Jeudi 4 octobre 2007

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(Manara)

par The bitch is back publié dans : Quoi encore ??
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Dimanche 30 septembre 2007

I

L faut du courage pour attendre, supporter le poids sans faillir des secondes du compte-gouttes qui distille la soude caustique dans les veines, protéger le cœur des assauts sans pitié de la cavalerie du doute, piquante, brûlante, jamais éreintée, et s’endormir, épuisée de rien, effrayée par le vide, perdue dans le noir.

Il faut du courage pour trier la version la moins dévastatrice d’une histoire qu’on ne nous raconte pas, se l’inventer douce et lumineuse, la défendre contre l’angoisse de la paranoïa surgissant, stupéfiante de violence, sordide quand elle s’annonce.

Le ventre se contracte, la gorge fait barrage, les larmes attendent d’être sûres, tout n’est que plaie béante, bain d’acide, pelote de clous rouillés. On croit comprendre un vertige, on a besoin de sucre, on voudrait juste qu’il arrive, il n’y a pas d’autre option pour annuler le malaise, pour rompre la corde qui asphyxie. Il faudrait juste qu’il arrive enfin, qu’un message nous parvienne, un mot, un son, un souffle.

Il faut du courage, et on n’en a jamais. La panique gronde, on la ravale, on essaye d’empêcher le frisson, on se demande comment partir de là où on en est arrivé sans trop savoir pourquoi.

On écrit pour pas crever, parce que c’est trop fort à la fin, tout est trop fort, ce n’est même pas lui, ce n’est même pas l’amour, ce n’est même pas ça. Rien ne nous épargne, on deviendrait infréquentable pour cicatriser les écorchures, on implore que tout ce cirque cesse, mais à peine les ballons rangés on applaudit le rappel. Et on écrit pour pas se balancer de la fenêtre parce que c’est insupportable d’avoir les organes qui tapent pour sortir, sans cesse, c’est impossible que le torrent ne s’arrête que pour nous laisser desséchés, la bouche craquelée, obligeant son retour.

On attend, on crève.

On embrasse, on crève.

On quitte, on crève.

On rit, on crève.

On écrit pour pas crever. On hurle par les doigts pour pas réveiller les voisins. On pleurera demain, quand personne ne verra. On est forts, on écrit pour pas crever, et on crève pas. Jamais.

Et d’ailleurs on ne sait pas tellement de quoi on a peur exactement, la peur au ventre, la solitude, l’abandon, le mépris, tout est bien vain au regard de l’étendue de ce dont on est capable.

Coupables, les peureux, les lâches, les passifs. Coupables de n’être pas sûrs, de manquer de méthode. Coupables de n’avoir pas de guerre où combattre, et mourir. Coupables d’avoir le nombril qui saigne, de vouloir croire qu’il est possible et nécessaire d’être heureux en amour, de n’avoir que ça à foutre d’essayer. Coupables de baisser les bras, d’attendre le miracle, de se tromper de signe, de ne rien y comprendre.

Je suis coupable, j’écris pour pas crever en attendant la mort. Je crois savoir de quoi je parle, je crois que parler de mort ou de souffrance les conjure, dans une naïveté crasse, même pas capable de crever, coupable de ne pas essayer, à cran que personne ne réagisse, à cran de ne pas savoir remercier.

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par Silence! publié dans : Ecrits vains
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Vendredi 28 septembre 2007
Quel silence... on me croirait presque occupée.
Vous ne perdez rien pour attendre.
J'ai lu des livres, vécu un tas de trucs absolument fascinants, j'ai même appris à faire des choses incroyables en informatique, je raccroche un peu mes neurones en suivant des cours autour du livre - j'en dirai probablement plus assez rapidement - attendez donc un peu qu'on finisse par me trouer le mur afin que le réseau, enfin surgisse....
Peut-être alors enfin, ce grand bordel organisé qu'est ce blog finira par se structurer un brin, et servir - rêvons un peu - à quelque chose...
Pour l'heure, et ce sera tout à fait dans le ton, lisez donc "Le Musée du Silence" de Yoko Ogawa.
Vous m'en direz des nouvelles, bien que ce soit un roman. Pour les pressés, les paresseux ou les nipophobes, je m'essayerai probablement à une mince chronique dans les semaines à venir.
Dans l'intervalle, sursum corda.
par Silence publié dans : Quoi encore ??
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Lundi 27 août 2007
I'm going back to the start, it will take me a few days, weeks maybe. Leave a message. Don't drink too much. Be good to animals. Make sports. Listen to classical music and wear nice clothes.

par The bitch is back publié dans : Ecoute
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Samedi 25 août 2007
(En regardant une émission sur arte, sur le lien des personnes aux animaux de tous temps dans le monde, j’entends que ne pas faire le deuil correctement d’un animal est une particularité occidentale, où tout ce qui touche de près ou de loin au cœur, au tendre, au doux est de plus en plus tabou et raillé. Cependant, nous sommes la civilisation la plus dépressive, inquiète et chagrine qui soit. Et rejeter en se moquant de réelles douleurs conduit bien évidemment à un retour de flamme brutal matérialisé par de grands vides et manques aussi soudains que d’apparence inexplicables.
Lire ou relire Boris Cyrulnik et ses ouvrages sur la résilience, le lien animal ou les nourritures affectives pourrait être une bonne chose par les temps qui courent. Pour l’heure, voici un court et naïf hommage à mes deux derniers chats, qui eurent ce mérite certain de me faire rire et pleurer.)
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Quand elle est arrivée, à peine trois mois et les yeux liquides, le pelage incertain et la peur au ventre, je me suis jetée à cœur perdu vers cet animal silencieux et sage, je m’y suis instantanément vouée, sans retenue, sans réticences, je me suis laissé prendre en retour par le mystère feutré de sa présence collée serrée, sans explication ni promesse.
Ma maison était froide, souvent vide, mon cœur ne battait plus que pour me rappeler ma fin, je ne parlais plus des jours durant, trop triste pour pleurer, rien à dire, rien à donner. Infiniment incertaine, je cherchais à m’habituer au rien, incapable de me révolter contre ce sommeil permanent de mes sens. De façon tout à fait prévisible, et même banale, je me suis tournée vers l’animal, et son attachement régénérant.
Pour mon plus grand soulagement, la communication fut gestuelle, des regards plongés profonds, un besoin de contact. J’empoignais sa fourrure, elle pétrissait ma poitrine de ses coussinets bienveillants. Elle s’endormait enfin juste sous ma gorge, aspirant de ses vibrations magiques toute peine qui subsistait en moi, elle dénouait en quelques secondes des nœuds séculaires, j’en oubliais presque que j’étais mortelle. Et je n’étais plus seule.
Moi je la protégeais, même contre sa propre espèce, et lorsque terrifiée et le poil gonflé d’inimitié envers un congénère elle courait d’instinct se réfugier entre mes jambes, je la rassurais et lui témoignais mon soutien en la nourrissant de ce qu’elle aimait. Je la faisais jouer, plus amusée peut-être moi-même de son incessant flipper avec un gland, ou de son attachement certain à une plume qu’elle déplaçait de pièce en pièce, régulièrement et fièrement.
Elle, elle chassait pour moi, rapportant à mes pieds, toute frétillante de gloire, un merle à peine achevé, elle prenait à sa charge mon silence entendu, et ne laissait jamais mes genoux froids dès lors que je prenais assise.
J’ai aimé ce chat d’un amour profond et tacite, et lorsqu’elle mis bas un petit, un seul, en tout point semblable à elle mais un mâle, j’ai compris que cet attachement sans fin pouvait se reproduire, et ma sérénité en fut redoublée. Lui si fragile, elle si concernée, je voyais sous mes yeux les étapes de la création, émerveillée et inquiète, j’espérais qu’ils ne manquent de rien, que jamais rien ne les atteigne, je guettais le premier pas, mon cœur se brisait pour un rien, je pleurais sans raison. J’avais au creux des mains un nouvel arrivant, d’une confiance folle, dormant contre mon bras, jouant dans mes cheveux. Sa mère me regardait prendre un relais qui l’arrangeait, elle me le portait avant de sortir, le lien se transformait, on savait toute deux qu’elle serait la première à partir, que sa condition animale ne lui permettrait pas de s’engager plus avant.
Il a fallu que je vous quitte, vous mes tendres amis, mes compagnons de tant de jours amers, heure après heure j’ai tissé un lien qui peine à se trancher mais j’ai du vous trouver un nouveau foyer non sans un profond chagrin, sincère mais nécessaire, car je dois migrer vers un cocon trop petit et je ne vous veux pas en cage. La mienne sera bien vide, et froide, cet hiver, mais je penserais à vous sur les genoux d’un autre, espérant follement que d’instinct, vous n’oublierez pas, jamais, votre premier lien humain.

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par Medellia of the Grey Cats publié dans : Ecrits vains
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Jeudi 23 août 2007

« Oh, I’m no one’s wife, but, oh, I love my life, and all that jazz. »
 

Je n’ai pas de plus belle histoire d’amour. Je n’ai pas de regrets. Je n’échangerais aucun coup, aucune larme contre la torpeur molle des artères fatiguées. Précisions.

Je suis responsable mais ne plaide pas coupable. Les décisions prises sont mûries, mes états de cœur, jamais. Je ne briderai pas la bête, c’est folle qu’elle me ravit. J’éviterai, à l’avenir, d’offrir une contrefaçon dans un écrin original, c’est certain. Je le dis sans cruauté, et sans haine, sans forfanterie ni fierté mais je ne suis à personne et ainsi, je peux mieux me prêter.

Il est certain que je préfère le rythme et les coupes de la version courte, à regarder en boucle. Et cela sans enlever aucunement à chacun de mes partenaires de cœur passés leur importance, leur singularité, leur merveilleux parfois. Il arrive d’échouer, peu importe je recommence, je les laisse venir, me remplir, me faire croire.  Mais je ne veux jamais m’habituer à eux, et jour après jour les effacer de trop les voir, user le brillant. Je veux qu’ils manquent, qu’ils me hantent, me réchauffent. Je veux le cœur serré du départ, le sourire du retour, le silence des souvenirs, le murmure de l’attente.
 

« An empty house is not a home » 

C’est en quai de gare que j’aime vivre, en port d’attache, en gîte étape. Pour autant je ne suis jamais seule lorsque l’on me touche ou me quitte, je vibre assez pour tenir la distance, je déplace mon centre, sans cesse, et sans cesse, je me retrouve. Je m’étais manquée, ces temps-ci. Moi et moi-même allons enfin vivre ensemble, et accueillir comme il se devra le special guest de chaque épisode.

par Velma Egan publié dans : What if I'm real ?
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Lundi 20 août 2007

PEUPLE CRUEL...

par Velma Egan publié dans : Reviens gamin, c'était pour rire
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Samedi 18 août 2007

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

Alors je sais, je cite, je cite, en attendant je ne fous plus rien, je me dissimule derrière les mots, les musiques, les images des autres. Je suis en vacances, mais le fait que nous soyons au mois d’août est une pure coïncidence, je suis en vacances de production personnelle. Je n’ai plus rien à dire quand je dois faire, et je fais, soyez en sûrs. En attendant que je rempile un peu mes neurones, je vous ai mis une playlist, populaire j’en conviens, mais l’élitisme musical pousse à quelques catastrophes de goûts que je préfère me permettre en restant dans les bons chemins battus par d’autres. Je ne me sens pas aventurière ces temps ci. Et justement, dans cette playlist, donc, se niche entre autres petits trésors à déterrer sous les couches trop évidentes, une version chantée de ce poème par sieur Lavilliers. Alors on peut rire, bien entendu. On se rassure comme on peut. Vous enchaînerez avec un petit « Il faut vivre » de Reggiani et vous m’ôterez vite fait ce sourire insolent qui flotte encore sur vos visages d’incrédules. A la bonne vôtre, et soyez bien assurés, tous autant que vous êtes, de mes sentiments aussi distingués qu’un caniche royal chez le toiletteur.
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Samedi 18 août 2007
par Velma Egan publié dans : Quoi encore ??
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Dimanche 12 août 2007

L'extase

La nuit était venue, la lune émergeait de l'horizon, étalant
sur le pavé bleu du ciel sa robe couleur soufre. J'étais
assis près de ma bien-aimée, oh ! bien près ! Je serrais ses
mains, j'aspirais la tiède senteur de son cou, le souffle
enivrant de sa bouche, je me serrais contre son épaule,
j'avais envie de pleurer ; l'extase me tenait palpitant,
éperdu, mon âme volait à tire d'aile sur la mer de l'infini.

Tout à coup elle se leva, dégagea sa main, disparut dans la
charmoie, et j'entendis comme un crépitement de pluie dans
la feuillée.

Le rêve délicieux s'évanouit... ; je retombais sur la terre,
sur l'ignoble terre. O mon Dieu ! c'était donc vrai, elle,
la divine aimée, elle était, comme les autres, l'esclave de
vulgaires besoins !

Joris- Karl Huysmans

***

Vénus Anadyomène

Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe...

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.

Arthur Rimbaud

par Velma Egan publié dans : QG du QI
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Quo vadis ?

Pense bête

« Fils d’hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » 
(Psaumes 4,3)

Element of ears

free music

Exhibitions

Vos points de vue

Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

Chrysippe

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