Lundi 27 février 2006

On parle souvent des « autres » comme s’ils nous étaient parfaitement étrangers et parfaitement insupportables de suffisance et de bonheur factice, effritable, non justifié.

C’est seulement que les « autres » ont peut-être cette avance sur nous d’avoir compris que la vie ne s’arrête ni ne se définit par l’état d’âme.

Passer son temps à définir son état d’âme, c’est le perdre. C’est s’évaporer. C’est oublier cruellement que pour mûrir son état d’âme, le développer, le modifier, agir dessus, il faut lui donner de la matière, de l’expérience. S’arrêter de vivre pour s’observer est donc parfaitement absurde et vain. La juste mesure, me paraît appropriée.

Depuis combien de temps as-tu gelé, mon doux prince ? s’écrie la princesse esseulée…

La seule façon que tu auras de briser des tourments infernaux car irrémédiables par la seule pensée, ce sera de prendre une décision concrète, tous domaines confondus, et de l’appliquer sans délais, une fois prise. Ne pas te laisser le temps de tourner et retourner une idée car elle finira forcément par perdre sens. Commence par ce qui te semble le plus « facile » pour ne pas non plus te piéger dans des situations périlleuses et surtout pour grignoter à mesure des actions réussies (car faisables) plus de potentiel de confiance en toi.

Le monde sera entre tes mains, c’est une promesse, le tien déjà, du moins, et comme tu auras aussi réfléchi à mesure que tu auras de nouvelles situations à analyser, tu en feras de l’or. Ton idée de l’or. Et le bonheur ne te semblera plus ni inexistant, ni culpabilisant. Tu auras œuvré pour, et pourras donc te reposer sur des lauriers qu’il t’importera de renouveler régulièrement. Une fois la machine en route, ce qui n’exclue aucune peur au ventre mais contribue à l’atténuer, tu ne pourras plus ni stopper, ni faire marche arrière. Sur la spirale montante, c’est alors qu’on se retrouvera. Et ça peut prendre moins de paliers et de temps que prévu. Pour ce genre de déclics, l’esprit humain a quand même, malgré tout, quelque chose de formidable.

 

 

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Mardi 21 février 2006

Jarhead, de Sam Mendès

Apocalypse plus tard

 

Anthony Swofford (Jake Gyllenhal)est un jarhead. Il apprend à sniper des ennemis impalpables sous les commandements acides du sergent Siek (Jamie Foxx), avec la complicité de son équipier le désabusé ténébreux Troy (Peter Saarsgard). C’est un peu la joyeuse colonie de vacances potache, même si on arrive à y mourir pendant les entraînements… on se plie, mais pas trop, on conserve fraîcheur et imbécillité juvénile, on crée quelques liens et puis très vite, soudaine sans trop l’être, la guerre du Golfe éclate et les jeunes coqs pérorent : enfin, ils vont tuer des gens en vrai, et défendre leur patrie même s’ils n’ont aucune idée de ce que cela peut bien vouloir vraiment dire.

Seulement, ce n’est pas ce qu’on leur demande, et les marines huilés n’ont plus qu’à tromper leur ennui , attendre, s’hydrater, se déshydrater, attendre, et protéger les puits de pétrole contre un ennemi invisible, dans le désert imperturbable du Koweit.

Il n’y aura pas de morts, donc, et l’inutilité impuissante de Swofford commence à lui monter au cerveau. L’enfer, il peut y en avoir pour tout le monde, sous de bien diverses formes et progressivement, l’homme tueur agité, immobile et inoffensif, déchargé de sa fonction première va devoir réfléchir et affronter d’autres obus : ses propres doutes qui s’immiscent doucement, insidieusement, ses angoisses, et au final la lente destruction de ses faibles fondations, comme dans tout parcours initiatique, et s’abandonner dans le désert. Sans réel retour possible.

 

Il fallait un certain flair à Sam Mendes pour avoir pressenti la réunion de trois quasi inconnus du grand public pour réussir le meilleur casting de ces derniers mois . Il le fallait, surtout, c’était absolument nécessaire car nous n’en pouvions plus d’attendre la relève et Vin Diesel n’avait de toute façon pas compris l’histoire.

Un nouvel âge d’or pourrait bien s’installer si Jake Gyllenhal reprenait la place encore chaude d’un Di Caprio spectaculaire de maturité de jeu mais qui perd la fougue et la prise de risques, Jamie Foxx celle d’un Denzel Washington qui choisirait mieux ses films, et Peter Sarsgaard celle d’un Ewan Mc Greggor qui n’aurait pas oublié ses années sombres.

Il est rassurant de sentir que l’optimisme de voir refleurir une relève bien trempée n’est pas bafoué cette fois comme il le fut souvent.

Il fallait un certain goût à Sam Mendes pour s’associer une photographie hallucinatoire, une mise en scène où l’esbroufe justifiée le dispute à la poésie guerrière, une musique abasourdissante d’évidence sereine (« le Something in the Way » de Nirvana y coule aussi royalement qu’un « je t’aime » chez Wong Kar Waï et après tout, ne reconnaissons nous pas les meilleurs restaurant à leur interprétation risquée mais divine du steak-frites ?). Le seul bémol étant peut-être une fin précipitée qui ne nous livre pas l’intégralité d’un message qu’on sentait se profiler et nous laisse un peu sur notre faim quand aux leçons tirées par le personnage.

Mais qu’importe, c’est pardonné. Car le souffle était bien là, car notre émotion jamais prise en traître fut honorée, parce qu’il fallait bien un jour se tromper de guerre et se retrouver sur un de ces champs de bataille où on ne meurt pas, ces guerres que tout le monde livre, entraîné ou non : l’évolution personnelle qui permettra d’embrasser d’un regard un peu plus vaste plus d’humanité encore, la lutte permanente contre la vanité d’une vie dépourvue de quelque sens que cela soit.

 

par Velma Egan publié dans : Cinéma cinéma
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Mercredi 15 février 2006

Une définition d’aimer parmi tant d’autres

 

 

Il faut essayer de ne pas mentionner l’inquiétude dans l’œil, atteindre en douceur la souffrance du sourire qui ne correspondra pas.

Il faudra bien, mon amour, finir par se demander qui nous sauvera, ce que nous allons devenir, quel chemin nous choisirons pour terminer au même endroit.

L’alcool a commencé à s’imposer à peu près dans ces temps là.

Et la douceur de ta peau, essentielle, s’est déroulée tout autour, et moi, incapable de la repousser, incapable de dessaouler, je m’y suis engouffrée.

Et ensuite, quelle est la couleur de tes yeux, cela m’importe peu, quelle chanson tu écoutes quand tu pleures, je n’en saurais jamais rien, j’ai tenu tes mains, joui en plongeant dans ton regard, je n’y ai rien compris, c’était trop bref, même si à présent je sais que je ne connaîtrai jamais personne.

Je suis seule, sans encombre, sans les ombres des fantômes abandonnés.

Je suis seule car je le veux, je fais barrage, je me défend corps et âmes, mais personne n’a relevé le défi de me battre sur mon terrain.

Je suis seule car je le veux, mais aussi car personne n’est venu me chercher profondément.

Nous sommes tous seuls. Et cela n’est pas bien grave, en soi.

Il faut marcher côte à côte, rire sans les armes, se battre sans les rires, il faut se mettre face à face, il faut frotter les épidermes et rechercher la chaleur illusoire, celle qui nous fait reprendre notre route.

Je t’aime compagnon, et la route est longue. Le cœur se brise tellement, sans discontinuer, que cela devient un état permanent plus facile à supporter que n’importe quel baiser qui ouvre ces portes improbables, dans les gongs desquelles nous nous coinçons les doigts.

Je t’aime adversaire, qui répandra mes larmes, je n’arrêterai jamais d’aimer, pour mourir moins vite, et plus remplie de lumière, je revêtirai les uniformes imposés, un temps, pour pouvoir t’aimer, et puis je les ôterai. Et je recommencerai.

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Mercredi 1 février 2006

C’est vers la victoire que tu décides d’aller

Bon courage, je t’attends de l’autre côté

Reviens sans haine, croise le bon glaive

Reste digne, reprends-toi 

 

N’empêche c’était hier que tu volais

Et sans attendre les barbelés

J’ai couru pour respirer

Reste digne, reprends-toi 

 

La vraie misère d’un cendrier

L’écho trempé des mots hurlés

J’ai commencé à retenir les pas épuisés

Reste digne, reprends-toi 

 

Allez allez l’univers n’existe pas

Tes yeux rentrés l’ont trop prouvé

Ta voix sans fin ne trouve pas de murs

Reste digne, reprends-moi 

 

N’empêche c’était hier que tu volais

C’est vrai que courir me fatigue

N’empêche c’était pour rien qu’on s’en voulait

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains
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Quo vadis ?

Element of ears

free music

Exhibitions

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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