Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 13:04

Matthias Grunewald. Crucifixion. Detail. 1510-1515. Oil on

 

 



Introduction, partie 1


Partie 2


Partie 3


(Extrait ) Le chrétien, d’ailleurs, inquiète de plus en plus. Dioclétien (285-305) qui pendant 18 ans de son règne eut peu à redire sur cette secte vive, finit par craindre le nombre grandissant de ses adeptes au sein même de ses rangs. Il prépare alors les épurations. 303 est une nouvelle année bien sanglante, et par le biais d’un édit particulièrement vicieux, le chrétien se voit tenu de faire acte public d’adhésion aux cultes de l’Empire sous peine de châtiments incluant bien entendu la mort violente. L’intolérance, terme anachronique mais pratique, connue à l’époque sous le néologisme misallodoxia, littéralement haine de l’opinion d’autrui, commence à fermement se ressentir, et les textes eux-mêmes se durcissent. Pour la première fois, une collaboration s’établit entre les législateurs et les polémistes.

 


 


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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 18:20

On évoque souvent la murène du Romain Crassus. […] lorsque Crassus l’appelait, elle reconnaissait le ton de sa voix et elle nageait vers lui. […] Crassus alla même jusqu’à la pleurer et à l’enterrer lorsqu’elle mourut. Un jour que Domitius lui disait « Imbécile, tu pleures la mort d’une murène », il lui fit cette réponse : « Oui je pleure une bête, quand tu  n’as pas versé une larme pour les trois épouses que tu as enterrées. »

 

Élien, La personnalité des animaux, VIII, 4.

 

 

le-rocher-du-terre-neuve


 

Or, c’est mon être profond qu’il me faut vous exposer, une étrangeté, une déviance, une maladie de mon esprit, si vous voulez, pour que vous compreniez qu’un abîme aussi infranchissable me sépare des travaux littéraires auxquels je suis prétendument attelé que de ceux accomplis et que j’hésite, tant est étrangère la langue qu’ils me parlent, à considérer comme miens.*

 

Sur la digue les images défilaient, j’embrassais la mer comme toujours, découragée par sa poignante beauté. Imbécile, à regarder la mer. Qu’en attendais-je donc, encore ?

Je parlais, je parlais, obscurcissant mon invincible silence, je sentais avec un chagrin immense qu’il ne faudrait bientôt plus parler. Émiettée et contrite, plus je parlais et moins j’avançais, sur cette digue, qui me parcourait, elle, se déroulait sous mes pieds.

 

Mon cas est, brièvement, celui-ci : j’ai totalement perdu la faculté de penser ou de parler de façon cohérente, sur quoi que ce soit.

 

Enfin tout fut dit, du moins pour quelques pénibles heures, déchirée entre l’ivresse de m’entendre prononcer tout ce que j’avais élaboré, filé laborieusement sur mon canevas intime, et tyrannisée par une injonction sourde, primaire, lancinante de recommencer à me taire.

J’en ai toujours trop dit alors, je repars en me manquant à moi-même, faussement épurée, honteuse de ne saisir que bien trop tard le sens profond qui se dérobe sous l’avalanche des sons bien ordonnés qui viennent sonner le glas de leur possible reconversion.

J’ai malheureusement fixé sur les membranes amies de l’être qui m’écoute une péremption de concept immédiatement factice, j’ai trahi pensant le faire taire en l’énonçant fièrement, le frêle amas de sens que j’emboitais tout ce temps avec patience, consciente du jour trop proche où encore il s’éboulerait me laissant désœuvrée, insatisfaite devant la formulation.

Pire que cela, malheureuse, malheureuse d’avoir parlé, d’avoir entendu tous ces mots m’éloigner un peu plus d’une possible compréhension, d’un possible autre qui les aura tous pris pour ce qu’ils ne sont pas.

 

J’avais l’impression d’être enfermé dans un jardin où il n’y avait que des statues sans yeux ; de nouveau je pris la fuite.

 

Mais non bien pire encore que cela, déjà morte, maudite immédiatement d’avoir proféré ce qui en moi était une pure vérité protégée, patinée, et qui en dehors devient un mensonge sidérant d’omissions impardonnables, de raccourcis grotesques, immédiatement attaqués car offerts nus aux lances.

Sous l’effet alchimique d’un vent et d’une note, déformé par le ton, l’impulsion erronée d’un système de nerf, d’émotions bien sauvages, boyaux semés d’embûches entre ma bouche et moi, mes mots passant me tuent, je meurs en couche.

J’ai pris alors brutalement le parti de me taire, me trouvant, fait assez rare pour le signaler, en présence d’une personne ne craignant pas ce silence. Mon visage tombait, de fatigue peut-être, je n’ai pas pris la peine de me diagnostiquer. J’étais sous l’emprise étonnante d’un masque séché, refusant de sourire. Je redoutais, accompagnée, ces accès de repli. Mais ici encore rien ne me fut reproché.

 

Nous approchâmes un grand manège de bois faisant face au vieux port. Mon œil fut attiré par un avion cramoisi d’une brillance surnaturelle, me faisant oublier pour un peu le désintérêt manifeste que m’inspirait jusqu’alors cette étrange attraction. J’imagine souvent devant cette structure débile les deux jambes scellées d’une danseuse aspirée à jamais par la force centrifuge de ses pointes, le jupon de nacelles fendant l’air, et j’attends, comme je ne peux m’empêcher de le faire lorsque j’assiste à toute fête trop vaine, que cela dégénère et que chacune de ces coupelles de fer se détachent pour aller s’écraser dans la clameur et la désolation d’une foule surprise.

 

Ce sont bien des tourbillons, mais à la différence des tourbillons de la langue, ils n’ouvrent pas, semble-t-il, sur le néant, mais conduisent d’une certaine façon en moi-même et au cœur de la paix.

 

Je détournai mes yeux.

J’attendais autre chose.

Plus tôt dans la journée, alors que nous nous éloignions de la plage du débarquement canadien, nous remarquâmes un panneau énigmatique indiquant MARCHE NOCTURNE A PARTIR DE 18H. Plus que jamais consciente de la nécessité d’accentuer les capitales, je ne pouvais trancher entre les deux sens possibles, espérant fortement une procession calme portant devant elle flambeau, mais ne trouvant qu’une dizaine de chalands s’affairant devant les étals bariolés de marchands d’éphémère. Seulement j’avais remarqué au passage une manifestation de dressage de chiens Terre-Neuve dans le parc adjacent.

 

Je ne sais combien de fois me revient à l’esprit ce Crassus avec sa murène, reflet de moi-même projeté par-dessus l’abîme des siècles.

 

Fascinée par ces chiens magnifiques j’essuyais un refus catégorique d’assister à cette fête. Élaborant alors, déterminée, une théorie que j’estimais bancale mais pourquoi pas probable, je rongeai mon frein estimant que dans une si petite ville, les maîtres de ces splendides créatures en déplacement pour l’après-midi dormiraient probablement sur place et n’auraient pour loisir le soir venu que cette marche, ou ce marché, pour sortir leurs compagnons encombrants.

Et je fus exaucée.

Ils étaient là, il y en eut deux puis trois, des jeunes et des moins jeunes et ravie, je sombrais dans la joie béate et chagrine et cajoler ces poupons dangereux sous l’œil torve des individus ventrus et poilus qui les tenaient en laisse. Je pourrais pleurer le long d’interminables heures à la simple évocation de certaines espèces du monde animal, leur contact, leur souffle, leur humeur m’électrise et me tend vers un monde ignoré, oublié, interdit, celui dont ne naîtra jamais aucune parole coupable.

 

Je rentrais assez tard dans mon étroit logis. Je tournais et tournais, l’eurêka sur la langue, pensive mais apaisée à l’idée d’une confirmation sur le point de subvenir.

 

Parce que la langue justement dans laquelle il m’aurait peut-être été donné non seulement d’écrire mais aussi de penser n’est ni la latine, ni l’anglaise, ni l’italienne ni l’espagnole mais une langue dont aucun des mots ne m’est connu, une langue dans laquelle les choses muettes me parlent et dans laquelle j’aurai peut-être un jour à rendre des comptes devant un juge inconnu.

 

De mes piles d’ouvrages vissés les uns aux autres par un entassement compliqué, je le vis dépasser. Mince tranche rouge humble, mauvais papier, visage moustachu fatigué.

Lettre de Lord Chandos. Hugo von Hofmannsthal. Son heure semblait venue, enfin.

 

S’ensuivit une nuit féérique, de celles prétendument ineffables où je ne fis que me taire mais tisser stupéfaite rétrospectivement à cette journée particulière les bribes d’un sens donné par un plus jeune, plus fort, plus achevé que moi. Et que mon cœur surpris dans ce miroir explose, une nouvelle fois.

 

 

* Les passages en italique sont extraits de Lettre de Lord Chandos, de Hugo von Hofmannsthal, Rivages poche, 2000, pp 51, 65, 93, 97, 98.

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 18:44

 

Hermès Trismégiste



Lundi matin, 11h20, librairie momentanément libre après une reprise d'activité plutôt encourageante.

L'homme entre et vaque à ses occupations sans que j'y prête la moindre attention. Il s'approche soudain, timide, hésitant, du moins l'ombre qui tarde à s'incarner sur mes rétines aspirées par l'écran et sa succession de titres lobotomisante.


« Vous êtes dans une période de mutation personnelle, vous, non ?

- Comment ?

Je relève les yeux de mon logiciel de commandes pour rencontrer ceux, pour le moment stables bien que cernés de cet étrange félin en costume jaune, d’un âge indéfinissable, bien de sa personne.

- Oui, une mutation astrale.

- Ah. Vous cherchez du Hermès Trismégiste, vous, non ?

- Non, je connais tout, évidemment. Vous devriez faire un tarot divinatoire. Je sens bien les choses perceptibles, chez ceux qui perçoivent mais qui manquent pour autant de la perception perceptible qui les entoure (de mémoire). Le fond de son œil ne chavire toujours pas, diantre, l’homme ne souffrirait-il donc non pas d’une seule névrose, mais selon Robert Musil qui définit ainsi l’homme sain, de toutes en même temps ?

- Oui, pourquoi pas (restons commerçante), j’attends le bon moment, le déclic.

-Vous avez remarqué que les gens ne chantent plus ? Ce putain d’œil reste stable, alors ou bien j’ai déjà franchi son Styx, ou bien il faut que je me résigne à avoir une conversion décalée avec un homme sain, ce qui peut mener rapidement à l’amour, méfiance.

Les gens, avant, quand ils étaient heureux, ils chantaient. Maintenant ils parlent à peine. Tu m’intéresses, coco, continue. Parce que pour chanter, il faut chanter juste. Plus personne ne sait chanter, et personne ne se soucie de parler faux. Damned, je suis amoureuse.

Faites ce tarot. Vous avez une occasion, et c’est instructif.

- Non merci, une autre fois sans doute, si j’ai l’air en mutation, c’est surtout que j’ai la crève.

- Non, vous vous posez des questions.

- Oui mais c’est facile de rentrer dans une librairie et d’imaginer que celle qui la tient se pose des questions, environnée de tout ces livres, je ne suis pas très impressionnée. Faites mieux que cela.

- Vous devriez aimer les Etats-Unis et le Canada, et cela vous irait bien. J’ai quitté la Floride et son environnement de tricheurs. J’en ai intégré un nouveau, avec d’autres tricheurs mais qui me trouvaient neutre. J’étais neutre, bien sûr, mais avec mon background. J’ai rapidement tout résolu.

- C’est mieux, déjà.

- Vous évoluez, mais vous semblez immobile au milieu du temps, et c’est lui qui s’écoule autour de vous. Changez de lieu. Vous évoluez dans un milieu, un lieu qui vous empêche. Trouvez votre lieu.

- Vous vendez des cartes de tarot, finalement, ou des voyages ?  »

 

Il me sourit énigmatique, toujours pas cinglé. Pas dupe non plus de mon cynisme de façade.

 

«Vois le voile. Poussière de demain, pousse hier de deux mains. J’aime parler homophonique.

- Lacan aussi, moi moins. Mais c’est joli.

 

-Vous vous appelez comment ?

- Paméla. Mais qu’est-ce qui me prend ?

- Moi c’est Gabriel.»

Evidemment.

 

Il se dirige vers la sortie, se retourne et dans un sourire fracassant :

 

« Qui sait, un jour je vous donnerai peut-être une deuxième chance. »

 

Il sort. Je suis médusée. Je me demande quelle substance permet à ses yeux de paraître si sereins, lacs immobiles recouvrant toutes les hydres.

Et nous ne sommes que lundi matin.

Si je ne donne pas signe de vie d'ici demain, cherchez dans les poubelles du boulevard.


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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 12:31

L-empire-romain.JPG



Après l'introduction, la chronique continue:


Le silence de l’aube

Premier problème soulevé par l’auteur concernant ces groupes auto-organisés, efficaces et prosélytes, chacun dans leur domaine, première difficulté des premiers temps : le silence, consécutif au mépris.

Qui, dans les rangs païens d’alors aurait eu en effet intérêt à prêter la moindre importance à ces individus illuminés, se réclamant de la secte du nouveau Dieu, prêts à mourir, et le prouvant à maintes reprises, pour atteindre un étrange Royaume des cieux ?
Jésus, crucifié sous Tibère, le troisième des douze empereurs julio-claudiens du premier siècle, est ressuscité. La nouvelle se répand sous le zèle des apôtres, le règne de Christ, dieu unique et vigilant, est advenu, nous dit-on alors. Mourrez pour lui, honorez son sacrifice, atteignez le Royaume !
Du calme, je vous prie, rétorque-t-on en face, d’un geste las pour éloigner ces bourdonnants énergumènes, pourquoi venir perturber un Cosmos jusqu’ici sans histoire, pour prôner un changement, une rupture avec des Dieux pluriels et indifférents, certes, mais néanmoins ancestraux ?

La suite ici.

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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 15:31

Alfred Kubin

 

 

Mais enfin tu ne me feras pas croire que de me réveiller paniquée en pleine nuit, la tempe furieuse et le pouls délirant, la nécessité plaquée au corps de te hurler dessus, de te frapper si besoin est, relève d’une tension éminemment érotique. Je n’ai aucune tendresse pour toi, tu ne m’en laisses jamais la place, occupé que tu es à lustrer ton poil mâle devant ton reflet triomphaliste. Je rêve de seulement t’interrompre. J’aimais les hommes, oui, quand ils ne s’aimaient pas déjà eux-mêmes à s’en faire crever le cœur. Tu as dû mal comprendre que lorsque j’en appelle à ta fougue, ce n’est pas de cette putride passion pour toi-même que je parle.


Tu t’approches, éclatant de bravoure, assuré que tu vas encore une fois franchir les Alpes en éléphant rien qu’en me faisant partager tes admirables vues sur à peu près tout ce qui existe sans jamais, bien entendu, que je les aie convoquées, je me dresse défensive, découragée par le moindre des mots qui va franchir, intrépide, arrogant, si simplement pénible, ta bouche qui viendra ravir tout mon air. Je déploie ma méfiance de ce magnifique mouvement contradictoire qui me fait défier d’un front en biais le ciel, courbant dans la même diagonale les épaules pour esquiver tes gênantes et injustifiées conquêtes en mon sein-même. Tu vas encore parler de toi, je fus patiente pourtant, de toutes tes victoires, de tes théories imparables, de tout ce qu’il serait bon que je fasse pour devenir comme toi. Tu vas déchirer mon silence, celui que je tissais pour te caresser mieux, prendre soin de ne pas te griffer des milles langues qui tentent de sortir à chaque seconde de ma gorge musclée, pour venir te vaincre une fois et une seule, tuer ton âme mal armée malgré toutes tes esbroufes.  Je connais, bel enfant, les formules qui te terrasseront, voudras-tu donc enfin, comme tous, que je les assène sous tes yeux ébahis, vitrifiés par l’aperçu stupéfiant du monstre qui est en moi ? Pour l’heure tu souffles et siffles, t’exaspères d’être supérieur, méprisant sans vergogne le plus faible que toi, m’interpellant au milieu de ta plaidoirie comme une ébaubie acquise à ta rhétorique offensive, me tordant les mains d’extase au milieu de la piste du cirque où se meuvent fourbus et dépités les fantômes des vaillants qui te font soi-disant allégeance, tu sembles à peine me voir, tu saisis l’occasion de cette forme qui s’incarne au coin de tes rétines papillonnant sur la foule se vidant par les entailles que ton mépris laisse béantes, dans ton soliloque permanent, erratique, tu t’empares de cette idée de ma présence coupable,  témoin introduit par erreur dans ton disque hermétiquement parfait.


Tu m’autorises enfin, magnanime et superbe, à devenir comme toi. Tu consens à m’éduquer, me hisser vers des sphères dont tu n’as pas vu, fou, que je les avais déjà moi-même disposées avant même ton arrivée. Tu es en retard, je t’attendais, et tu ne le sais pas.


Mais je ne vais pas devenir comme toi.


Je n’ai plus aucune tendresse pour toi.

Ne comprends-donc tu rien ?


Je fus déjà comme toi.


 

Et tu voudrais me faire croire à cet amour ogive refermant son couvercle sur n’importe quelle proie pourvu qu’elle consente à y cuire baisant les pieds d’un dieu jusqu’alors ignoré, alors que déjà j’affute mes couteaux derrière mon dos, te souriant calme, attendrie pour une fois par la candeur vide et agitée dans laquelle tu passes, sans le savoir, nos tout derniers moments.


 

Dieu ce que je hais ces sinistres triomphes.

 

 

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  • : Medellia au V.I.T.R.I.O.L: creuse, trouve.
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  • : "Un livre qu'on soutient est un livre qui tombe" disait Rivarol. En le ramassant on se blesse. Il convient alors ensuite de "porter élégamment la cuirasse".

Pense bête

Fils d'hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » (Psaumes 4,3)

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"Ne l'oubliez jamais, pendant que vous mesurerez vos abîmes..."

 

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