Vendredi 19 septembre 2008
Publié dans : Reviens gamin, c'était pour rire
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Mercredi 17 septembre 2008

« Méfiez-vous de ceux qui tournent le dos à l’amour, à l’ambition, à la société. Ils se vengeront d’y avoir renoncé

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Rater sa vie, c’est accéder à la poésie – sans le support du talent.

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Le mention des déboires administratifs (« the law’s delay, the insolence of office ») parmi les motifs justifiant le suicide, me paraît la chose la plus profonde qu’ait dite Hamlet.

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La cellule nerveuse s’est si bien habituée à tout, qu’il nous faut désespérer de concevoir jamais une insanité qui, pénétrant dans les cerveaux, les ferait éclater.

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Mystère, – mot dont nous nous servons pour tromper les autres, pour leur faire croire que nous sommes plus profonds qu’eux.

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La sagesse ? Subir dignement l’humiliation que nous infligent nos trous.

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Le meilleur de moi-même, ce rien de lumière qui m’éloigne de tout, je le dois à mes rares entretiens avec quelques salauds amers, avec quelques salauds inconsolés qui, victimes de la rigueur de leur cynisme, ne pouvaient plus s’attacher à aucun vice.

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Le scepticisme est l’élégance de l’anxiété.

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Pour punir les autres d’être plus heureux que nous, nous leur inoculons – faute de mieux – nos angoisses. Car nos douleurs, hélas ! ne sont pas contagieuses.

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Avec tes veines chargées de nuits, tu n’as pas plus ta place parmi les hommes qu’une épitaphe au milieu d’un cirque.

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« Je suis comme une marionnette cassée dont les yeux seraient tombés à l’intérieur. » Ce propos d’un malade mental pèse plus lourd que l’ensemble des œuvres d’introspection.

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J’ai perdu au contact des hommes toute la fraîcheur de mes névroses.

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Plus un esprit est revenu de tout, plus il risque, si l’amour le frappe, de réagir en midinette.

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La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur.

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L’homme sécrète du désastre.

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J’assiste, terrifié, à la diminution de ma haine des hommes, au relâchement du dernier lien qui m’unissait à eux. »

Cioran, Syllogismes de l'amertume.
Publié dans : Les angoissés: de la bile noire sur la page
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Mardi 9 septembre 2008

« Lorsque vous penserez au monde, donnez-lui de ma part un coup de fouet de plus. J’ai toujours haï toutes les nations, les professions, les communautés, et je porte mon amour vers les individus. Par exemple, je hais la tribu des hommes de loi, mais j’aime le conseiller untel, le juge untel, et de même avec les médecins (je ne parlerai pas de mon propre commerce), les militaires, les Anglais, les Ecossais, les Français, et le reste, mais par-dessus tout je hais et je déteste cet animal appelé homme, quoique j’aime chaleureusement Jean, Pierre, Thomas, et ainsi de suite. Tel est le système par lequel j’ai gouverné ma vie pendant des années (mais n’en dites rien), et je continuerai ainsi jusqu’à en avoir fini avec eux. »
 

Jonathan Swift, Correspondance avec le Scriblerus Club, éditions Allia.

Publié dans : Les peu fréquentables
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Lundi 8 septembre 2008

Il y faut le grand calme, l’anesthésie sans compter. Il ne peut pas en être autrement.

L’engourdissement voluptueux du remugle.

Le retranchement de survie.

 

Il y faut la douceur, celle qui vient une fois le danger affronté, les décisions prises, les bagages posés.

Il y faut le sourire des abysses, la complicité des ombres qui se réchauffent un temps.

 

Je rends patiemment mon minuscule hommages aux grands qui ne meurent jamais, aux sages qui pavent ma voie dorée, je tends les briques que j’aide à façonner.

 

J’y suis,

And I’m here to stay.

Publié dans : Ecrits vains : à moi
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Vendredi 15 août 2008

Encore un jour de plus où la France engourdie, sirupeuse, monomaniaque et stupide ferait bien de travailler un peu.

L’oisiveté ne sied guère à ceux qui possèdent un compte en banque, et par là même, l’insupportable impossibilité d’être tourmentés en paix. Quant à ceux qui n’en possèdent pas, ils ne parlent pas la langue, ou survivent sans penser.

Il faut bien l’avouer, il ne reste plus rien à raconter. L’héroïsme suprême des cerveaux actuels consiste à endurer l’insomnie, l’accablante pauvreté ne produit plus de génies. Tu marches, tu crèves, et c’est encore le mieux. Donner des congés à des gens déjà morts, c’est encore une ultime provocation marketing que je ne suis pas apte à parer.

Je ne peux plus jamais admirer de semblables, je ne me reconnais qu’en des ratés patentés, les seuls que je pourrais avoir envie d’aimer un peu, et de défendre, ne vont jamais jusqu’où ils sont capables. Je n’ai même plus d’organes pour être révoltée ou enragée de la baveuse léthargie de nos confrères, je me désolidarise en bloc, il faut croire que je me suis battue jusqu’à la dernière, et ma dernière barrière a cédé. Je deviens comme il faut, une fonctionnaire de l’inconfort, une protestante des jours fériés, une lectrice de métro, une anti-non, une sauvage du oui, une perdante forcenée, une éplorée incurable, une fan de Dr House et de Coldcase, à la recherche d’un peu de sens et de contrôle dans la culture de son apparence.

Il m’arrive encore toutefois, rassurez-vous, dans un sursaut d’élégance propre à ma condition de bourgeoise lettrée et décidée, d’en être désolée.

Mais que voulez-vous, il faut bien que l’on apprenne à vivre ensemble.

Publié dans : Sautes d'humeur
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Quo vadis ?

Pense bête

Fils d'hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » (Psaumes 4,3)

C'est vous qui le dites...

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