Dimanche 11 novembre 2007
*ON
Une suite de données sans sueur.
Intellect programmé, pensées volées, agencées, cadencées.
Rouages grossiers, couinements, agacements des rotules.
Artères mécaniques, vidange mensuelle.
Je casse, on répare, on remplace.
Je ne fais rien, j’agis suivant la notice.
Parfois les programmes s’inversent,
Une pièce toxique est rappelée en Chine.
Un coup de chiffon et ça reluit, quand le mazout suinte.
Automatique avec rapport d’activités, mise sous tension, vrombissante en surchauffe,
Alors peut-être un emballement, puis mise en veille.
C’est pas ma faute, je suis une machine, artificielle et dernier cri.
C’est un casse-tête à faire marcher.
Il y a encore des boutons parfaitement étrangers.
Personne ne sait à quoi ils servent,
Et certains sont rouillés.
OFF*
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par The bitch is back publié dans : Ecrits vains communauté : Ecrire
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Vendredi 9 novembre 2007
Il semblerait qu’on tienne enfin notre Bukowsky français, et son double littéraire terne à souhait, mais alors un vrai, pas un Houellebecq moite et encore trop hype, non, un vrai type cireux, sans relief et à la misère sexuelle à peine sordide, tout juste intolérable au regard d’élans lyrico-soviétiques par ailleurs à noter.
Jean-Pierre Martinet, originaire de Libourne, après s’être usé aux fastes de la capitale, ratant prodigieusement sa vie promise au cinéma va écrire trois romans et plusieurs essais et textes courts dont La grande vie (édité en 2006 par la jeune mais néanmoins excellente maison l’Arbre Vengeur), jusque dans les années 90, et ce dans une indifférence presque générale. Désespéré notoire, censuré pour son chef-d’œuvre  Jérôme en 1978, réputé trop démoralisant (sic), il mourra malade et dévoué au cubis à 49 ans, en 1993.
Très court donc, mais flegmatiquement efficace, et ironique à souhait, le récit d’Adolphe Marlaud, au 47 rue Froidevaux, mérite œil attentif. A bon entendeur…
 Couv-20Martinet.jpg
« C’est vers la fin du mois d’août que le drame a éclaté. Je parle de drame, mais ce n’est pas le mot qui convient. Il n’y a pas de drame, chez nous, messieurs, ni de tragédie, il n’y a que du burlesque et de l’obscénité. On n’est pas heureux, mais on se marre bien. Jaune, bien sûr, mais enfin. Et puis avouons-le, le malheur fait rire. Ce sont les hypocrites qui prétendent le contraire (d’ailleurs, ils gloussent en secret en contemplant le désordre du monde, nos grands humanistes). » 
« Mon indifférence me paraissait le signe d’une profonde tare morale. Le sang juif qui coulait dans les veines, dont j’aurais dû être légitimement fier, je ne l’acceptais pas, mais l’ignominie de mon père, elle, je l’assumais entièrement, au point de défendre sa mémoire chaque fois qu’on l’attaquait devant moi, et de veiller en chien fidèle sur sa sépulture depuis des années. Par contre, lorsqu’on évoquait en ma présence le martyre de ma mère, je faisais juste semblant de compatir. Mais au fond de moi, je n’éprouvais rien. Et je me disais que ce qui lui était arrivé était normal pour une putain. »
La grande vie, Ed. L’Arbre Vengeur, 2006.
par Silence ! publié dans : QG du QI communauté : Les gros dossiers
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Jeudi 8 novembre 2007
Si tu me quittes, je pars avec toi

 

par The bitch is back publié dans : Ecoute communauté : Les gros dossiers
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Mardi 6 novembre 2007
Amoncellement de nones dans la putréfaction inouïe du néant amoral.
Course écumatoire des continents de l’aigu, mon cul ouille ouille, oui.
Non.
Alinéa.
Simulation contractuelle des gorilles obsolètes, j’écris, écris, cris, ris, is,s, rien.
Je suis trop tout le temps moi.
Vagin au Tranxen.
C’est parce que le monde va mal en rond mais comment faire, il fait bobo mon âme.
Hurle, hurle tes poumons de cendres, j’arrive mais non je ne peux pas bouger.
Artefact coronaire de mes trompes de salope, ah tu rugis sous un silence mordant.
Ah
Ah
Ne met pas de capote, c’est pourtant mieux la mort.
Conspiration morcelée d’un visage de cadavre, tu n’as pas fini de vivre, debout !
Ravage d’une modernité sans fards, il n’y a pas de genoux plus cagneux que tes dents quand tu souris de honte.
A bat les nasis de la langue, je me perse ou je veut.
 
In « Biffer le post-apocalyptique », Ed . L’habite qui coule.

par The bitch is back publié dans : Quoi encore ?? communauté : Les infréquentables
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Mardi 6 novembre 2007
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par The bitch is back publié dans : QG du QI
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Lundi 5 novembre 2007
«  J’ai commencé par attirer votre attention, au moyen d’exemples, sur quelques énonciations bien simples, de l’espèce connue sous le nom de performatoires ou performatifs. Ces énonciations ont l’air, à première vue, d’ « affirmations » - ou du moins en portent-elles le maquillage grammatical. On remarque toutefois, lorsqu’on examine de plus près, qu’elles ne sont manifestement pas de énonciations susceptibles d’être vraies ou fausses. Etre vraie ou fausse , c’est pourtant bien la caractéristique traditionnelle d’une affirmation. L’un de nos exemples était on s’en souvient, l’énonciation « Oui (je prends cette femme comme épouse légitime) », telle qu’elle est formulée au cours d’une cérémonie de mariage. Ici, nous dirions qu’en prononçant ces paroles, nous faisons une chose (nous nous marions), plutôt que nous ne rendons compte d’une chose (que nous nous marions). Et l’acte de se marier, comme celui de parier, par exemple, serait décrit mieux (sinon encore avec précision) comme l’acte de prononcer certains mots, plutôt que comme l’exécution d’une action différente, intérieure et spirituelle, dont les mots en question ne seraient que le signe extérieur et audible. Il est peut-être difficile de prouver qu’il en est ainsi ; mais c’est- je voudrais l’affirmer- un fait. »
 
J.L Austin, Quand dire, c’est faire, Seuil, 1970

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par The bitch is back publié dans : QG du QI communauté : Les gros dossiers
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Samedi 3 novembre 2007
Le rêve pour les uns serait d'avoir des ailes,
De monter dans l'espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

D'autres voudraient pouvoir écraser des poitrines
En refermant dessus leurs deux bras écartés ;
Et, sans ployer des reins, les prenant aux narines,
Arrêter d'un seul coup les chevaux emportés.

Moi ; ce que j'aimerais, c'est la beauté charnelle :
Je voudrais être beau comme les anciens dieux,
Et qu'il restât aux coeurs une flamme éternelle
Au lointain souvenir de mon corps radieux.

Je voudrais que pour moi nulle ne restât sage,
Choisir l'une aujourd'hui, prendre l'autre demain ;
Car j'aimerais cueillir l'amour sur mon passage,
Comme on cueille des fruits en étendant la main.

Ils ont, en y mordant, des saveurs différentes ;
Ces arômes divers nous les rendent plus doux.
J'aimerais promener mes caresses errantes
Des fronts en cheveux noirs aux fronts en cheveux roux.

J'adorerais surtout les rencontres des rues,
Ces ardeurs de la chair que déchaîne un regard,
Les conquêtes d'une heure aussitôt disparues,
Les baisers échangés au seul gré du hasard.

Je voudrais au matin voir s'éveiller la brune
Qui vous tient étranglé dans l'étau de ses bras ;
Et, le soir, écouter le mot que dit tout bas
La blonde dont le front s'argente au clair de lune.

Puis, sans un trouble au coeur, sans un regret mordant,
Partir d'un pied léger vers une autre chimère.
- Il faut dans ces fruits-là ne mettre que la dent :
On trouverait au fond une saveur amère.

Sans-titre.jpg
 
Guy de Maupassant
Des Vers
par The bitch is back publié dans : QG du QI
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Vendredi 2 novembre 2007
Tu pourrais écouter la pulsation sous la membrane
Et rester un peu
Je pourrais, dans un passage, te peindre
Cela peut être cru
Ou sale
Ou doux
Ou formidable
Cela peut être
Un attentat contre le plexiglas qui voudrait tout isoler
Un dégoût pour cette mauvaise prose que je ne sais redresser
Cela peut être
Craindre le silence sous les doigts
Rechercher le froid
Vouloir instinctivement des réponses
S’étonner d’en chercher encore
D’avoir dix-huit ans
Regretter de douter
S’insurger sans rien faire
Cela peut être
A ton contact, me mesurer
Me trouver plus petite
Et moins armée
Me mesurer, lever les yeux
Chercher les quatre coins
Où me réfugier, dans un monde rond
Systématique
Cela peut être
La fin momentanée des turpitudes
Dans tes bras
Sans avilir, sans forcer
Cela peut être
Appeler John
John
Cela peut être
Savoir
Changer sa voix
Cela peut être
Un secret d’Etat
Traverser un océan
Heureux d’être trempé
Les joues rougies
Le nez qui coule
Encore vivant après tout
Cela peut être
Se mettre en branle
Regarder la pile
S’y atteler
Cela peut être
Tout sauf te peindre, dans ce passage
Je n’ai pourtant pas à m’excuser
Mais je le fais
Pour la mousse à tes lèvres
Parce que je serre encore la corde
Parce que toi, tu ne vivras pas
Pas encore
Je m’excuse de refuser de te partager
De refuser d’être raisonnable
Et pour me faire pardonner
Je prends ce billet
Je traverserai en volant
J’irai là où le vent charrie du sable de glace
Où tout est trop blanc, aveuglant
Je changerai mon nom
Contre le bois
J’irai coudre mes pensées aux peaux des autres
Qui tireront encore de toutes leurs forces pour s’en arracher
Y arriveront, déchirés
Crois moi
Tu me dis que tu resteras
Mais tu ne resteras pas
Et…
par The bitch is back publié dans : Ecrits vains communauté : Ecrire
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Jeudi 1 novembre 2007
C'est pas de chance, tout ça. Sacré farceur, tout de même. Et joli garçon.

 

par The bitch is back publié dans : Reviens gamin, c'était pour rire communauté : Les gros dossiers
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Jeudi 1 novembre 2007

 

par The bitch is back publié dans : Press Control communauté : Les infréquentables
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Quo vadis ?

Pense bête

« Fils d’hommes, jusques à quand aurez-vous le cœur lourd, aimerez-vous des riens, rechercherez-vous le mensonge ? » 
(Psaumes 4,3)

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Leçon stoïcienne

De même que l'araignée au centre de sa toile tient entre ses pattes tous les commencements de ses fils, de sorte que, lorsque quelque insecte frappe la toile en quelque partie, elle le sent par la proximité de ses fils, de même, la partie directrice de l'âme, placée dans la région centrale, c'est-à-dire le coeur, tient les commencements des sens, de sorte que, lorsqu'ils lui communiquent quelque chose, elle puisse en prendre connaissance de par sa proximité.

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