cellule en moi ne supporta plus, dans cet intervalle, le contact de ses voisines. Je fus multiple et divisée… dispersée et fragmentée. Une seule faille dans mon épiderme aurait provoqué mon déversement total, l’éclat du flacon, l’évaporation dans l’air de la dernière ivresse. Essayer de me contenir prit alors tout son sens.
 
Depuis trois ans, je me suis infiltrée parfaitement dans les rouages de la grande machine urbaine. J’ai perfectionné mon indifférence, mon empressement, mon irritabilité. J’ai appris à gagner du temps, à cordialement détester la foule, à me croire seule à connaître les rues dérobées et les boutiques sans nom. J’ai intégré le camouflage, glissé contre les murs, fondu dans la masse, passé les saisons, essuyé la poussière. J’ai survécu à la maladie longue et cruelle de celui à qui il n’arrive rien de notable et dont je m’étais moi même inoculé le bacille.
Seulement voilà, il arrive qu’on guérisse contre son gré. Et mon jour, apparemment, était arrivé.
 
- Paul est mort. Il y a trois semaines. On n’a pas retrouvé nos coordonnées assez tôt pour l’enterrement. Viens quand tu veux. C’est une façon brutale de te l’apprendre mais il n’y en a pas de douces. J’ai tout essayé.
 
« Mais putain de merde c’est quand même incroyable que je ne me sois doutée de rien », fut tout ce qui me vint à l’esprit.
 
 
Le soleil, blanc, traversait la chape sombre des nuages de part en part, comme au travers d’un tamis. Des colonnes verticales frappaient la terre distinctement, comme autant de néons décrochés du plafond et pendant, lamentablement. D’où j’étais, c’était une vision oppressante, je voyais sur ces champs mouillés se déployer une araignée de lumière et juste sous son abdomen le village se cachait, épargné des rayons, dans une obscurité chaude, et rassurante. Dans ce village désert, étalonné de kaki, entre les pierres non disciplinées et la garrigue bruissante, je me dirigeais dans un état second vers une maison familière sans l’être.
Paul était mort, bon Dieu, qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ?
Après trois ans de silence, il était mort nom de dieu, et alors ? Comment cela avait-il pu rouvrir si brutalement les brèches pourtant si fortement colmatées par ces ciments à toute épreuve : la distance et le temps ?
Cette fois-ci, la fenêtre avait été trop haute. A l’écoute de la nouvelle, touchée par l’anxiété de ma mère craignant à juste titre de m’infliger ce coup de pelle, celui qui déplacerait pour toujours mes vertèbres, me laisserait pantelante et inerte, déformée par le choc sans vraiment pouvoir ni vivre ni mourir, j’étais restée calme, pour éviter les médicaments. Juste se taire, et encaisser. Juste plonger dans les pupilles déjà trop affectées, en face. Comprendre immédiatement que ce drame ne doit pas m’ appartenir, à moi, sortie du tableau avant qu’il ne s’écrase. Comprendre soudain qu’après tous ces ongles cassés, il était là, le juste drame, terrible et flamboyant. Qu’à force d’avoir crié au loup en voyant le chiot, il était venu me dévorer, ce loup. Je n’eus soudain plus que la force de juste sourire à l’infortune, monstrueusement rassurée d’avoir enfin un chagrin digne. Je récupérais mon désespoir en plein vol, le coup de batte propulsant ma balle en pleine chute encore plus loin, encore plus haut, encore plus fort dans la tourmente. Puis j’attendis dans une prostration étrange que quelque chose me semble évident, un mouvement, une action, une envie. J’attendis longtemps je crois, incapable de décrocher mes mains crispées l’une dans l’autre, fixant le crépi du mur quand le sommeil pourtant meilleur allié ne voulait plus de moi pour quelques heures. Je ne rêvais à rien, je ne pensais à rien. Je n’étais moi même plus vraiment définie, et comme dans l’impossibilité de me réincorporer.
Je n’avais tout simplement pas pensé à cela. Je ne m’étais tout simplement pas entraînée au deuil. L’improvisation fut totale, et complètement improductive. Informelle. Pas un cri ni une larme pour venir étayer la thèse. Je chantais des journées entières et riait beaucoup en compagnie pour essayer de liquéfier le béton armé qui se formait heure après heure contre ma poitrine, seul rempart qui m’évitait l’émiettement, j’avais perdu tous mes repères, et ne me sentais plus d’extrémités. Tout est question d’habitude. Il allait falloir prendre celle de ne pas comprendre pourquoi la légèreté m’avait expulsé si violemment de ses rangs. Oui, il allait apparemment falloir s’habituer. Cela aurait pu être pire. J’aurais pu me sentir coupable.
par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Jeudi 4 mai 2006
Extrait du « Courrier International », semaine du 27 avril au 03 mai 2006
 
   La sécheresse frappe l’ensemble de l’Afrique de l’Est. En Somalie, où règnent l’anarchie et la pénurie, elle tue plus qu’ailleurs, car les puits sont devenus une manne pour les seigneurs de la guerre.
 

DE RABDURRE (SOMALIE)

Les villageois l’appellent « la guerre des puits ». Pendant deux ans, ici, dans cette bourgade commerçante, poussiéreuse, touchée de plein fouet par la sécheresse, des clans se sont livrés une bataille sans merci pour le contrôle d’une source. Quand l’affrontement a pris fin, il avait fait 250 morts.[…]

Un enfant en pleurs accroché dans son dos, neuf autres tirant sur sa robe déchiquetée, une femme de 35 ans se souvient de ce jour de l’an dernier où son mari est parti chercher de l’eau. Deux jours plus tard, il était retrouvé mort ; abattu quand la foule en colère a commencé de se battre pour le puits. « Son corps était là, étendu par terre, couvert de sang, tuméfié, abandonné sans honneur avec les autres morts. Quelle honte ! Nous n’avions jamais vu un conflit atteindre ce degré de violence », raconte-t-elle en se protégeant les yeux du nuage de poussière qui tourbillonne dans la chaleur sous un ciel bleu. « La soif pousse les hommes à toute cette horreur ».

 

En Somalie, un puits est devenu un bien aussi précieux qu’une banque, un bien contrôlé par des seigneurs de la guerre, gardé par des hommes armés. Après trois ans de sécheresse ininterrompue, on est prêt à se battre pour l’eau et à mourir pour elle. […]

« Même quand la population locale est solidaire et organise des systèmes pour pomper l’eau, les seigneurs de la guerre mettent le main dessus. Un nombre incalculable de gens boivent une eau totalement insalubre, pleine de vers, de saletés, et qui les rend malades », témoigne Abdul Rashid, un infirmier somalien qui travaille à Rabdure pour une organisation humanitaire. « Tout se passe comme si c’était le début des guerres de l’eau en Somalie ». […]

« Quelqu’un qui a soif est capable de vous tuer pour un verre d’eau. Aucun policier ne viendra et aucun gouvernement ne dira quoi que ce soit. Ailleurs, ils détrousseraient peut-être le chauffeur, ou voleraient la nourriture pour la revendre,  mais ici, ils veulent aussi l’eau. »[…]

Après la mort de son mari, au cours de la guerre du puits de Rabdurre, Isha Aden Hussein, 38 ans, a marché plus de 160 kilomètres pour rejoindre Waajid. Hier, elle et son époux possédaient une ferme et des cases spacieuses pour leurs dix enfants. Aujourd’hui, elle vit dans un abri fait de torchons huileux. Une « vie misérable » dit-elle. Alors, Isha n’espère plus qu’une chose : survivre à la sécheresse. Le matin et le soir, à la fraîche, elle rassemble du petit bois qu’elle essaye de vendre. Mais elle passe l’essentiel de le journée, quand la température monte jusqu’à 45°C, sous sa tente de fortune. « Je reste assise à l’intérieur. Je prie Dieu et j’attends mon salut. Au paradis, je me protègerai du soleil à l’ombre d’un manguier. Je serai grosse. Mes enfants auront de beaux uniformes pour aller à l’école. Ils me liront de jolies histoires. Et, surtout, ils n’auront pas soif. Nos bouches ne seront jamais sèches. Nous boirons en paix. »

 

Emily Wax et Robert Thomason, « The Washington Post »

 

 

Plus dramatique que le tsunami

 

 

 

Onze millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence en Afrique de l’Est.[…] L’ONG britannique Oxfam vient de lancer le plus important appel aux dons de son histoire, demandant 35 millions de dollars pour venir en aide aux victimes : « Cette crise reçoit moins d’attention que le tsunami, explique la directrice de l’ONG, Barbara Stocking. Mais les personnes menacées sont plus nombreuses. »

 

 

 

Y aurait-il besoin de commentaires ?……………
par Velma Egan publié dans : Press Control
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Mercredi 3 mai 2006
Ou le complexe de l’homme payé
(manquait plus que ça encore)
 
N’est-ce pas absolument paradoxal, alors que dans la rue on ramasse encore les derniers tracts anti CPE laissés derrière par une foule soudée et cohérente à laquelle on croit appartenir, de maudire Mr Villepin de n’avoir instauré que trop tard son contrat kleenex, le CDI me protégeant trop bien, contre mon gré, d’un licenciement que je m’abîme la santé, ce qu’il en reste du moins, à obtenir ? N’est –ce pas d’une absurdité consternante de hurler « Virez-moi » en contre temps des « Embauchez-nous » ? N’est –ce pas terrifiant au final, d’en arriver là ? Non. Car j’aurais pu me taire, et avaler comme tout le monde le galet avec une goutte d’eau. C’est un fait.
Je travaille depuis deux ans pour le plus grand groupe autoproclamé de communication du monde, fusion d’un serveur d’ADSL et d’une entreprise de grande distribution de films, activité mal connue, une poignée seulement de « privilégiés » l’exerçant en France, et dont, Alléluia, je fais partie.
Travailler pour le cinéma, surtout sous une enseigne de prestige, quel rêve. Et puis quel salaire ! Sans compter les multiples avantages : ne plus payer le cinéma à une époque où il faut débourser une moyenne nationale de 8€ pour chaque séance, de splendides tee-shirts et objets dérivés à offrir à la famille à Noël, des tickets restaurants (incroyable), apercevoir parfois « en vrai » nos VIP, fierté nationale quoique complexée encore et toujours par l’ombre US que l’on se doit de servir pieds et poings liés. Et puis quel salaire ! Des horaires de bureau, jamais de routine chaque film étant différent du précédent. Et puis quel salaire !
Bienvenue dans l’Empire, prière de déposer votre cerveau, vos idées personnelles, votre dignité d’homme debout et surtout, votre amour intrinsèque du cinéma comme art. Il n’en est point question ici.
Bienvenue au Paradis, Dieu, son saint patron toujours autoproclamé, d’ailleurs, sera bienveillant avec toi si tu fais sa sale besogne sans trop broncher. Mais tu seras foudroyé si tu butes sur une des phrases de sa Bible dans ton psaume malhabile de non-croyant bien caché.
Bienvenue dans l’Enfer de Sartre : enfermée toute la longue journée entre quatre murs en huis-clos féroce avec une collègue étroite et aigrie, dans un bras de fer quotidien épuisant pour surmonter les humiliations, la surcharge de travail exténuante, et pour retenir ses dernières neurones devant l’ordinateur-machine qu’il convient de nourrir toujours plus, de toujours plus de tâches abrutissantes.
Bienvenue dans l’usine dorée. La mine de diamant. Une autre idée du travail à la chaîne d’argent dans l’industrie d’un autre luxe, si particulier : le star-system. Pardon : le vedettariat.
Vous ne pourrez bientôt plus sortir.
J’ai signé sans savoir que j’entamais le supplice de Sisyphe. Le rocher toujours plus lourd, toujours plus épuisant à charrier, retombe sans cesse de l’autre côté, pour ce qui est de l’absence de routine, voilà à quoi elle s’apparente.
J’ai signé sans savoir que j’entamais le supplice de Tantale. J’allais travailler pour mettre à l’honneur les artistes, les icônes, j’allais toucher du doigt ce monde brillant, mais il ne me restait que du sable froid dans les mains quand je croyais être de la partie. Ecartées, oubliées les fourmis de Province, trop loin de la Reine-Mère pour exister à ses yeux.
J’ai signé sans savoir quel mépris, quelle bêtise crasse, quels procédés vils de chantage, de menaces, de vente forcée sur les petits exploitants, et quelle hypocrisie mielleuse et dégoulinante il allait falloir développer avec les plus grands, pour qu’enfin fleurissent sur les écrans nationaux ces fameux films, lesquels et sans aucun discernement artistique ou de volonté du public, il allait falloir écraser sur ceux du concurrent, quitte à stranguler encore un peu plus la bonne volonté des petites salles incapables à long terme de ménager la chèvre et le choux, et à prendre le public en otage en lui faisant croire que ce dont il s’abreuve régulièrement en soupirant est la seule offre disponible sur le marché, la plupart du temps, avouons-le, navrante.
Il sort une moyenne de 600 films par an. Comptez ceux que vous voyez. Regardez attentivement le distributeur s’afficher dans les premiers plans, est-ce un lion, un coq, des initiales mythiques, un cheval ailé ? Regardez-bien, vous nous y trouverez obligatoirement. Parce que nous sommes les plus forts. Et quel salaire !
J’ai signé sans savoir que suer sang et eau ne serait pas suffisant, bien entendu en toute propreté afin que cela ne s’apparente aucunement à la vulgarité d’une France moyenne qui transpirerait pour gagner son pain(«  Allons, de la tenue, vous êtes dans la haute tout de même. »), que supporter les atteintes quotidiennes à la dignité ( le piège de la multinationale familiale, trop peu pour ne pas se connaître ce qui aurait été un moindre mal, la paix, déjà, pour commencer, mais trop pour être considéré, chacun travaillant pour lui même, et celui d’au-dessus, et pas pour derrière ou plus bas, allons donc, mais pourquoi faire ?), que me taire pour les obliger, eux gentils patrons qui m’ont accordé l’extrême honneur de pouvoir espérer le panthéon des éternels (en rêve bien entendu), que tout ceci donc, ne serait pas suffisant pour être respectée.
J’ai signé. Et pour quel salaire ! 2000€ brut par mois à 25 ans, forcément, cela endormirait les velléités les plus tenaces. Le montant à quelques euros près des notes de frais du DG (comprendre Directeur Général). Pour la quasi responsabilité de 13 régions de France et autant de salles de cinéma qu’elles contiennent. Mirobolant, quand on a une équipe vente de trente personnes au national et que je (pardon nous, c’est toujours « nous » quand c’est bien, « moi » quand il y a un problème) fais (faisons) parfois rentrer plus de 45 000€ en une journée. Par personne, j’entends.
J’ai signé, maintenant et depuis longtemps je sais. Et il est temps que la mascarade grotesque touche à sa fin. Je suis arrêtée depuis fin mars pour choc dépressif émotionnel (comprendre  « Contrat de Nouvelle Dépressive »  c’est votre premier, cela peut prendre 2 mois comme 2 ans et souvent, ils s’enchaînent avant la bonne vieille dépression nationale du travailleur à long terme), je suis abattue de médicaments aux noms d’oiseaux paradisiaques, je fais des colites de stress érosives (ou devrais-je dire de stress érosif), je n’ai absolument aucune idée de la façon dont je vais rebondir, ni dans quel domaine. Après avoir maintes fois voulu entamer un dialogue constructif pour sortir de l’impasse du surmenage, de la non définition contractuelle du poste, extensible à l’infini donc, du manque d’effectif, du harcèlement moral pratiqué sans pudeur ni honte, j’ai enfin reçu une lettre.
«  Nous sommes disposés à faire un effort de conciliation : nous acceptons votre démission de suite. »
Evidemment, suis-je sotte, j’ai brisé l’omerta et demande au parrain son pardon et son aide. Que pouvais-je espérer ?
Evidemment, je n’aurais jamais du les traiter en égal, folle que je suis, je n’étais pas leur égale, même pas leur moitié. J’aurais du continuer la déférence et les médicaments, le baise-main et la peur au ventre. Ne jamais leur mentionner le moindre problème. Et d’ailleurs lequel ?
Le Paradis appartient aux imbéciles. Ma faute fut de croire que ma dignité et ma santé mentale et physique valaient la peine de tous les combats. Pêché d’orgueil.
Mais je serais bien punie, rassurez-vous, d’avoir sabordé un CDI aussi grassement payé dans un domaine élitiste : je rejoindrais à présent la plèbe et pointerai sous d’autres initiales. Pour autant que ma rupture de contrat me le permette, ce qui est plus qu’incertain à cette date. Et je pourrais transpirer tranquillement et en pleine béatitude d’être restée, comment dit-on ?
Digne, c’est ça.
Cela m’apprendra.
par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Mardi 2 mai 2006
Pour une érotique solaire
De Michel Onfray
 
 
4ème de couverture, extraits :
 
« Contre le modèle chrétien qui préside toujours à la définition de la relation entre les sexes, Michel Onfray propose une relecture des philosophes matérialistes et sensualistes de l’antiquité gréco-romaine. […] Il oppose l’idéal ascétique pythagoricien […] à l’idéal hédoniste cyrénaïque, cynique, épicurien, qui invente la liberté amoureuse, la chair sans culpabilité, le célibat joyeux et l’égalité libertine des hommes et des femmes. Contre la vie mutilée, ce livre invente une érotique solaire entièrement indexée sur ses pulsions de vie et refuse radicalement les pulsions de mort […]. »
 
A la bonne heure. Il serait temps.
Une lecture rafraîchissante puisque mettant une nouvelle fessée aux idées reçues, avec impertinence, brio et brillance.
En attendant, c’est comme saluer la bravoure de l’engagement politique extrême, et son lot de mise en danger personnelle, de marginalisation. C’est admirable, chez les autres.
Je ne vous montre pas du doigt vous qui gardez vos culottes pour dormir, ou qui les déchirez dans des orgies sans fin. Faites donc bien ce que vous voulez !
C’est une question délicate, elle méritait d’être traitée de cette façon, à mon humble goût.
 
J’aime ce genre de contrechamps. Surtout quand le champ est réduit.
 
Extrait du sommaire :
 
«  Haine de Platon pour Démocrite. Fracture entre idéalistes et matérialistes. Versions du matérialisme. Désacraliser, démystifier. Le désir comme énergie atomique. Physiologie et anatomie. Théorie des forces contre mythologie des formes. Le modèle solipsiste onaniste. Aphrodite hydraulique et logique séminale. Excellence de tous les plaisirs. Le désir, par-delà le bien et le mal. Le poisson masturbateur. Bestiaire cynique. Logique de la décharge. Purgation et catharsis. Matérialisme hédoniste cynique. Besoin d’éjaculer. Désir matériel et atomique. Plaisir solitaire et solipsiste. Le désir comme excès qui vise le débordement. Laïciser la chair, désacraliser les corps. Atomisme et liberté. Diététique des passions. La puissance animale en l’homme. Simulacres et âme atomique. Le désir, perturbation de la matière. Le plaisir, restauration de l’équilibre. Diététique épicurienne des désirs. Evitements, satisfactions. Lucrèce et l’invention du libertinage. Pure volupté et physiologie des passions. Solitude existentielle, ontologie égalitaire. Universalité, entropie du désir. Avantages de l’amour sans les inconvénients. Inconstance amoureuse et constance du sage. » - chap 2 de la 1ère partie
 
A recopier 30 fois.

Michel Onfray, s’il marchait sur l’eau et rompait le pain, j’accepterai de croire en Dieu.

  

par Velma Egan publié dans : QG du QI
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Lundi 1 mai 2006
 
J’ai recompté les poings levés, caressé l’espoir.
Dans les ténèbres calculées, en attendant ma nuit, j’ai cherché la sortie.
J’ai prié pour dormir, souri pour sourire.
Je n’ai rien trouvé des miracles promis entre deux impatientes lectures.
Concentrée sur mon ventre, j’ai entamé la soie, tissé deux rêves entre d’improbables doigts.
Je n’ai rien retenu des paroles en boucle.
J’ai perdu ton temps.
Je ne suis plus seule en attendant la nuit. J’ai les bruissements d’un dehors craintif, j’ai les odeurs d’une maison immobile, j’ai la rage tranquille de plusieurs cœurs.
J’ai le jour au fond de tes yeux noirs.
 
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe