La vie de libraire (brèves)

Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 21:55

 

 

 

C’est ce qu’on appelle aggraver son cas.

 

Deux pingouins de 25 ans date limite de consommation, tout droit sortis d’un film de Coppola, mais fille, à la nonchalance arrogante et mal peignée, et l’élégance douteuse des mannequins H&M entrent sans dire un mot dans ma librairie et déroulent une affiche. Je ne leur prête pas immédiatement attention, occupée avec un aficionado de reliures cuir confondant Lucrèce et Pline l’Ancien, mais je garde un œil sur leur manège. Au moins ne sont-ils pas grands et chauves, les grands et chauves étant tous des voleurs en ces lieux, allez savoir pourquoi. Ils envisagent visiblement le meilleur emplacement sur la porte vitrée, me tournant le dos. Problème : ils entrent ici chez moi, sans frapper et s’installent les pieds sur le canapé. Je constate donc stoïque, comme les trois quarts du temps de mes journées, l’éducation admirable dont jouirent nos concitoyens dont la particule de l’appellation résonne en permanence dans mes moindres artères.

Je leur demande une fois gentiment et avec un sourire (je le jure), si je peux leur être d’une quelconque utilité, ironique, cela va sans dire, mais ne voulant point trop les brusquer. Après tout, nous avons presque le même âge (rhha je ne peux plus souffrir ces indignités) et la jeunesse quand elle s’invite en ces lieux, fût-elle insolente et morveuse, ne se fait pas prier.

Ils se retournent et lancent un approprié « Vous auriez pas du scotch ? »

Je hasarde un « Pardon ? » plantant mes sales prunelles bien profond dans leur morgue. « Qu’est-ce que vous pensez donc pouvoir afficher ici sans même me demander ? »

La moutarde, c’est un fait, commence à légèrement piquer ma pâleur spectrale.

Ils me montrent fièrement un panneau carton-plume, « Désir d’Avenir » sous-titrant une Ségolène Royal radieuse, et au bas une flèche. « C’est la consigne, il faut qu’on l’affiche sur vos vitrines pour que cela soit bien clair qu’il faut se rendre à côté. »

Restons calme. Je m’esclaffe, encore patiente (je le jure) « Non, mais vous faites confusion, nous ne sommes en rien affiliés à cette dame et son parti. »

L’incident aurait pu être clôt, et je m’en serais retournée à mes piles égoïstes, et eux à leurs activismes forcenés et ô combien courageux.

Mais non.

Problème : ils me tancent (les malheureux, les derniers reposent six pieds sous terre), et retournent à la vitrine en amorçant leur placardage, ânonnant « Vous ne comprenez pas, c’est la consigne. Elle a ordonné que nous affichions cela ici, ajoutant que cela ne pourrait pas desservir à votre vitrine qui n’est pas forcément géniale. »

Le deuxième « Pardon ?? » qui m’a échappé ne fut ni gentil ni souriant ni patient (je le jure) mais lancé du haut d’une colonne d’air que j’ai par le passé longuement travaillé.

Problème : Je n’ai pas souvenir de devoir respecter les consignes de Ségolène Royal, ni ici, ni ailleurs mais enfin j’ignore peut-être la loi. Ces pingouins m’insupportent, leurs manières sont inadmissibles, de surcroît ils m’insultent en souriant, ce qui mérite une immolation dans les caves secrètes de nos sous-sols d’élitistes scientologues (oui, c’est une rumeur répandue), ils profanent de leur panneau graphiquement minable au message nauséabond mes vitrines moches mais encore dignes, et ces jeunes padawans du côté Freedent Ultra Bright de la Force osent s’élever contre mon autorité en ces lieux où nul n’est roi s’il n’est prophète, géomètre, ou possesseur d’une Mastercard, et ce, erreur fatale : en public. Les clients présents lèvent un œil amusé de leurs livres, m’interrogent du sourcil se demandant si je vais oser riposter.

Je vais me gêner, braves gens.

« Prenez vos affiches et sortez d’ici immédiatement, nous n’avons d’ordre à recevoir de personne, et surtout pas d’elle en ce qui concerne l’affichage d’une propagande bien vaine. »

Ils se défendent, les bougres, mais les masques figés sur leurs visages poudrés dénoncent un effroi qui fait peine à constater.

« Cela se voit que vous ne la connaissez pas ! Mais elle nous avait prévenus que vous n’étiez pas très sympas, ici. » Il transpirerait presque, accroché à sa pancarte dans un acte de résistance héroïque (Sortez les stèles !).

Le troisième « Pardon ??? » que je rugis me réveilla moi-même. La dite peu sympathique lui a naguère ouvert sa porte de derrière , à la Reine Mère pour lui permettre d’échapper en douce à une cohorte d’une race que j’avoue détester bien plus encore que les politiques (et c’est dire) : les journalistes. Je n’ai souvenir ni d’avoir été remerciée, ni même considérée, mais j’avoue avoir oublié les courbettes supplémentaires et le tapis rouge de rigueur, je n’ai cure il faut dire de ces protocoles improvisés, mes excuses. « Vous vous pointez ici en conquérants, fulminai-je, sur ordre de la Reine, tremblant et rougissant en m’insultant par-dessus le marché, et vous espérez vraiment que je vais mettre votre affiche ? Je ne crois pas me souvenir que Madame soit Présidente de la République, et quand bien même le serait-elle, cela me ferait une belle jambe. Quel briefing d’enfer, pardon, lobotomisation en règle avez-vous donc subis ? »


Je bondis vers les intrus, arrache violemment leur pancarte, ouvre la porte l’écume aux lèvres, empoigne le pantin de sa Dame et le tire au-dehors. « Sortez, je vous dis, vous êtes ridicules ! »


Je rêve éveillée. Ce pain béni pour les détracteurs, c’est presque trop beau pour être vrai. Je suis abasourdie mais trop furieuse pour rester coite, je les sors, m’improvisant videur de boîte. « Vous ne devriez plus travailler pour cette femme si elle vous fait si peur, vous être ridicules, regardez-vous, interrogez-vous bon sang, vous la servez bien mal en vous comportant de la sorte, qu’elle vienne en personne me dire que c’est mon devoir d’afficher sa minable pancarte dans un commerce privé, que mes vitrines sont moches, que nous ne sommes pas agréables, vous verrez si je crains ses gesticulations de mégère effarouchée. Mais surtout, dites-lui bien de ma part qu’elle aggrave son cas. »

 

C’est que plus tôt dans la journée, son chauffeur avait cherché à se garer devant ma boutique (décidemment, THE place to be), et y trouvant un gars du bâtiment déchargeant son ciment pour ravaler notre façade, l’avait interpelé en ces termes, fier de son audacieuse fonction de conducteur de Chaleur : «  Dégagez d’ici, c’est la place de Ségolène Royal – faux, oserais-je dire, c’est le trottoir du contribuable, puisqu’il faut parler en vos termes disgracieux. » L’ouvrier, s’excusant, lui demande dix minutes pour achever son œuvre, et le farouche cocher, à bonne école, de lui rétorquer, haineux : « Tu es à combien de la retraite ? Parce qu’elle peut t’y envoyer plus rapidement que prévu, elle en a déjà fait tomber d’autres, vous n’imaginez pas. Elle est vraiment dure, je risque moi-même mon poste, sachez-le. »

 

De deux choses l’une : ou bien Ségolène Royal, acculée, embrasée d’une divine mission qui ne saute visiblement pas aux yeux de tout le monde, est « hors de son esprit » pour traduire mot à mot une expression anglaise fort à-propos, ou bien elle est entourée d’abrutis consanguins qu’elle ferait bien, oui, forte de sa toute-puissance d’abeille sans ruche, de congédier.

Rassurez-vous cependant Ségolène, de toutes les voix perdues de ceux qui ne votent pas, toutes ne sont pas perdues pour la gauche. Car vous êtes bien de gauche, non, si mes souvenirs sont exacts ? Venez quand vous voulez partager un café derrière mes vitrines moches, je vous présenterai quelques caciques des classiques, ils vous reconnecteront à ce que vous semblez diablement oublier : la réalité.

 

 

 

 

 

 

 


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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 18:08

 



« Ah ! »

L’homme s’avance en chaloupant sous un chapeau à bords larges. Il ressemble à un gitan serbo-croate sous la lune si ce n’est son gilet en polaire trahissant ses vilaines origines universitaires.

-         On m’a dit que vous  n’existiez plus ! Vous existez encore ?

-         Vous avez raison de douter des apparences. »

 

« Je cherche Hermès le Trois fois très grand. »

L’homme est sale, grand et fort. Il me rappelle vaguement Serge Lama, mais en sale, grand et fort.

-         Nous avons 4 tomes, et les tablettes d’Emeraude. Je vous rappelle que vous m’avez déjà acheté chacun au moins deux fois, vous êtes sûr ?

-         Savez-vous, Madame, qu’il est très grave de verser dans la magie noire ? La peine de mort, Platon dans sa République ne disait pas autre chose, la peine de mort pour qui se sert de clous et d’écrous ! Tous ceux qui font des poupées vaudous, de Sarkozy et autres, on devrait leur couper la tête ! Vous l’avez lu ?

-         Sarkozy ?… pas vraiment.

-         La peine de mort pour tous ces agitateurs de magie noire !

-         J’y penserai. Merci. »

 

« Je n’achète que sur Internet. Je ne sais pas ce que je fais ici. »

Elle est dispersée, pose ses affaires un peu partout, bifurque, oublie, repart. Aucune aptitude à poser son regard, et certainement pas dans mes yeux à moi.

-         Je voudrais celui-ci, et celui-là et allez, je vais prendre aussi La Quête du Graal. Vous aurez encore longtemps le dernier Darcos sur Ovide ?

-         Non. J’apprends de mes erreurs.

-         Mettez-moi celui-là aussi. Cela fait combien, 100 euros ?

-         Plus ou moins.

-         Attendez ! Je rajoute celui-là. Je ne sais même pas ce que c’est !

-         … »

Elle paye précipitamment, sors. Rentre à nouveau un quart d’heure plus tard, prend le Darcos. Et deux autres en même temps.

J’ai quand même du remords de servir les bipolaires en phase perchée. Mais vais-je risquer de la vexer si toutefois elle ne l’était pas ? Je me sens barmaid à l’heure de la fermeture, qui doit confisquer les clés de voiture à celui qui lui laisse par ailleurs une fortune pour se détruire.

 

Une collègue surgit, me demande si je vais bien.

« Oh moi, ça peut encore aller, mais c’est encore une de ces innombrables journées de lâcher de fous sur le boulevard.

-         Le grand savoir mène à de grandes déficiences mentales. »

 

Je n’aurais pas mieux dit. Nous voici tous prévenus.

 

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 23:16


Albrech Dürer, L'aile.

« Moi, je vous le dis moi, Sollers peut se cacher madame, et s’il m’arrive quelque chose, tout le monde tombe avec moi ! »

Il revient encore, l’oiseau de malheur. Il scande mes semaines. Il passe devant la porte de ma librairie et je retiens mon souffle, suspendue à ses lèvres. Un jour il tempête « Mais c’est le Guantanamo français ici ! On m’a fait tellement souffrir mais ça m’est égal… », pour reprendre son chemin, ayant déposé un peu de son chaos dans des allées trop lisses. Et pourtant. Je tente bien de les ranger un peu, mais des esprits trop vifs refusent mes classements.

Un autre jour il me toise, et je peine à soutenir son regard qui, bien plus que seulement perdu ou hagard, est profondément douloureux, parce que réel, furieux, intransigeant. Il me lance « Idiote ! et servile ! », et me laisse pantoise avec mes adjectifs. Touchée, Monsieur. Oui, touchée. Bientôt coulée ?

« Il n’a pas pris ses médicaments », me glisse-t-on à l’oreille et bien entendu, car il faut bien dédramatiser. « S’il le disait en latin ce serait formidable », rétorque un grand marrant qui, une seconde auparavant me soufflait son haleine fétide avide de reconnaissance en débitant ses passe-droits pour une réduction que le plus démuni aurait la décence de ne pas implorer. Qui de vous deux, hein, qui ? Passons. Mais l’oiseau sombre me fascine. Il représente à lui seul la cour des miracles que ma fonction de proximité me donne à observer jour après jour. Et elles sont longues, les heures, messieurs dames, à tenir le crachoir des prophètes déjantés. Elles sont terribles et toutes retentissantes de la misère embrassante, ces minutes où, seule avec les moins normaux, je dois trouver le ton juste.

Je pose mon crayon et je l’écoute. Je bois ses paroles caverneuses. Elles sont toutes proférées avec une prestance inquiétante. Alors, c’est donc ainsi qu’on s’éloigne des chemins ? C’est ainsi qu’on parvient au dernier seuil de l’infréquentable, en psalmodiant ses vérités à plein gosier sur le pas d’une porte ouverte sur les antiques ?

« Vous savez ce que veut dire mithridatiser ?

 Oui , monsieur, je crois.

-  Et bien dites-le moi !

- C’est s’habituer progressivement à un poison en se l’injectant régulièrement.

- Parfaitement. Mais dites-moi, n’est-ce pas ce que vous faites ? Etes-vous solidaire de votre monde ?

- Tout dépend des fois.

- Et bien non. Vous êtes mithridatisée. Vous êtes habituée. Pas moi. (il a raison)

- Je vous assure, je fais ce que je peux. (c’est vrai) »

Mais déjà, il repart dans ses litanies, le contact n’est plus établi. « On va tous les voir bien rire, le jour où tout ce cirque s’effondrera, les piteux, les mauvais. »

Monsieur l’oiseau, je ne suis que trop acquise à ces discours sourds et rageurs. Mais encore, cela me reprend, j’ai toujours vrillé au ventre quelque chose qui vous est étranger depuis longtemps, réfugié dans vos brumes barbares, pestant et arpentant les trottoirs dans une errance perpétuelle :

La peur.


 

 

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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 10:35

« Il faut lire Quintilien, il est l’auteur essentiel, unique, indépassable pour  la construction d’un homme, d’un humaniste. Il éclaire vos pressentiments intimes, en formulant clairement vos évidences, en argumentant l’essentiel : la nécessité de l’éducation, l’art rhétorique, le maniement des sentiments. Il vous offre les structures mentales, les fondements pour une pensée claire et puissante que l’enseignement actuel peine à transmettre, que l’autodidacte perd trop de temps à chercher. Il accélère vos pas vers la connaissance. »

Une cliente, recherchant dans un tome un passage sur les nourrices, et en échange d’une question malhabile de ma part (mais Quintilien n’a-t-il pas écrit que du droit ?) vient de me vendre l’Institution oratoire. Je m’incline, et lui serai éternellement reconnaissante de m’avoir extirpée de mon immobilisme intellectuel qui consistait depuis quelques temps à regarder ma bibliothèque avec angoisse, incapable de choisir le prochain opus à lire. C’est chose faite.

« Quand vous ne savez plus vers quelle source écrite vous tourner, si vous avez peur de perdre du temps dans les mauvaises pages, me dit-elle encore, faites des fiches. Je ne vous parle pas de ces listes inutiles de citations thématiques, car la culture ce n’est pas répéter mais intégrer. Je vous vois bien vous asseoir à une table et écrire un mot sur une page, par exemple « Vérité », ou « Amour ». Vous l’inscrivez en haut à droite, pour classer ensuite vos notes alphabétiquement. Puis vous déroulez, sans vous référer à des ouvrages en particulier, des phrases personnelles de ce que vous savez de façon certaine de ce mot, de cette notion. Ensuite, vous vous relisez et vous finissez par inscrire dans un encadré en bas les sources littéraires dont vous pensez qu’elles vous ont certainement inspirées, même sans en être certaine. Alors vous vous constituez un dictionnaire de vos valeurs, de vos savoirs, que vous faites évoluer, que vous interrogez ou remettez en question. De vous voir ainsi classée et écrite, vous vous connaîtrez mieux, et saurez mieux vers quels auteurs vous tourner, et à quel moment. »

J’en prends bonne note. Pour ces rencontres fortuites, généreuses et spirituelles, un vendredi pluvieux, alors que Jean-Pierre Chevènement, silencieux mais attentif lui aussi à la leçon de rangement de sa tête que me prodigue mon invitée mystère, est en train d’hésiter entre les livres qu’il va choisir, je peux saluer le métier que j’exerce.

Conseil de lecture : la table des matières des 12 livres de l’Institution oratoire, de Quintilien donc, pour s’émerveiller de ce qu’on va trouver comme trésors enfouis sous un titre austère.



Quelques extraits :

Livre I : L’éducation à la maison est-elle plus utile que l’éducation publique ? – Si la connaissance de plusieurs arts est nécessaire au futur orateur.

Livre II : Moralité et devoirs du précepteur – Les leçons de mémoire – Quelles sont les limites de la technique.

Livre III : Origine de la rhétorique – De l’éloge et du blâme

Livre V : Des on-dit et des bruits publics

Livre VI : De la péroraison – De l’altercation

Livre VIII : De la clarté – De l’ornement

Livre X : Comment corriger – Comment s’acquiert et se maintient la facilité d’improvisation

Livre XI : Comment parler avec convenance ?

Livre XII : L’on ne peut être orateur si l’on n’est homme de bien – L’orateur doit connaître la science qui forme le caractère moral – La connaissance de l’histoire est indispensable à l’orateur.

(L’intégralité de la vue d’ensemble de l’ouvrage se trouve dans le tome 7 de l’édition des Belles Lettres.)

 

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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /2009 23:00

Ejaculation précoce et irruption spontanée en magasin, vers 11h :

L’homme entre en furie, jette un catalogue sur le comptoir, vitupérant :

« C’est n’importe quoi ce catalogue, vous n’êtes pas foutus d’en faire un général ?

— Et bien non puisque, de fait, il se trouve que c’est un catalogue promotionnel, qui offre une réduction sur les collections citées, pour les 90 ans du lieu.

— C’est 1920 votre fondation pas 1919, quelle mode détestable d’avancer ses anniversaires…

— Et bien puisque vous n’êtes pas content, encore que je ne comprenne pas tout à fait pourquoi, je vous ferai la réduction l’année prochaine. 

— C’est normal (me glisse un collègue à l’oreille), sa femme s’est barrée, je comprends mieux pourquoi, ce type déteste sa vie. »


Conseil de lecture :


 

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