Dimanche 30 avril 2006
La fleur sous l’épine…ou l’épine sous la fleur ?

Un polar noir mangeur d’âmes, une bombe de vérités pures contre les façades de la vie lisse, du grand art venu d’Australie.

Un buisson d’épines parsemé de fleurs délicates, et sous ce lantana, un corps.
Premier plan. Première ambiance. Premier battement de cœur.
 

 Et puis un personnage s’impose, au fil de plusieurs dizaine de minutes, distillant son mystère, sa confusion, où veut-il nous mener, pourquoi abandonnons-nous ce corps pour s’intéresser à lui, soudainement ? Sur un rythme improbable de salsa, cette danse de corps qui doivent fusionner sans peut-être se connaître, nous nous retrouvons confrontés au visage multiple de ce personnage peu commun : une petite bourgade d’apparence paisible en Australie.

Et puis quelque chose se passe, enfin, dirons certains, à point nommé soutiendront d’autres. Une psychanalyste dont la fillette fut assassinée deux ans auparavant disparaît un soir. L’inspecteur de la bourgade chargé de l’enquête (cet homme-montagne massif et pénétrant incarné par Anthony LaPaglia, vu dans « Salton Sea » ou encore dans la formidable série « FBI Portés Disparus »), sa femme cocue mais digne, sa maîtresse esseulée, voisine d’une famille portoricaine unie, ainsi que le mari de la disparu, l’accablé Geoffrey Rush (toujours impeccable, c’en est agaçant) vont se heurter aux scandales divers révélés les uns après les autres comme autant de voiles fragiles soulevés avec délicatesse et appréhension par des doigts de fées malignes. Et tel ce corps improbable abandonné dès le début du film, le choc de cette disparition qu’on imagine tragique s’évanouit peu à peu pour nous emmener à nouveau coller la ville au corps, la disséquer, la comprendre, panser ses blessures. Tel le coup de bistouri qui libère le pue d’un abcès trop gonflé, le réalisateur Ray Lawrence (« Bliss ») cisèle sa forteresse pendant 2h, nous protégeant en douceur du racoleur nauséabond d’une enquête morbide en nous perdant dans les dédales des esprits tellement humains de ceux qui y sont confrontés.
 
 Encore un « petit film » (comprendre sans Tom Cruise et moins de 140 millions de dollars à produire) qui sera passé à la trappe dans la torpeur placide d'un paresseux mois d’août, sans doute à cause d’un genre trop mêlé ou d’un titre impénétrable…
A rectifier de toute urgence.
Sorti en août 2002, disponible en DVD,
« Lantana », de Ray Lawrence, Australie
par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Jeudi 27 avril 2006
Extrait de "Zoo d'un coeur ouvert" - 2003/2005 - Velma E.
« Bien entendu, le monde entier n’est qu’une question de cadres. Tout est dans le cadrage. L’espace ouvert est la porte ouverte au désastre artistique, à la poésie manufacturée, au parfum industriel, il faut absolument cibler son sujet, le délimiter pour en déterminer l’importance, l’analyse. Tu peux tout comprendre si tu dessines un cadre autour de ce qui t’échappe. Une couleur, un trait, un visage et c’est la révélation. La beauté dormait là, tout près, il suffisait de lui tisser une fine cage autour pour qu’elle se révèle.
Car rien n’est plus palpitant qu’un cadre trop petit, que la concentration de magie qui tend à déborder.
Je suis Jim. Mon cadre est posé. J’y évolue ainsi avec sérénité et tourment, mais je sais que je suis Jim, et quelle en est la définition. En cela je suis parfaitement libre. Je suis petit qu’à cela ne tienne, je saurais être grand.
Il faut absolument se nourrir d’absurde. C’est le maître mot pour saisir toute la puissance que notre monde étriqué peut générer. Les gens, les esprits, les espaces se réduisent sous l’affluence, le frottement à lieu, les étincelles, le feu. Le monde est en feu et  quand je vois Ally, brisant ses cadres pour s’en construire d’autres, sauter de prisons en prisons avec persévérance, prôner l’absolutisme et la dévotion je suis amoureux, amoureux fou des surprises que réserve la vie, de ces gens extraordinaires dont elle nous rapproche.
Je peux cesser d’avoir peur de crier, de rire, de faire du bruit, de l’esprit, du théâtre. Je peux cesser car je ne suis plus seul, jamais seul, au spectacle permanent, exposant ma fêlure aux plus offrant, sans pudeur, pourquoi faire ?
Je n’ai pas peur des corps, des épidermes, des fluides, de l’amour, du désir, du détachement. J’ai sans doute compris comment me brûler parfaitement dans la vie, en cela je vivrai chaudement mais peut-être moins longtemps.
Je pense réaliser un film à 40 ans.
Je pense écrire une sonate à 50 ans.
Je pense pouvoir cadrer cette fille aujourd’hui, facilement.
Je pense qu’il est temps que le monde s’ébranle.
Action. »
par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Mardi 25 avril 2006

 

Traduction personnelle de:

 Quicksand / David Bowie

 
Je suis plus proche de la Golden Dawn 
Immergé dans le costume de Crowley
Dans le fantasme
Je vis dans un film muet
Mimant le royaume sacré d'Himmler
De la réalité du rêve
Je suis effrayé par le but suprême,
Passant dans un trou en loques
Et je n'ai plus le pouvoir à présent,
Non je n'ai plus le pouvoir à présent.
 
Je suis le nom déformé dans les yeux de Garbo,
La preuve vivante des mensonges de Churchill
Je suis la destinée
Je suis déchiré entre la lumière et le noir,
Là où d'autres ciblent leurs buts,
La divine symétrie
 
Devrais-je embrasser le croc de la vipère
Ou proclamer bien fort la mort de l'Homme
Je m'enfonce dans les sables mouvants de mes pensées
Et je n'ai plus le pouvoir à présent
 
Ne croyez-pas en vous-même
Ne vous bernez pas dans cette croyance
La connaissance arrive dans le soulagement de la mort
 
Je ne suis pas un prophète ou un homme de l'âge de pierre,
Juste un mortel au potentiel d'un surhomme
J'y survis
Je suis à bout de ma logique d'homo sapiens
Je ne peux détacher mes yeux du grand salut
De cette foi de merde
Si je n'explique pas ce que tu es supposé savoir,
Tu peux m'expliquer toi tout sur tout, d'après le bardo suivant
Je m'enfonce dans les sables mouvants de mes pensées
Et je n'ai plus le pouvoir à présent
 
Ne croyez-pas en vous-même
Ne vous bernez pas dans cette croyance
La connaissance arrive dans le soulagement de la mort

(David Bowie était grand admirateur de La Golden Dawn, organisation occulte apparentée pour certains à une secte de magie noire menée par son non moins controversé charismatique leader : Aleister Crowley. De nombreux autres artistes tels Bram Stocker, Yeats ou encore Jimmy Page y furent très attachés en raison de sa ligne de conduite légendaire très "rock n'roll" : "Fais ce que tu veux". PLus d'info sur ce lien : http://www.conesa.com/aleister/)

Photo : Aleister Crowley

 

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Vendredi 21 avril 2006

  

J’ai littéralement dévoré l’article en couverture du « Courrier International » du 13 au 19 avril 2006 (voir ci contre), dont l’accroche, mystérieuse, m’avait relativement interpellé.

Un improbable barbu au regard franc et déterminé, veut nous rendre immortel.

Bon.

Qu’à cela ne tienne, bien qu’en ces temps d’inactivité et d’insomnie la vie éternelle me semble épouvantable, je me décidais à éplucher cet article, composé en fait de plusieurs articles de différents journaux du monde entier (le principe, au combien pertinent d’ailleurs, du « Courrier International ».), et long tout de même de 8 pages.

Je ne peux malheureusement pas vous le retranscrire en entier la tâche longue et rude me rebutant, mais vous invite pour les plus passionnés du sujet à vous procurer cet hebdo, ou aller vous inscrire sur www.courrierinternational.com pour pourvoir le consulter en ligne.

Toujours est-il que je ne renonce pas à un exercice de synthèse étayé de plusieurs extraits précis, car le sujet, son explication scientifique, homologuée d’ailleurs par plusieurs spécialistes apparemment de renom, ses retombées économiques, éthiques, philosophiques, religieuses ou encore sociales me semblant décrites avec autant de crédibilité que d’intelligence, me paraît valoir le détour.

Ce qui ne court pas les pages, ces temps-ci, entre deux Sarkozy hystériques ou Georges Bush en CPE. 

 

Ainsi donc, cet homme, Aubrey de Grey, informaticien biologiste autodidacte, appuyé par beaucoup de confrères moins autodidactes mais plus crédibles, donc, prétend pouvoir rajeunir des souris d’ici dix ans, ralentir progressivement le processus de vieillissement, jusqu’à l’anéantir, d’ici 25 ans si la science daignait lui accorder les crédits nécessaires.

Mais qui, des laboratoires ou des différents Etats, de l’Eglise ou des compagnies d’assurance, aurait intérêt à ce que la mort naturelle disparaisse ? L’homme s’attend surtout à un appui de  financiers isolés, mûs par cette même réclame absolue du premier des droits de l’homme : vivre, autant qu’on le pourra, ou voudra. Car en y pensant individuellement, ne plus mourir, ne serait-ce pas par la définition même, ne plus savoir vivre ?

Certes la polémique enfle, mais l’homme, loin d’un Raël halluciné se fait connaître, et force est de constater que si ses conclusions sont parfois contestées, elles n’en sont pas moins bluffantes.

 

Extraits : 

 

« Pour des raisons qu’il a oubliées, de Grey est convaincu depuis l’enfance que le vieillissement est, selon ses propres termes, « quelque chose qu’il faut réparer ». S’étant découvert un intérêt pour la biologie après avoir épousé une généticienne en 1991, il s’est plongé dans les revues spécialisées et a ainsi appris par lui-même, jusqu’à maîtriser son sujet. Plus il en apprenait, plus il était convaincu que la mort était un problème pour le quel il devait exister des solutions et qu’il était la personne indiquée pour les trouver. De Grey se penche sur la littérature traitant de la question à partir de la fin de  l’année 1995. Au bout de quelques mois seulement, il est en mesure d’expliquer des processus jusqu’alors inconnu impliqués dans les mutations des mitochondries, ces structures intracellulaires qui libèrent de l’énergie à partir de certains processus chimiques nécessaires au fonctionnements des cellules. Ayant contacté un expert du domaine qui lui confirme qu’en effet c’est bien là une découverte, il publie son premier article de chercheur en biologie en 1997, dans la revue spécialisée Bio Essays. En juillet 2000, il connaît ce que certains appellent son instant Eureka, ce moment où, dit-il, il a compris que « l’on peut définir le vieillissement comme un ensemble relativement limité de changements moléculaires et cellulaires dans notre organisme, qui s’accumulent et finissent par être pathogènes mais qui sont susceptibles d’être infléchis ».

Cette idée va devenir le thème centrale de ses recherches théoriques, le leitmotiv de son existence. » Technology Rewiew, Sherwin Nuland, Cambridge (Massachussets)

“ Si les thérapies d’allongement de la vie devenaient disponibles en 2015, le taux de mortalité globale pourrait diminuer de 3% en 2017 et de 35% en 2050. Dans ce scénario, l’espérance de vie atteindrait 120 ans dans les pays les plus riches et 113 ans dans les pays les plus pauvres. Quel en serait l’impact démographique ? La réponse est plutôt surprenante : en 2050, la population mondiale passerait des 8,9Milliards actuellement estimé par l’ONU à 9,4 Millards : un accroissement certes non négligeable mais pas catastrophique. Un démographe un peu excentrique, Jay Olshansky, a calculé que même si nous alignions l’immortalité aujourd’hui, le taux d’accroissement global de la population serait plus lent que celui de la génération du baby boom de l’après guerre. Ces projections nous disent que le problème fondamental ne serait pas l’impact démographique sur nos ressources, mais l’impact existentiel sur notre mode de vie. On calcule que, en 2050, les moins de 4 ans représenteront seulement 6% de la population, et les les plus de 60, 20%. Trois personnes de plus de 60 ans pour un enfant, quelle tristesse.

La question de l’espace ensuite. L’espace physique, bien sûr, qui serait encombré. Mais surtout l’espace social. L’immortalité le détruirait. Elle détruirait définitivement la famille avec une prolifération inévitable de divorces, elle détruirait les carrières universitaires, avec des professeurs éternels, elle détruirait le renouvellement de la classe politique. Un enfer.

Et, même sans aller jusqu’à l’immortalité – heureusement impossible- l’allongement de la vie, bien plus probable, pose l’angoissante question de la réduction de l’espace social. La concurrence des désirs et des besoins, avec des possibilités de plus en plus restreintes de les satisfaire, intensifiera les jalousies et les frustrations, ce qui induira une agressivité accrue. Comme le dit le biologiste Edoardo Boncinelli, « Cela n’aurait pas de sens de vivre jusqu’à 150 ans si les 70 ou 80 dernières années ne valent pas la peine d’être vécues. » L’Expresso, Giorgio Ruffolo, Rome.  

 

                              L'ETERNITE, QUELLE BARBE ! 

Etc.......

A méditer, peut-être, ou pas ;-) 

(Un grand merci spécial à Lylian k pour écouter mes délires à 3h30 du matin et m'aider à me dicter un article improbable et bien trop long pour l'heure lol, god bless you)

par Velma Egan publié dans : Press Control
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Mardi 18 avril 2006

 

« Claudia,
Sept ans, je sais, et c’est la fin, on y arrive, et les derniers pas ralentis par l’attente sont lourds, vrillés de crampes et hésitants, ces derniers moments, je n’ai plus rien à en faire.
Quand il n’y a plus rien d’autre à faire, que les murs deviennent fous, que je comprends enfin mais pour la centième fois comme il est vrai que tout est impossible entre les hommes, j’écoute la musique que nous aimions, en boucle, jusqu’à connaître chaque respiration, chaque frottement d’ongles sur ces cordes, chaque empreinte sur les touches du clavier rhodes qui délivre la ritournelle de « la maison du soleil-levant »…. Et toujours, la valse incessante des ailerons qui caressent cette mer qui n’a que trop duré, et sur laquelle nous nous laissons bercer. La valse des ailerons et tes yeux rieurs, chère Claudia, cherchant dans un jeu d’amour et de mort à toucher le museau du grand blanc. Ma belle Claudia, reine Carcharia, ne désespère pas. Je paierai mes erreurs, je nous tirerai de là.
Nous les toucherons ensemble, les mâchoires ancestrales, et elles ne se refermeront pas sur les mains amies, c’est une promesse, j’ai presque trouvé la clé.
J’arrive. »
par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Dimanche 16 avril 2006

        Il faut que vous voyiez ce film.

Qu’il vous imprègne. Que vous acceptiez de perdre un temps le contrôle, entouré de couleurs, de sons étranges, d’émotions singulières, de situations improbables. Que vous acceptiez un temps que l’amour existe, qu’il est source de bonheur avant tout, que les couleurs qui nous entourent nous réchauffent, que la musique nous sauvera tous, que le monde va bien, vu d’ici, merci.

Il le faut, car il en va de la survie d’une certaine idée du cœur, de la célébration du naïf, de la bonté pure et non argumentée, de la foi en l’humanité et la grandeur d’âme en grandes vainqueurs sur l’imbécilité et l’étroitesse, mais surtout, surtout, de la survie du cinéma.

Barry Egan, pierrot lunaire et lunatique, trop perdu dans un costume bleu trop grand, trop étouffé par sept sœurs trop possessives, trop dépassé par une vie qui perd sens (en a-t-elle seulement déjà eu ?) mais à laquelle il se raccroche car il ne se pose pas ces questions là, Barry Egan, donc, tombe amoureux. Une fois. Peut-être la seule, la bonne. Il a été choisi par une femme volontaire et incroyablement attachée à son homme enfant, doucement givré et inadapté, et on la comprend.  Car il incarne cette idée d’amour brillant, pur, fou, absurde mais jamais nocif, jamais destructeur, bref, frais, d’une improbable fraîcheur dans ce monde bruyant et dur.

Lorsque à la suite d’un quiproquo  burlesque ils se retrouvent embringués dans une course poursuite contre leurs empêcheurs de rester en paix, cela vire au cocasse franchement hilarant, pour une fin magnifique comme on a décidé d’y croire, une happy end pour une fable qui nous gorge le cœur et les yeux d’eau claire et vivifiante pendant 1h 40.  

 

Adam Sandler (oubliez vos préjugés) nous livre son âme, sa folie, sa grandeur, sa composition magistrale face à une Emily Watson que l’on savait déjà bouleversante (Breaking the Waves) pour nous percuter de plein fouet, en douceur de surcroît, et nous réveiller de notre torpeur industrielle par un baiser sur le front.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un miracle.

« Punch Drunk Love » - Sorti en février 2003 – Réalisé par Paul Thomas Anderson ( « Magnolia »/ « Boogie Nights ») – Disponible en DVD.

 

 

 

 

 

 

par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Jeudi 13 avril 2006

Extrait du recueil de nouvelles "Souffrances puériles" - en élaboration - Velma E. 2006

 

 

Les oiseaux sont bien ici.

On peut courir derrière, et leur donner à manger.

Honoré a fait du mal à un chat, j’ai beaucoup pleuré, on l’a puni, ils ont dit « non » très fort.

« Non », « Non Honoré, il ne faut pas faire ça aux chats, regarde, maintenant il dort et on ne peut plus le réveiller ».

Mais les oiseaux ils viennent manger dans nos mains. Ils chantent.

Après manger on a le droit d’y aller, dehors. Et de jouer.

Mais il ne faut pas se disputer. Il faut être gentils parce que quand on a du chagrin il faut être gentils et s’aider.

Le matin, on a école.

Je sais écrire mon nom, et je sais compter un peu. On fait des dessins, on joue. Moi je préfère regarder à la fenêtre. C’est drôle parce que les herbes bougent, et les feuilles aussi. Je ris beaucoup quand on chante des chansons avec des gestes.

J’aime pas la sieste. Je pleure toujours. J’ai mal au ventre, je suce mon pouce et j’attends ma maman.

Cela fait longtemps que je suis ici. J’ai des amis qui arrivent souvent, j’ai des amis qui s’en vont avec leurs nouvelles mamans. Moi je veux rester avec les oiseaux et chanter les chansons en tapant dans les mains, et jouer dehors en attendant ma maman.

On m’a dit qu’elle dort pour très longtemps. J’espère qu’elle pourra se réveiller vite.

 

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Lundi 10 avril 2006

Tiré du "Courrier International" - 23 au 29 mars 2006- Rubrique Insolite

Ibraghim Ismatoullaev, modeste musulman non pratiquant de la ville Kirghize d'Och, s'apprêtait à sacrifier son coq pour en faire une bonne soupe. Mais au lieu de pousser un "cocorico", le volatile s'est mis à hurler "Allah, Allah !" Le miracle du "saint coq" a vite fait le tour de la ville. Les offres d'achat ont afflué, mais même à 500 dollars - quelque 20 fois le salaire moyen local - M. Ismatoullaev s'est refusé à céder l'étrange créature.

On peut écouter le chant du survivant sur http://news.ferghana.ru/archive/petux.mp3

L'authenticité de l'enregistrement est garantie par la rédaction de l'agence de presse Fergana.ru.

 

par Velma Egan publié dans : Press Control
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Dimanche 9 avril 2006
Extraits tirés du « Nouvel Imbécile », Mensuel satirique et culturel / mars 2006
 
Chronique / Jaculatoires paniques
Lève-toi et rampe, Alléluia – Fernando Arrabal
 
L’humoriste sans religion dessine à tombeau ouvert.
*
Un jaloux croyant peut épouser une femme fidèle. Il le peut, mais sans émotion.
*
Dessins pornographiques en braille avec légendes en volapuk pour athées aveugles persécutés.
*
Ils ont fait de moi un provocateur si scandaleux que je refuse de me saluer lorsque je me rencontre.
*
Par pur raffinement il a un bouc émissaire label rouge.
*
Il ne faut pas sauter à la corde dans la maison d’un pendu.
*
Prétentieuse comme la mouette qui tenta de passer derrière la lune.
*
Mes plagiaires ont de moins en moins le courage de mes opinions.
*
Quand ils cesseront de dire des mensonges sur nous, nous cesseront de dire la vérité sur eux.
*
La lune, excédée par la poésie, s’est recyclée dans la Nasa.
*
par Velma Egan publié dans : Press Control
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Dimanche 9 avril 2006

Traduction personnelle (donc contestable) de:

PRECIOUS THINGS / Tori Amos

Alors j’ai couru plus vite

Mais ça m’a rattrapé

Oui, mes fidélités ont tordu,

Comme ma cheville

En primaire

En courrant après Billy

En courrant après la pluie

 

Ces choses précieuses,

Laisse-les saigner

Laisse-les être lavées

Ces choses précieuses,

Laisse-les rompre leur emprise sur moi

 

Il a dit : tu es vraiment une fille moche

Mais j’aime ta façon de jouer

Et j’en suis morte

Mais je l’ai remercié

Peux-tu croire ça ?

Malade

Malade

Me raccrochant à sa photo

M’habillant tous les jours

 

Je veux fracasser les visages

De ces garçons magnifiques

Ces garçons chrétiens

Et tu peux me prendre pour de la merde

Cela ne fait pas de toi Jésus

 

Ces choses précieuses

Laisse-les saigner

Laisse-les être lavées

Ces choses précieuses,

Laisse-les rompre leur emprise sur moi 

 

Je me souviens

Oui

Dans ma robe de gala pêche

Personne n’osait

Personne ne se souciait

De me dire

Où étaient les jolies filles

Ces demi-dieux…

Avec leurs ongles de neuf pouces et leurs petits caleçons de fascistes bordés sur le cœur

De chaque gentille fille

 

Ces choses précieuses

Laisse-les saigner

Laisse-les être lavées

Ces choses précieuses,

Laisse-les rompre leur emprise sur moi

par Velma Egan publié dans : Ecoute
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Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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