Vendredi 25 janvier 2008
# Par une fatalité malheureuse, ce sont les hommes qui aiment le mieux qui savent le moins bien parler d’amour.
 
# Que faire entre les malveillants qui disent étourdiment le mal dont ils ne sont pas sûrs, et les amis qui taisent prudemment le bien qu’ils savent ?
 
# L’oubli ne serait un remède souverain que si l’on ne se souvenait pas d’avoir oublié.
 
# Les silencieux ne sont pas forcément des penseurs. Il y a des armoires fermées à clé qui sont vides.
 
# La modestie ne convient guère à l’obscurité.
 
# Je pardonne aux gens de n’être pas de mon avis ; je ne leur pardonne pas de n’être pas du leur.
 
# Ne mentez jamais à quelqu’un en qui vous voulez avoir confiance. A partir du moment où vous lui aurez menti une fois, vous aurez bien du mal à le croire.
 
# Tout homme qui s ‘élève s’isole.
 
# La fatalité ou prédestination est dans les choses, et non dans nous. Il est fatal que tout corps qui passera sur telle pente y glisse et tombe ; mais il ne l’est pas que tel homme y passera.

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Rivarol, Pensées, répliques et portraits. Editions cherche midi
par The bitch is back publié dans : QG du QI communauté : Les infréquentables
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Mercredi 23 janvier 2008

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Oh non, Heath, t'abuses, déjà que j'ai presque plus d'acteurs fétiches, déjà que je pleure à chaque fois à la fin de ton putain de film de cowboys gays, tu m'aides pas... Moi j'y croyais bien à ta mâchoire serrée, à ta diction improbable. 
La mort c'est mal, Heath, merde, on t'avait pas prévenu ? Tu triches, là, fallait pas le faire pour de vrai.
C'est presque important, du coup.
Allez va, restera ton Joker posthume, et nos sourires aussi forcés que le tien, promis...on y pensera.
N'empêche, tu fais chier.

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par The bitch is back publié dans : Press Control
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Dimanche 20 janvier 2008
Les recherches au sol n’ont rien donné. J’arrête.
L‘apologie du vide est prétentieuse, disons que l’étendue d’eau n’en finit plus, il n’y a pas de Nouveau Monde pour cette fois. Et finalement, la dérive devient une berceuse, je n’ai pas peur pour moi, si je coule le poids de mon corps deviendra supportable, les failles m’accueilleront dans un silence caressant.
Mais je ne coulerai pas. Je dois tenir une main sous les embruns, et lui montrer.
J’ai rasé les murs de la grande ville, patienté dans le bruit sans envergure, je n’ai rien trouvé comme promesse à lui faire, elle n’écoutait pas, jamais. Je ne m’en plains pas, je ne la regardais pas. Ce n’est pas un scandale. Mais enfin, nous ne sommes rapidement plus personne, nos cœurs se vident, nos yeux se vitrent, nos peaux grisent, l’instinct abdique.
Toi tu n’as jamais cherché, tu n’as aucune idée de ce qui s’est entassé sans tri pendant des années, à ton insu. Tu voudrais tout découvrir pour t’en débarrasser, amusé, en recul, détaché de ton propre butin, certain de pouvoir t’en laver les mains si ça tournait mal. Mais l’importance te rattrape. Rien ne comptait, et te voilà impliqué sans objet.
Tu as eu des pertes lourdes, à ne savoir rien retenir. Ta dérive est moins joyeuse, tu scrutes un horizon qui te moque, insolent dans sa pure régularité inaccessible. As-tu toujours ce mal vrillé à l’estomac ? Sais-tu apprécier le roulis pour dormir, enfin ?
J’ai froid pour toi, j’ai peur pour toi, je ne peux rien faire. Si l’océan se soulève, si la coque déchire, si les avions explosent et les tours s’effondrent, si les lumières s’éteignent et les paillettes tarissent, si je manque de vivres, si je m’endors et relâche mon attention et ta main, si tu glisses du cockpit déchiré, si le feu éclair t’emporte dans un couloir incandescent, si le rideau s’abat sur ta prestation médiocre, si tu pleures en coulisse, je coulerai sans résistance, je remercierai la corde qui m’attache à la proue avant qu’elle ne se brise sur un glacier immense. Ce n’est pas un scandale.

Pour l’heure, sur nos radeaux solides lissant la mer d’huile sous un soleil clément, New York n’existe pas, profitons-en pour sourire.

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par The bitch is back publié dans : Ecrits vains communauté : Ecrire
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Dimanche 20 janvier 2008
undefinedPetite anthologie pertinente des Eight-pagers, ces fanzines pornographiques soft qui firent le bonheur moite des américains du middle last century, Dirty Comics (Editions Allia, 6,10 euros) ravira les grands et les petits (à surveiller tout de même bien que ce ne soit  vraiment pas méchant) par ses histoires courtes au graphisme éloquent, ses réparties bien trempées triviales à souhait, bien entendu, toujours joviales, cela va de soi.
Précieux, léger, discret, vous pourrez l’emporter partout et le sortir en toute occasion, soucieux de susciter une jalousie certaine au sein de votre entourage qui ne manquera pas de relever votre impertinence toute teintée d’un goût indiscutable.
J’en veux pour preuve cette chute qui restera dans les annales, après que la demoiselle ait offert sa fleur à un autre afin d’être plus performante pour son aimé :

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par The bitch is back publié dans : QG du QI communauté : Les infréquentables
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Jeudi 17 janvier 2008
De la Sagesse immortelle
La voix tonne, et nous instruit.
Enfants des hommes, dit-elle,
De vos soins quel est le fruit ?
Par quelle erreur, Ames vaines,
Du plus pur sang de vos veines
Achetez-vous si souvent,
Non un pain qui vous repaisse
Mais une ombre qui vous laisse
Plus affamez que devant ?
 
Racine, Ô Sagesse, ta parole (extrait)
par Silence ! publié dans : QG du QI
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Mardi 15 janvier 2008
Pour la beauté spectrale de la minuscule fragile et les traits massifs du bourru éraillé, acceptez, cher Sébastien, cette modeste dédicace...

par The bitch is back publié dans : Ecoute
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Samedi 12 janvier 2008
Hanburi n’a la possibilité de sauver la vie que de l’un des trois hommes qui ont été alignés devant elle. Elle tremble. Elle lève ses paupières. Elle pose son regard d’abord sur son mari. Puis elle contemple son fils. Enfin elle jette un regard à son frère.
Néanmoins elle choisit de sauver son frère.
Elle argumente de la sorte. Se tournant vers son mari elle prend sa main et la laisse retomber. Elle dit :
« Je peux m’unir à un autre homme. »
Se tournant vers son enfant elle caresse sa joue et dit :
« Je peux porter un autre enfant. »
Se tournant vers son frère elle dit :
« Je ne peux pas ressusciter nos parents morts pour les faire concevoir un nouveau frère. »
Tel est le jugement que rendit Hanburi sur l’homme préférable.
(La devinette comporte autant de réponses que l’on veut.
Une réponse indienne est très belle. La femme dit : « Il n’y a qu’avec mon frère que je peux parler du temps ancien de mon enfance. Un mari ignorera toujours la petite fille que je fus. L’enfant que j’ai porté dans mon ventre consacre tous ses rêves à un temps que je ne verrai pas. »)
 
Pascal Quignard, Vie secrète.
par The bitch is back publié dans : QG du QI communauté : Les gros dossiers
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Mercredi 9 janvier 2008
J’arrive un peu tard, la fête touche à sa fin, tu as déjà aimé.
Accepter de s’encombrer de souvenirs qui ne périront plus, tu l’as déjà fait, et à trop te charger tes épaules courbent, tu ne peux plus rien porter.
J’entends les avertissements. Je ferai ma route à pied.
Mais selon saint Jean, je vomis de ma bouche ce qui n’est pas chaud ou froid, le tiède est une insulte, mon lait déborde et me noie. J’attache.
Le monde, comme un grand cœur fatigué, me demande de ne pas trop sauter sur sa membrane, de faire moins fort, d’arrêter de pleurer car je suis grande et ma peine déjà délavée.
Il serait temps de donner vie aux enfants sages, Madame.
Je suis en retard, j’emprunte les itinéraires de la foule immense, je reviens toujours à cet endroit effrayant où plus personne ne parle, je reviens toujours à ces regards qui s’éloignent, je veux toujours poursuivre la ligne, mais la Terre est plate, qu’on se le dise, et je chuterai en découvrant sa dernière falaise.
Je détache mes mains, alors, si tu le veux. J’irai seule chercher mes certitudes, je les trouverai, au fond des abysses, dans la lumière terminale, dans la lypémanie accablante et la liesse sans objet. Je reviendrai intimider les cyniques de ma foi sans égale et sans dieu, je reviendrai brûlante et plus profonde qu’un gouffre, j’embrasserai ton visage de pierre et ta peau suintera. Pour quelques fragments d’absolu, pour la porte entrouverte derrière laquelle je chanterai doucement quand tu t’endormiras, pour la naïveté crasse que je fais déferler dans mes veines atrophiées, pour survivre, pour servir, pour soigner, je rattraperai le temps maudit où tu n’as pas vécu, tu rattraperas le temps que j’ai perdu à suivre.

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par Silence ! publié dans : Ecrits vains
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Mardi 8 janvier 2008
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 « D’abord, écrire pour moi répond toujours à un unique désir que je peux formuler ainsi : je veux raconter une histoire. Et même plus précisément, je veux raconter une histoire à quelqu’un, d’ailleurs si possible à tous et si possible à l’humanité entière. Seulement, à chaque fois que je m’installe à ma table pour faire cette opération-là, pour raconter telle ou telle histoire, tel ou tel fragment d’une histoire, il se passe toujours le même phénomène. Aussitôt les choses se brouillent et se complexifient. Je suis pris d’une sorte d’inquiétude, quelquefois même d’une panique à la seule idée du travail qu’il faut accomplir. Décrire un objet, raconter un évènement, rendre compte d’un sentiment, démêler un souvenir, exposer une action, peindre l’atmosphère d’un lieu ou la pensée d’un personnage, plus rien ne va de soi, comme si un épais brouillard se formait d’un seul coup, s’ingéniant à opacifier la vision, et plus encore que la vision, les mots pour la dire. […]
Si je ne fais pas par exemple de la photographie ou du cinéma, si je n’utilise pas une autre technique qui me permettrait de fixer objectivement en quelque sorte la couleur du ciel par exemple, c’est précisément parce que dans l’écriture, dans le troublant passage de la matière au verbe, à chaque phrase, à chaque paragraphe qui s’engage, s’ouvre un espace d’indécision, d’embranchement et de nuance qui sont aussi, autant qu’une angoisse, l’expérience quelquefois même heureuse du tremblé et du détour, de la liberté et de la pensée, de l’erreur et de l’exploration.[…]
Le livre, tout rempli de ce mouvement fragile, ne craint pas de venir se perdre dans la masse industrielle des choses pour mieux hanter le monde de sa confiance aiguë. Rempli d’une certaine probité, il vient là rejouer son vieux rôle de gardien, de veille et de vigie. Par quoi la littérature est pour toujours un sanctuaire ou un réservoir d’innocence.
Ecrire, dit Kafka, c’est bondir hors du rang des assassins. Car écrire, sans doute, c’est tout simplement réfléchir à deux fois avant d’agir, et même peut-être réfléchir à deux fois d’avant décrire. Il y a cependant un risque à définir les livres comme des veilleurs éternels. Le risque, outre celui de répéter une longue tradition romantique de la littérature, c’est celui de cantonner les livres et même leur industrie dans une certaine marge politique et esthétique du monde, en leur confiant cette tâche ingrate de se tenir toujours un peu à l’écart pour mieux réfléchir au double sens que ce mot possède.
Or si c’est là une part non négligeable du souci de l’écrivain, je voudrais aussi parier que cette humeur inquiète qui travaille le récit n’a pas pour seule et ultime tâche de veiller, ni de trembler sans cesse, encore moins de seulement opérer une déflagration dans l’ordre du monde. Mais aussi, au contraire, de maintenir, de vouloir et surtout de mettre en scène l’utopie d’un certain sens commun. L’écriture et l’écrivain éprouvent aussi, à proportion inverse de leur défiance, le besoin d’une langue commune et prennent toujours le pari au fond d’eux-mêmes qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine. L’imaginaire, pourtant travaillé par l’exigence d’un certain soupçon, vient aussi abriter non plus seulement ce qui nous sépare, non plus seulement la méfiance et l’inquiétude, mais encore ce qui nous tient ensemble, ne lâchant rien non plus de volonté de ternir pour partageable un morceau ou un autre d’expérience, un regard ou une sensation, le bleu du ciel ou la brume de la mer, suppliant au fond qu’une communauté soit possible. C’est-à-dire quelque chose qui dans le langage nous dirait qu’au fond, oui peut-être ou oui bien sûr, nous vivons sous le même ciel, et pourquoi pas sous la même nuance de bleu, et que c’est pour ça, pour ça d’abord que nous écrivons, c’est pour ça d’abord que nous lisons, pour nous reconnaître. L’échec de cette communauté, inhérent à toute littérature digne de ce nom, parce que laissant toujours poindre de l’irréductible, ne doit pas masquer l’utopie de ce peuple à venir dont parlait Gilles Deleuze, qui certes ne viendra jamais, mais dont l’horizon ne doit pas être perdue de vue, sous peine de faire porter au langage, non plus son utopie, mais seulement sa ceinture de plomb qui nous entraîne si vite au fond du lac, loin des cavités lumineuses, colorées et réfléchissantes de la littérature. »
 
Tanguy Viel, Colloque Livre 2010, février 2007, à voir ou lire dans son intégralité ici.
par Medellia publié dans : Press Control communauté : Ecrire
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Samedi 5 janvier 2008
D’autant que je me souvienne, les mots simples m’ont tuée. D’autres ont plongé dans mon ventre un poing bienveillant pour arracher la gangrène d’un amour dans le noir.
Tu n’inventes rien, tu ne proses pas, les tournures ne m’aident pas, la poésie me déplace, je n’ai besoin que du bon mot, celui qui a ce pouvoir délirant de me faire croire au pire, de ne pouvoir le mettre en doute, de ne pouvoir le combattre, le moquer. Ou celui qui dans un souffle m’enveloppera d’une torpeur caressante, dans une béatitude reconnaissante.
Tout ce que tu dis, je le crois, je le vis, je le reçois, j’en suis déchirée de part en part, et ton silence métastase, celui qui suit la sentence, répand la mort, reprend la joie.
J’entends tout trop fort et suis vite blessée. Car tes mots sont des lames chaudes, ou des massues glaciales.
Mais tu me parles.
Tous les autres sont muets.
D’autant que je me souvienne, j’ai toujours trop vécu. J’avais déserté les amours incertaines, j’avais même contracté mes élans, en vain, bien entendu, mais déterminée à toujours essayer de freiner. J’ai quand même pris les murs, sonnée, stupide de me relever, inconsciente de ne pas me protéger. Stupéfaite, toujours, de ne pouvoir que constater. Mon masochisme n’a rien d’exceptionnel, en somme. Je ne prémédite aucune de mes blessures, mes tremblements fébriles me surprennent toujours et lorsque le coup est trop fort je rampe dans une grotte lécher mes plaies béantes, obscènes, faire taire mes murmures de démence, mes sanglots trop indignes, reconstruire le masque de celle qui rit trop souvent, parle sans savoir. Je redeviens alors joyeuse, par égard pour la galerie, toujours tournante dans la lumière, qui perce à travers mes paupières fermées quand il faut danser jusqu’à la sueur, faire entendre le timbre, libérer les flots. Tous les bruits s’engourdissent alors, dans une ritournelle entêtante qui vient couvrir leurs voix, je souris car dans ma tête des corps au ralenti viennent éclater contre les vitres, se démembrent, jaillissent, retombent en rebonds. La tôle se froisse, les pantins se désarticulent, le fer et le verre viennent embrasser l’organe, des familles vont pleurer, ce soir. Je rouvre les yeux, les draps sont mouillés, défaits, j’essaye de ne pas pleurer, j’échoue.
Tu aurais du partir, me regarder tomber dans mes abîmes sans rien y comprendre, hausser les épaules et t’en aller. Mais tu demeures, et me serres, tu m’attrapes, et m’étouffes. Il n’y a aucun cartilage en moi qui saurait résister à ta tendresse fracassante.
Tu es ma plus belle croix, qui me muscle et m’assouplit, ma plus belle cicatrice, celle que je ne recouds pas et qui va rester vive, présente, profonde. C’est un honneur de me tuméfier contre ta poitrine, de me donner sans rien chercher à te reprendre, de toujours te trouver magnifique dans cette attitude franche, t’en aimer plus en silence, savoir que je peux m’égarer, errer, appeler car tu entendras, continuer à marcher dans le noir en habituant mes yeux pourvu, pourvu que toi, jamais tu n’aies faim, jamais tu n’aies froid.

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par Silence ! publié dans : Ecrits vains communauté : Les gros dossiers
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Quo vadis ?

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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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