On parle souvent des « autres » comme s’ils nous étaient parfaitement étrangers et parfaitement insupportables de suffisance et de bonheur factice, effritable, non justifié.
C’est seulement que les « autres » ont peut-être cette avance sur nous d’avoir compris que la vie ne s’arrête ni ne se définit par l’état d’âme.
Passer son temps à définir son état d’âme, c’est le perdre. C’est s’évaporer. C’est oublier cruellement que pour mûrir son état d’âme, le développer, le modifier, agir dessus, il faut lui donner de la matière, de l’expérience. S’arrêter de vivre pour s’observer est donc parfaitement absurde et vain. La juste mesure, me paraît appropriée.
Depuis combien de temps as-tu gelé, mon doux prince ? s’écrie la princesse esseulée…
La seule façon que tu auras de briser des tourments infernaux car irrémédiables par la seule pensée, ce sera de prendre une décision concrète, tous domaines confondus, et de l’appliquer sans délais, une fois prise. Ne pas te laisser le temps de tourner et retourner une idée car elle finira forcément par perdre sens. Commence par ce qui te semble le plus « facile » pour ne pas non plus te piéger dans des situations périlleuses et surtout pour grignoter à mesure des actions réussies (car faisables) plus de potentiel de confiance en toi.
Le monde sera entre tes mains, c’est une promesse, le tien déjà, du moins, et comme tu auras aussi réfléchi à mesure que tu auras de nouvelles situations à analyser, tu en feras de l’or. Ton idée de l’or. Et le bonheur ne te semblera plus ni inexistant, ni culpabilisant. Tu auras œuvré pour, et pourras donc te reposer sur des lauriers qu’il t’importera de renouveler régulièrement. Une fois la machine en route, ce qui n’exclue aucune peur au ventre mais contribue à l’atténuer, tu ne pourras plus ni stopper, ni faire marche arrière. Sur la spirale montante, c’est alors qu’on se retrouvera. Et ça peut prendre moins de paliers et de temps que prévu. Pour ce genre de déclics, l’esprit humain a quand même, malgré tout, quelque chose de formidable.


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