Vendredi 10 août 2007

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 9 août 2007

 

par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 3 août 2007

« Mortels, vous vivez comme si vous deviez toujours vivre. Il ne vous souvient jamais de la fragilité de votre existence ; vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé ; et vous le perdez comme s’il coulait d’une source intarissable, tandis que ce jour que vous donnez à un tiers ou à quelque affaire est peut-être le dernier de vos jours. Vos craintes sont de mortels ; à vos désirs on vous dirait immortels. » Sénèque, De la brièveté de la vie.

 

« Des choses les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions, en un mot tout ce qui est opération de notre âme ; ce qui ne dépend pas de nous , c’est le corps, la fortune, les témoignages de considération, les charges publiques, en un mot tout ce qui n’est pas opération de notre âme. […] Ainsi à toute idée rude, exerce-toi à dire aussitôt : « Tu es une idée, tu n’es pas tout à fait ce que tu représentes . » Puis examine-la, applique les règles que tu sais, et d’abord et avant toutes les autres celle qui fait reconnaître si quelque chose dépend ou ne dépend pas de toi ; et si l’idée est relative à quelque chose qui ne dépend pas de nous, sois prêt à dire : « Cela ne me regarde pas ». Epictète, Manuel. 

 

« Le temps que dure la vie de l’homme n’est qu’un point ; son être est dans un perpétuel écoulement ; ses sensations ne sont que ténèbres. Son corps composé de tant d’éléments est la proie facile de la corruption ; son âme est un ouragan ; son destin est une énigme obscure ; sa gloire, un non-sens. En un mot, tout ce qui regarde le corps est un fleuve qui s’écoule ; tout ce qui regarde l’âme n’est que songe et vanité ; la vie est un combat, et le voyageur, un étranger, et la seule renommée qui nous attende après nous, c’est l’oubli. » Marc Aurèle, Pensées pour moi-même.

 

« Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

Alfred de Vigny, La mort du loup (Les Destinées)

 

« Et moi je vais rester, souffrir, agir et vivre ;

Voir mon nom se grossir dans les bouches de cuivre

De la célébrité,

Et cacher, comme à Sparte, en riant quand on entre,

Le renard envieux qui me ronge le ventre,

Sous ma robe abrité !

[…]

Quelle vie ! et quel siècle alentour ! – vertu, gloire

Pouvoir, génie et foi, tout ce qu’il faudrait croire,

Tout ce que nous valons,

Le peu qui nous restait de nos splendeurs décrues,

Est traîné sur la claie et suivi dans les rues

Par le rire en haillons ! »

Victor Hugo, Puisqu’il plut au Seigneur ( Les voix intérieures)
par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 28 juillet 2007

- Suite à une absence prolongée d'action de votre part, nous sommes contraints d'annuler la navigation -

BUT I'LL BE BACK SOON

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 11 juillet 2007
par Velma Egan publié dans : QG du QI
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 2 juillet 2007

Non, non ce n'est pas un nouvel hebdomadaire de gauche ni une obscure secte tantrique.

C'est THE Static Observer, avec Francis Buffle et Sieur JB, et c'est à PARIS les 06,07 et 13 juillet.

C'est un peu le mariage de Sade (non pas le marquis, quoique...), Didier Bourdon et Daniel Balavoine, mais je dis ça parce que je suis jalouse. C'est un peu aussi de la musique pour supermarché de l'amour, ils ont la vibe, c'est le gros kiff quoi. Tiens, ça me fait penser à jamais devenir chro-niqueuse de musique, ça.

C'était une page de publicité gratuite pour un groupe qui le fait, mais surtout parce qu'ils sont super beaux et bientôt très riches.

par Velma Egan publié dans : Ecoute
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Jeudi 28 juin 2007

BELLS FOR HER / TORI AMOS - LIVE

NOT EVEN YOU CAN STOP WHAT'S COMING, CAN STOP WHAT IS ON ITS WAY

par Velma Egan publié dans : Ecoute
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 26 juin 2007

Johnny ne voit pas très bien la raison pour laquelle il devrait garder son calme. Il se saisit pas tellement à quel moment la vie fut merveilleuse ou le sera. Alors bien sûr, ceux là plein d’un sang trop froid pour tourner, qui sourient de leurs dents les plus molles, trop petits pour un mot plus haut, il est bien entendu qu’ils ne sont pas plus baignés de la douce lumière d’une putain d’existence pertinente, exaltante, enfin tous ces termes qu’il fait bien d’afficher dans la discorde, comme autant d’idéal qu’on a dépassé sans même y prêter la moindre attention, dans la soif mordante d’aspirer à mieux et de ne rien rejeter, jamais, de ne rien donner qui pourrait nous manquer, de ne pas tendre de main, de ne pas aimer, jamais, car l’amour n’existe que dans les publicités, il vend, mais n’enrichit pas. Johnny s’en fout pas mal pourtant, par moments, lorsque la mer faussaire s’imagine calme, digérant les épaves sans fantômes, vestiges de sa colère inénarrable ; lorsqu’il croit la dompter enfin. Son rafiot ne tiendra pas très longtemps, pense-t-il, et la nuit tombe. Pourtant s’il rentre tard il faudra parler, s’excuser même, et il n’en est pas question. A 17 ans, bientôt 18, il sent s’approcher les bancs dangereux de la majorité, ceux où il ira s’échouer sans plus la moindre excuse. Jeune ? mais jeune, jamais il ne l’a été. Il tolère à peine de parler à sa mère, cette pauvre pieuvre qui n’en peut plus d’essayer de l’agripper en vain, qu’il trancherait bien en deux pour s’assurer que les femmes ont des viscères tant elles sont lâches et perfides. Mon père saurait, rage-t-il, en essuyant les embruns qui lui crachent à la gueule. Mon père saurait lui faire fermer sa sale gueule de morue trop salée. Rien, il ne dira pas un mot, pas un de ceux qui sont trop dits, rabâchés, ressassés, il n’en peut plus de parler, même peu. Personne n’a jamais écouté.

Il a dans ses paumes les cales de tous ces filets lancés, il a les yeux baignés de houle, la tempête gronde son sérieux imperturbable en lacérant son visage de rictus dessinant sa carte des vents. Tout un univers sous moi, tout un univers dans moi, rien au dessus, rien à terre, rien ni personne. Johnny ne sait jamais s’il rentrera, il espère certainement un peu défier les lois du genre en mourrant avant les statistiques de sa région, et déjà il s’en rapproche, déjà il sera trop tard pour mourir jeune, absurde de périr sans âge. Il a choisi l’effroi comme douceur suprême, et lorsqu’il embarque il sait déjà qu’il n’a rien de plus à trouver ici que la peur au ventre d’une lame de fond même pas tranchante, d’un récif plus affamé que lui, il ne fera jamais rien de lui ici, il rentrera encore vide et puant comme un phoque, même les poissons sont stupides, incapable de saisir quoique ce soit, tellement cons quand il sautent sur le bois mouillé croyant peut –être s’en sortir, ne se résignant jamais à la mort. Vitreux, gluants, il aime à les tuer un par un, surtout les thons, frimeurs des grands fonds, en bande agglutinés comme ces abrutis du lycée qu’il faudra bien massacrer aussi un jour. Profilés comme de mauvaises voitures trop brillantes pour masquer la laideur d’un mécanisme imparfait, ils révèlent cependant une gerbe splendide d’un rouge foncé inespéré dans tant de tons froids et gris lorsque la scie les sépare en tronçons fondants, si moelleux, annelés comme le chêne qui porte ses années en son centre. Ah, ça leur fermerait leurs sales gueules de junkies farineux, ce massacre impuni, la réjouissance de plonger ses mains dans la gueule de la poiscaille larmoyante pour lui arracher les entrailles d’un mouvement sec et consentant. La traînée de pourpre à l’arrière attirera bien quelques ailerons solitaires, que n’est-il requin lui même, Johnny s’en mordrait les doigts. Tellement de dangers, tellement d’hostilité, toujours la nausée, jamais, jamais il ne put la vaincre. Il est toujours reparti.

Johnny respire, il ne sert à rien de s’agiter tout seul comme un con, je ne suis pas un poisson putain. Il lance le filet. Allez, quoi, cette fois ci peut-être, enfin, après toute cette énergie déployée pour un espoir médiocre, il remontera le corps de son père.

par Velma Egan publié dans : Ecrits vains communauté : Les gros dossiers
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 25 juin 2007

Catégorie : "People are strange" 

 

Je me rends compte que je ne parle pas assez de moi par ici ces temps-ci, c’est fâcheux pour un blog. Remédions à cela voulez-vous, je vais commencer par vous raconter ma mésaventure à la Poste (j’y suis une habituée puisque je vends tout un tas de trucs d’utilité vitale que les gens s’arrachent à prix dérisoire sur Ebay – voir « ma boutique » dans mes liens ci-contre – et hop, ça, c’est placé). Comme on le sait, la Poste c’est le poste (oh ça va) d’observatoire n°1 d’une ville et de tous les déchets qu’elle ne rejette pas (je ne m’en exclue pas mais j’en suis un très joli). Aujourd’hui, alors que j’attendais sur un banc devant, deux délinquantes de 50 ans que je n’avais pas vues arriver me tombent dessus en m’interpellant de façon somme toute très cavalière « Oh, vous, vous avez le temps de lire ! ». « Euh, ça dépend » répondis-je dans un éclair d’inspiration. C’est ça aussi de prendre les gens par surprise.

« Choisissez vous un de ces magazines, mademoiselle.

-         Mais vous êtes qui ? (je précise que je souris à ce moment là quoique sur mes gardes, un accident est si vite arrivé ce serait con avant l’été)

-         Nous sommes les témoins de Jéhova, bien sûr, nous sommes connus ! (elle, très pimpante et de fort bonne humeur, ce qui me pousse à poursuivre une discussion qu’en temps normal j’aurais déjà abrégée à ce stade)

-         Ah, désolée, je fais partie du monde malheureux des athées.

-         Mais est-ce que vous croyez en vous ?

-         Oui, c’est déjà pas mal.

-         Et bien vous n’êtes pas athée. (très contente, marque un point)

-         Ah. (je ne vois pas très bien quel point mais soit, je me sens d’humeur à me convertir)

-         Vous ne croyez pas aux religions ?

-         C’est ça, je me débrouille comme je peux mais c’est ça.

-         Pourtant vous ne croyez pas à une force unique, centrale, puissante ? (je sens qu’elle va s’envoler, je compatis il m’arrive d’avoir ce genre de monologue passionné et absurde, je vois enfin ce que ça fait)

-         Et bien non, sinon je croirais en un Dieu, non ? Non moi je crois au chaos, ça me convient parfaitement pour le moment.

Un petit silence, elle recharge, puis, et là , oh merveille, L’argument :

-         Pourtant le hasard fait bien les choses en ce qui vous concerne, vous êtes belle plante (compliment dont j’ai l’habitude, quand on passe une certaine taille, on est forcément une plante, ça pourrait être pire, elle aurai pu me traiter de chêne), et vous n’avez pas les oreilles sur les bras ou le nez sur la tête !

-         C’est sûr.

Et là, miracle, une énorme averse vient nous doucher, je me lève pour trouver refuge et je lui réponds, sauvée par le gong, « Ah si, il y a bien quelque chose en haut, mais il est visiblement de mon côté pour cette fois ci, bonne journée madame ! »

Et les témoins de se disperser en souriant.

Quelle histoire. Elles ont marqué un point cependant. J’ai réfléchi que je ne croyais en rien, et que c’était fort triste. Et puis ça a été mon tour au guichet et la vie a repris, fort heureusement, son cours, après cette parenthèse mystique trop intense pour un lundi.

 

Bon d’accord, je vais arrêter de parler de moi.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 24 juin 2007
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Quo vadis ?

Pense bête

« Fils d’hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » 
(Psaumes 4,3)

Element of ears

free music

Exhibitions

Vos points de vue

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Contact - C.G.U. - Signaler un abus