J’ai littéralement dévoré l’article en couverture du « Courrier International » du 13 au 19 avril 2006 (voir ci contre), dont l’accroche, mystérieuse, m’avait relativement interpellé.
Un improbable barbu au regard franc et déterminé, veut nous rendre immortel.
Bon.
Qu’à cela ne tienne, bien qu’en ces temps d’inactivité et d’insomnie la vie éternelle me semble épouvantable, je me décidais à éplucher cet article, composé en fait de plusieurs articles de différents journaux du monde entier (le principe, au combien pertinent d’ailleurs, du « Courrier International ».), et long tout de même de 8 pages.
Je ne peux malheureusement pas vous le retranscrire en entier la tâche longue et rude me rebutant, mais vous invite pour les plus passionnés du sujet à vous procurer cet hebdo, ou aller vous inscrire sur www.courrierinternational.com pour pourvoir le consulter en ligne.
Toujours est-il que je ne renonce pas à un exercice de synthèse étayé de plusieurs extraits précis, car le sujet, son explication scientifique, homologuée d’ailleurs par plusieurs spécialistes apparemment de renom, ses retombées économiques, éthiques, philosophiques, religieuses ou encore sociales me semblant décrites avec autant de crédibilité que d’intelligence, me paraît valoir le détour.
Ce qui ne court pas les pages, ces temps-ci, entre deux Sarkozy hystériques ou Georges Bush en CPE.
Ainsi donc, cet homme, Aubrey de Grey, informaticien biologiste autodidacte, appuyé par beaucoup de confrères moins autodidactes mais plus crédibles, donc, prétend pouvoir rajeunir des souris d’ici dix ans, ralentir progressivement le processus de vieillissement, jusqu’à l’anéantir, d’ici 25 ans si la science daignait lui accorder les crédits nécessaires.
Mais qui, des laboratoires ou des différents Etats, de l’Eglise ou des compagnies d’assurance, aurait intérêt à ce que la mort naturelle disparaisse ? L’homme s’attend surtout à un appui de financiers isolés, mûs par cette même réclame absolue du premier des droits de l’homme : vivre, autant qu’on le pourra, ou voudra. Car en y pensant individuellement, ne plus mourir, ne serait-ce pas par la définition même, ne plus savoir vivre ?
Certes la polémique enfle, mais l’homme, loin d’un Raël halluciné se fait connaître, et force est de constater que si ses conclusions sont parfois contestées, elles n’en sont pas moins bluffantes.
Extraits :
« Pour des raisons qu’il a oubliées, de Grey est convaincu depuis l’enfance que le vieillissement est, selon ses propres termes, « quelque chose qu’il faut réparer ». S’étant découvert un intérêt pour la biologie après avoir épousé une généticienne en 1991, il s’est plongé dans les revues spécialisées et a ainsi appris par lui-même, jusqu’à maîtriser son sujet. Plus il en apprenait, plus il était convaincu que la mort était un problème pour le quel il devait exister des solutions et qu’il était la personne indiquée pour les trouver. De Grey se penche sur la littérature traitant de la question à partir de la fin de l’année 1995. Au bout de quelques mois seulement, il est en mesure d’expliquer des processus jusqu’alors inconnu impliqués dans les mutations des mitochondries, ces structures intracellulaires qui libèrent de l’énergie à partir de certains processus chimiques nécessaires au fonctionnements des cellules. Ayant contacté un expert du domaine qui lui confirme qu’en effet c’est bien là une découverte, il publie son premier article de chercheur en biologie en 1997, dans la revue spécialisée Bio Essays. En juillet 2000, il connaît ce que certains appellent son instant Eureka, ce moment où, dit-il, il a compris que « l’on peut définir le vieillissement comme un ensemble relativement limité de changements moléculaires et cellulaires dans notre organisme, qui s’accumulent et finissent par être pathogènes mais qui sont susceptibles d’être infléchis ».
Cette idée va devenir le thème centrale de ses recherches théoriques, le leitmotiv de son existence. » Technology Rewiew, Sherwin Nuland, Cambridge (Massachussets)
“ Si les thérapies d’allongement de la vie devenaient disponibles en 2015, le taux de mortalité globale pourrait diminuer de 3% en 2017 et de 35% en 2050. Dans ce scénario, l’espérance de vie atteindrait 120 ans dans les pays les plus riches et 113 ans dans les pays les plus pauvres. Quel en serait l’impact démographique ? La réponse est plutôt surprenante : en 2050, la population mondiale passerait des 8,9Milliards actuellement estimé par l’ONU à 9,4 Millards : un accroissement certes non négligeable mais pas catastrophique. Un démographe un peu excentrique, Jay Olshansky, a calculé que même si nous alignions l’immortalité aujourd’hui, le taux d’accroissement global de la population serait plus lent que celui de la génération du baby boom de l’après guerre. Ces projections nous disent que le problème fondamental ne serait pas l’impact démographique sur nos ressources, mais l’impact existentiel sur notre mode de vie. On calcule que, en 2050, les moins de 4 ans représenteront seulement 6% de la population, et les les plus de 60, 20%. Trois personnes de plus de 60 ans pour un enfant, quelle tristesse.
La question de l’espace ensuite. L’espace physique, bien sûr, qui serait encombré. Mais surtout l’espace social. L’immortalité le détruirait. Elle détruirait définitivement la famille avec une prolifération inévitable de divorces, elle détruirait les carrières universitaires, avec des professeurs éternels, elle détruirait le renouvellement de la classe politique. Un enfer.
Et, même sans aller jusqu’à l’immortalité – heureusement impossible- l’allongement de la vie, bien plus probable, pose l’angoissante question de la réduction de l’espace social. La concurrence des désirs et des besoins, avec des possibilités de plus en plus restreintes de les satisfaire, intensifiera les jalousies et les frustrations, ce qui induira une agressivité accrue. Comme le dit le biologiste Edoardo Boncinelli, « Cela n’aurait pas de sens de vivre jusqu’à 150 ans si les 70 ou 80 dernières années ne valent pas la peine d’être vécues. » L’Expresso, Giorgio Ruffolo, Rome.
L'ETERNITE, QUELLE BARBE !




Etc.......
A méditer, peut-être, ou pas ;-)
(Un grand merci spécial à Lylian k pour écouter mes délires à 3h30 du matin et m'aider à me dicter un article improbable et bien trop long pour l'heure lol, god bless you)
Vos points de vue