Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 22:34
Mes statistiques rendent leur verdict sans appel, et encore une fois, chers internautes, vos choix s'avèrent révélateurs.


Alors que je m'escrime à vous écrire ceci, par exemple:


Perdre la trace, le fil et l'espoir. Trouver la sortie.

Si tous moi non, ou le faible éclairage de notions difficiles

La Vida Loca, ou comment mourir pour rien ni personne



Vous vous bornez à ne lire que ceci:


Interdire la fessée

Ma condition féminine, ou femme qui lit à moitié hors de ton lit

Ma reddition, une confession érotique




Je ne vous félicite pas
.





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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 00:26

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Il semble que les chiens de la meute Bien Pensante se rapprochent un peu trop près car l’air devient irrespirable. J’en perdrais, une fois n’est pas coutume, mon calme réputé olympien.

               

De Juan Asensio, Celui qu’il ne faut point nommer et surtout pas en bonne société, je n’ai pas à redire ce que je pense, je l’ai déjà fait là.

Son site le Stalker que l’on ne présente plus quoiqu’il serait utile d’en rappeler parfois les deux uniques fils rouges : érudition et polémique, est le seul, et de loin, à donner un peu de dignité à ce média pénible qui se nomme internet.

Oui mais voilà surprise, Stalker serait un site raciste, et d’extrême droite d’après le MRAP et ses sbires anonymes et calomniateurs, appuyé par quelques malins qui en profitent pour dégainer leur atout maître en dérivant vers de désinvoltes et pourtant nuisibles accusations de fascisme, et ce visiblement sans l’avoir lu. Shazam !

Je lis ce site, je l’apprécie, m’y reconnais, alors je suis éclaboussée, mais une fois n’est pas coutume, par les élucubrations de haine de petits impuissants voulant détruire l’excellence, à défaut de l’égaler. Ceci est d’une banalité outrageante et l’Histoire regorge de ces iconoclastes effarouchés. La chasse à l’homme n’en finit plus d’être lancée, toujours pourtant lui s’échappe et vous nargue. Des deux camps, ne pas céder est humain, se défendre encore plus, réfuter les défenses, toujours plus humain, ad vitam aeternam soit mais encore faudrait-il des arguments, braves gens, pour enjoliver les insultes bien trop humaines, elles, pour être suffisantes.

Je n’en entends aucun mais doit déjà sous le fusil prouver mon innocence, quand on ne demande jamais aux beaux esprits au-dessus du Soupçon, de nous expliquer au nom de quoi ils le seraient, eux, exactement.

                                                                                                                                     

Deux attaques intellectuelles sont à mes yeux la plaie de toute discussion fondamentale, car d’une facilité qui ferait honte à la plus souple demoiselle : le fascisme et la folie.

Pour ce second chef d’accusation, il suffira par exemple d’avoir l’extrême chance de pouvoir observer au quotidien la santé mentale de tout un chacun par le prisme ô combien révélateur d’un commerce de proximité dans une grande ville pour saisir puissamment que nous sommes tous perdus ou en bonne voie de l’être. Je vous vois tous, sachez-le, passer un jour ou l’autre. La parade principale du corps d’élite de nos pensants s’improvisant appareil soignant consistant à clamer que celui qui nie sa folie est fou, donnons-nous en à cœur joie, nous sommes fous, bien, restons-le.

Qui osera porter plainte contre un fou ? Ce n’est pas politiquement correct, vous qui traquez les égarés.

Mais passons au premier, le plus révélateur de l’état d’amnésie dans lequel baignent nos concitoyens sains, confère ci-dessus, pas du tout tourmentés par un encombrant schisme qui leur fait tout autant détester la police et toute autorité (pourtant étymologiquement semblable à l’auteur), et se précipiter pour implorer l’appareil répressif (et je ne parle même plus du soignant, débordé à cette heure), de venir encager les méchants opposants à leur régime sucré, inodore et pastel, celui où tout le monde s’aime tant, peuples et religions ensemble main dans la main dans la grande fête humaine perpétuelle.

Si vous n’avez que votre « tolérance » comme pare-choc, taisez-vous ! Taisez donc votre haine trop voyante et antinomique de nos lucifuges pensées, nous qui suivons pour vous les inénarrables jalons que vous laissez dans le noir, impatients de courir au bien-être !

Je me répète, je le sais, parce que vous-mêmes vous répétez. Le prétendu plus sage, drapé de son silence, ne sait rien démêler. C’est folie de répondre ? C’est folie d’accuser. Je ne crains pas le perpétuel, et si toujours vous accusez, toujours je répondrai.

Si je ne vous aime pas, non, parce que vos hypocrisies m’exaspèrent, si j’y vois derrière les yeux crevés d’une âme qui ne voulut s’habituer aux nuées, et que ce que je vois me consterne toujours autant, quels qu’en soient les coupables, qui n’ont pas une race précise, ni même une religion mais une constante frappante qui réside en la monopolisation des espaces publics d’expression pour répandre un message qu’ils estiment prodigieux car jamais il ne les mouille, ni bien entendu ne les souille comme le ferait celui qui dirait un peu fort que les temps de la glucose sont éteints, qu’ils n’ont jamais existé, que partout ce ne fut que fureur, pouvoir contre pouvoir, haine banale contre haine normale, que vos discours de paix, vous pouvez vous les coller loin dans vos artères bouchées par les nourritures grasses, vous qui frappez vos femmes, escroquez le fisc, trahissez vos amis, brimez vos chers bambins, vous les incohérents, hystériques à montrer du doigt celui qui a trop lu et qu’on ne peut museler, si je ne vous aime pas, qu’est-ce que cela fait de moi ? Dites-le, redites-le pour voir !

Si je vous dis que je ne vous aime pas, non, parce que votre tendresse est un mensonge, que votre soleil vous aveugle quand j’apprends à voir dans ma nuit, que votre systématique mise au ban des discussions difficiles vous empêche la simple possibilité d’avoir droit à un cri, un cri que voleriez alors à ceux qui n’ont que cela, si ce que je vous montre vous ne pouvez le voir, ne pouvez le comprendre, car ne voulez plus depuis longtemps être singuliers et libres, à part de débiter sans fin des notions galvaudées, jamais argumentées, toujours réfugiées sous des drapeaux contestables puisque toujours plantés par des hommes, comme vous et moi, qui n’ont jamais eu la moindre confirmation, jamais, de la solidité du fil qu’ils utilisent pour tisser leur sempiternelle morale chrétienne dans toute sa caricature, interdite pourtant à l’école, je suis donc une fasciste ?

Moi qui cherche à savoir, unique vocation qui aspire toutes mes heures, savoir pour douter en attendant de tout comprendre, et donc de pardonner (en grec ancien les mots sont similaires), qui ne veux pas rester derrière les portes fermées à entendre des bribes et composer, délirante, de ces bribes ma réalité, mais pousse ces maudites portes pour découvrir une bonne fois pour toute l’extrême complexité que recèle la vérité de la moindre des « opinions », la prudence humble qu’il faut pour sentir que l’on s’est parfois trompé, que rien n’est noir ni blanc, que tout est métissé, oui, vous, adeptes des grands mélanges, je vous croyais acquis ! Je ne me savais pas votre si triste ennemie.

Si la politique telle qu’elle se pratique depuis des décennies, je ne la comprends pas, qu’elle me semble illusoire, que je ne vote plus, immobile, trop centrée justement, entre des camps adverses, qu’à chaque fois que j’ai voté j’ai senti l’évidence crasse de m’être alors trompée, si je ne participe pas à cette grande mascarade qui voudrait nous faire croire que nous « progressons », que nous « avançons », que des « batailles se gagnent », nous qui « avons tant lutté pour la liberté », suis-je alors votre fasciste ?

Si je sors de vos rangs que je connais trop bien, que je vais vraiment mieux depuis que je respire l’oxygène pur des sommets où je me hisse dans un effort considérable, blessée par vos indigestes impostures, perdant de moins en moins de sang, pressée d’atteindre assez vite le lieu assez haut qui me protègera de vos fumeux jugements, qui me sauvera si je dois l’être, qu’en route je cicatrise et me construis durablement sur les bases diverses de tous les camps damnés, de tous les officiels, de tous les individuels, de toutes les communautés avant d’en extraire le suc d’une vérité mienne, confrontée, combattue sans cesse, qui ne tombera plus, qui se dressera fière, forgée, immarcescible, en suis-je ?

Suis-je votre paria fasciste, forcément contre vous puisque têtue, méfiante ?

Forcément trouble et manipulatrice puisque refusant violemment l’engagement dans aucune de vos communautés quelles qu’elles soient parce que le droit général actuel ne m’interdit pas d’être où je veux et avec qui je le veux quand je le souhaite et que je compte bien utiliser cette liberté de mouvement jusqu’à l’absurde, et sans souffrir aucune contrainte jusqu’aux confins de l’absolu pour ce que me permettra mon cheminement de conscience, de connaissance, d’appréhension de cette vérité que vous ne détenez jamais plus que je ne la détiens.

Ne l’oubliez jamais, car je ne l’oublie point, vous ne savez rien de certain, n’en faites pas un programme devant moi, mon manque total d’adhésion ou de ferveur risquerait de vous décevoir.

Si j’interroge l’Histoire et qu’insolente elle me dit que l’homme toujours s’en sort, libre ou entravé, que me font donc, en terme de chaud ou de froid, les infimes points de détails sur lesquels nos parlementaires statuent jusqu’à plus d’heure, pour ne pas s’entendre dire, au terme de délibérations grossières, qu’ils sont totalement ridicules ?

Le suis-je, ce mot valise ? En suis-je, de ce qui ne devrait se nommer qu’en dernier recours ? Faudra-t-il donc me voir brûler sur le bûcher de votre épuration ?

Savez-vous enfin, bonnes gens, ce qu’est le fascisme ? Le savez-vous donc bien ? Rassurez-moi sur un point tout de même, nous ne parlons pas de national-socialisme, au moins ? Sinon je ne peux que vous balancer au visage l’ouvrage d’Ian Kershaw, Qu’est-ce que le nazisme ? et implorer que vous ne ridiculiserez pas la France en faisant un procès à l’auteur car il prononce le terme « Hitler », et s’y intéresse grandement. Klaus Theweleit, et son Männerphantasien (Fantasme mâle, tenez-donc) somme complète et reconnue des travaux de notre allemand, non traduite en France bien entendu puisque le sujet fâche, mais disponible en anglais vous donnera quelques pistes sur la psychologie qui nous intéresse ici, ainsi que Jonathan Littell et son Sec et l’humide. Littell, prix Goncourt 2006 vous vous souvenez ? Alors quoi, on décore un fasciste ? Eh quoi, ne l’est-il pas puisque selon votre admirable définition il « cautionne » les « nauséabonds » rien qu’en, crime horrible, écrivant dessus?

 

Avez-vous vu ces milliers d’heures d’images de guerre et de désolation que j’ai vues, avez-vous sondé les pensées désastreuses et ravagées d’hommes à la rectitude sanglante, s’essayant à la prose le soir tombé sur leurs appartements de campagne ? Avez-vous entendu, lu, les complaintes oppressées de ceux qui ne vous diront plus pourtant, car jamais ils n’oseraient en ces temps où l’on joue à Jan Karski pour se donner des airs, l’avilissement inadmissible à leurs indigentes doctrines que demandent ces hommes sans âme ?

Avez-vous vu en mes rangs, ou dans ceux de celui auquel je me rallie par pure compassion, avez-vous aperçu une doctrine, un dogme, un programme qui souhaiterait tous nous voir regroupés sous une même pensée ? Au contraire, nous ne cherchons jamais la masse, quels fiers fascistes en somme, sans bréviaire ni chaos. Si Bernanos, si Bloy, si McCarthy, Dantec, si Montherlant, mais alors Dagerman aussi, Artaud, Shakespeare, Moreau, Conrad et Dickinson, Melville, sans compter les antiques : étaient-ils eux si fous dangereux, si cons, qu’ils ne raisonnaient pas en terme de droite ou de gauche ?

Et je ne parle ici encore qu’en ce qui me concerne. Je ne parle jamais ici qu’en ce qui me concerne, et c’est bien là aussi ma terrible confession : je ne veux pas vous convertir, je n’ai que faire de votre approbation, je ne m’adresse à vous qu’en tout dernier recours. À moi, vous ne pourrez rien faire, j’existe à peine, ne souhaite pas exister pour vous. J’existe pour eux, qui soutiennent en silence, qui parfois se présentent et repartent, mince lien, fragile amitié, mais éternelle et profonde entente.

 Mais lui, vous voudriez lui faire porter l’humiliante muselière et je m’oppose en force car présentement, Monsieur, Madame, j’ai besoin de l’entendre. Nous sommes bien plus nombreux dans ce cas que vos œillères ne permettent de le voir. Nous devons ne pas choir, ne pas tous disparaître, nous devons puiser à la source des uns ou des autres, ponctuellement,  sans obédience commune parfois et sans aucune allégeance ni adoubement, le carburant nécessaire pour arpenter une route sèche, et sans habitations. Nous sommes seuls depuis longtemps, pressés de nous justifier sans trêve en nous époumonant, dans des débats stériles qui tournent en rond dans le désert, reprenant point par point les pâles accusions qui toujours triompheront car elles sont simplifiées, nos sérieux développements n’ayant plus aucune chance devant la langue catin. Vous voulez du slogan, du mot creux mais fardé, vous voulez du clinquant, du bling-bling dans la bouche, le dernier mot sophiste. Rompue à l’art de la répartie par d’innombrables années de théâtre je sais bien qu’elle assèche, que sa victoire est vaine, que parler le dernier n’est pas parler le mieux, que parfois même conclure est une catastrophe pour l’intelligence née. Car si je peux faire montre d’une étonnante clarté pour peu que vous convoquiez à l’appel cette qualité désuète, je ne suis pas simple, non, et il faudra alors m’écouter longuement ce que vous ne savez pas faire, trépignant de zapper, et de vous amuser.

À n’en point douter si je vous écoute, « facho » est un terme commode, qui regroupe dans les glissements de la langue que nous ne saurions trop encourager afin que chaque analphabète ait « sa chance », toutes les définitions de ce qui finalement n’est pas soi, ni, pire, acquis à la majorité.

Parlons-en, d’ailleurs, de cet analphabète angélisé, au nom de quelle divinité curieuse, je vous prie ? Alors que celui ou celle qui s’instruit devrait se taire, honteux, pour ne point nuire à l’équilibre fragile de la confiance de l’idiot en lui-même. Alors même que l’on nous somme de longer les murs avec nos embarrassants fardeaux, car ne croyez jamais qu’il soit aisé, jamais, de porter l’héritage maudit de siècles d’imprimerie, le béat imbécile obtiendrait le Royaume ? Nous devrions cesser de lire ce qu’il ne faut pas lire, craindre le loup des superstitions actuelles : Si tu arpentes le cloaque, le cloaque viendra te prendre, si tu convoques Candyman devant ta glace, il viendra te tuer. Si tu t’écartes trop du sentier, Ils viendront te chercher.

Mais qui ? Je ne vois jamais personne d’autre que… vous. Vous, toujours vous, maintenant que je vous vois de l’autre côté, que vos appels à l’ordre sont aussi dérisoires que mesquins, et vous vous agitez d’un rien, vous venez de vos vrombissements d’insecte volant coprophage perturber nos féroces silences, emplis du poids de la décence si dure à rattraper, si fuyante sous les sens, mais si belle à conserver, de l’espérance d’un monde sans vos gesticulations subies, sans vos immanquables présences vides.

Le stupide se connaît aisément : il porte l’étendard ou la fourche, s’exprime sans vérifications, cite sans guillemets car sans savoir que de sa bouche mal corrigée ne sortent que des monceaux de lieux communs amplement rabâchés, et la réfutation systématique que nous sommes contraints de fournir nous fatigue, nous excède, oui, nous enflamme, elle me fatigue, m’excède, m’enflamme, et finalement me laisse prostrée dans une mortification sans nom, car je n’ai jamais recherché dans cette voie de connaissance, que la réconciliation. Et pourtant l’on nous charge des pires maux de la Terre, alors même qu’ouvrant un peu les yeux, on tente de vous toucher, de vous montrer.

Nous venons partager ce que nous avons retrouvé. Vous n’en voulez pas ? Parfait, retournez à vous auges. Pourquoi vider les nôtres, quelles sont ces si inacceptables découvertes que nous exhumons sous vos yeux ? Serait-ce, alors, et si ironiquement, ces pauvres livres ? Mais je croyais que tout le monde s’en foutait bien. Serait-ce alors notre parole, difficile à cadrer, manier ou labelliser, qui s’oppose toujours là où vous auriez voulu vaticiner sans frein ? Serait-ce ce « Non, je crois bien que vous avez tort d’être si prompt à dégainer, vous allez vous prendre la balle, en retour, en plein pied », mise en garde immodeste dont je m’affuble surtout pour éviter votre contagion ? Est-ce si désagréable de ne pouvoir tous nous ranger sagement, et rapidement, dans vos boîtes à surgelés ?

Car Monsieur, Madame, oui, il faut être bien plus que stupide, et bien pire qu’un idiot pour traiter Juan Asensio de fasciste, le menacer, l’insulter, le sommer de se taire.

Il faut être suicidaire. Non pas parce que lui vous tuera, encore que d’un point de vue purement rhétorique vous ne vous en relèveriez pas, à jamais humiliés par ses justes rectifications, mais parce que l’absence même du Stalker sur la Toile sonnerait le glas de tous les défenseurs du verbe, libre dans sa plus pure définition, qui ne trouveront plus où étancher leur soif.

 

Il faut éclairer ceux qui déraisonnent, et non pas les punir, savez-vous qui le disait ? L’empereur Julien qui ne supportait pas les chrétiens proposant du changement et de l’amour universel, et se voyait donc, lui, taxé de réactionnaire.

Je ne me sens pas enseignante, ne l’ai jamais souhaité, je ne peux donc que vous exhorter encore et toujours à lire et vous débrouiller seuls, chers antifascistes égarés dans vos limbes, comme je le fis, comme je le fais.

 

 

Biographie de l’auteur :

 

Paméla Ramos n’est professeur émérite de rien, et elle habite Montreuil. De parents écologistes mais néanmoins intelligents, elle a des amis noirs, juifs, son colocataire est homosexuel et sa belle-sœur kabyle. Elle recycle le week-end, donne pour les tsunamis, et s’intéresse à la protection du monde marin, bien plus qu’à celle des êtres humains. Son penchant démesuré pour la littérature, mêlé à un caractère d’emmerdeuse chaleureux, la font briller en société, lorsqu’elle consent à la  fermer faire rire. Son dernier vote en date très remarqué pour François Bayrou l’a cataloguée à jamais parmi les personnalités les plus dangereuses du Sud-Ouest, qu’elle a dû quitter précipitamment. Plusieurs troubles psychiatriques sont à lui consentir pour sa défense, dont un penchant inadmissible pour l’hétérosexualité dure et la viande rouge. Son hygiénisme anti-tabac nous rappelle avec effroi les heures sombres de notre passé. Divorcée sans enfant, elle n’espère pas en faire attend le bon moment pour éprouver les joies de la maternité en relisant Kierkegaard Élisabeth Badinter.

Elle a récemment abandonné toute activité pour se consacrer à plein temps à sa passion : le Stalker, dont elle peut se vanter d’être la millième groupie, ce qui lui valut un tee-shirt à l’effigie du Maître, qu’elle porte en pleurant le soir. On ne lui connaît à ce jour aucune autre occupation.


 

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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 18:34
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« Nous avançons vers le large, et voici que surgit Capraria. L’île est pleine, elle pullule de ces hommes qui fuient la lumière. Ils s’appellent eux-mêmes les « moines », parce qu’ils veulent vivre seuls et sans témoin. Ils craignent les faveurs de la fortune, comme ils en redoutent les rigueurs. Se peut-il qu’on se rende volontairement malheureux, par peur de le devenir ! Qu’est-ce que cette sotte frénésie de cerveaux détraqués ? Parce qu’on craint les maux de la vie, ne pas savoir en accepter les biens ! Sont-ils donc des forçats qui cherchent un endroit où expier leurs crimes ? Ou faut-il supposer qu’un fiel noir gonfle leur triste cœur ? C’est ainsi qu’à en croire Homère un excès de bile causait l’humeur morose de Bellérophon, ce jeune héros qui, blessé par les traits d’un chagrin cruel, prit en horreur, dit-on, le genre humain. »

 

Rutilius Namatianus, Sur son retour, vers 439-452.

 

Nous noterons ici, dans un texte datant de 417 ap. J.-C. environ, le mépris non dissimulé d’un touriste envers des hommes qui, après tout, n’emmerdaient pas vraiment leur monde à cet endroit et moment-là, mais dont nous comprenons fort bien en quoi le genre humain ne cessait, lui, de les emmerder.

 


Publié dans : Stylet et tablette : Textes, hommes des sources
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 22:11

Mon cher,

J’ai besoin ce soir de vous écrire, avant de souffler pour de bon sur la nuit, que ma buée épouse la glaciale atmosphère, qu’elle s’y perde à jamais, que je m’endorme sans peine.

J’ai atteint la fin de l’espoir de trouver une issue dans les parois solides qui compriment mes égards. Je suis, et pour la fin des temps, encerclée par les fers que j’ai mis tant de zèle à tordre sur ma peau pour parer vos violences. Voyez, je contemple les charniers, je respire les viscères, j’entends les fous furieux, je caresse les bêtes, hurle avec les damnés, mais ne peux vous faire face. Je suis solide et fière, mais votre dévouée.

De ma profonde tristesse, calme, invisible, alliée, suinte le fluide vital de tous mes vifs aplombs.

Je fuis, je fonds, et mon corps anciennement entièrement acquis à ma cause, se met à me trahir, je perds ces grands moyens qui empêchaient à tous de percer mes mystères. Je ne sais plus mentir, je ne sais plus me taire, je ne sais plus partir. Je ne fais que rougir, renoncer, me terrer, échauffée et sincère, affolée de votre lumière, tourbillonnant en marchant sur vos pieds, m’écrasant sur les vitres de ces indignités. Je régresse vers les temps reculés où j’errais folle de peur dans les sentiers venteux, grelottant dans mes draps à la moiteur de suaires. Ce n’étaient que des larmes, car ce n’était qu’un songe, ce n’étaient que mes seins dressés d’ondes sous vos mains, ce n’était que la sueur sur mes cuisses enserrant l’indomptable. Puis rien. Un songe, l’absence.

Parce que Monsieur, je n’ai pas d’existence autrement certifiée que par votre indulgence, que je n’implore rien, mais souhaiterais scellée sur mon malin chagrin la clémence de vos yeux pénétrant souvent secs, l’apaisement soudain de vos rictus ancrés.

Vous avez voulu croire que jeune et si fertile, je maniais le verbe dans le dessein conscient de maîtriser la vie. Or, je n’ai rien conté, encore moins composé. J’ai rapporté, en guerre perpétuelle contre toutes les froideurs, j’ai relaté, témoin sous surveillance de vestiges insensés dormant sous trop de rires, j’ai ouvert mes veines noires à la puissance du jet. Je n’ai rien inventé, tout est là, Monsieur, voici mon cri, mes désobéissances, voici mon sang, et mes vaines errances, voici ma chair, ma fragile inconscience et pourtant, vous n’en faites rien, ne pouvez rien en faire, cette romance sans fard, moi seule en appréhende tous les stupides tourments. Je suis mon enfermée, ma perpétuité, vous ne pouvez rien voir.

Fallait-il donc mourir, Monsieur, vous êtes-vous déjà posé cette question en ces termes ? Faut-il donc disparaître ? J’attends la dernière force de vous regarder fière, de cracher dans vos mains impatientes mon « Oui, Monsieur, il faut mourir », et retourner ma peau comme un vulgaire lapin. Pour que vous souffriez, Monsieur, traversé du regret d’avoir perdu ma vie, de n’avoir eu jamais l’occasion de la boire, de vous en satisfaire.

Vous avez la superbe, il vous manque le don.

Vous ne savez pas prendre, Monsieur, les âmes qui s’exaspèrent, vous ne contrôlez rien, des utérines amères, vous attisez, c’en est assez. Vous prendrez un jour feu.

Je tiendrai l’allumette.

Je vous aime, Monsieur.

 

montherlant2

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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 18:11

« L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. »

Jean-Paul Sartre.

 

« Il y avait une bestiole, qui me faisait faire les choses. C’était pas moi. C’était la bestiole.

- Et si c’était vous la bestiole ? »

Extraits du procès d’Émile Louis.

 

Chessex, Jacques - le Vampire de Ropraz
 

Jacques Chessex se présente sous mes yeux à point nommé. Je suis sidérée, radieuse, ravie de la gorgée de sang frais qu’il propose à ma gorge déshydratée, atrophiée de silence, forcée d’aspirer les sécheresses indispensables d’une connaissance moins belle, d’en soutenir les hoquets de fumée qu’il faudrait qu’elle recrache.

 Je l’avais bien cherché puisque j’ai tenu imprudente son livre, Le Vampire de Ropraz et ne l’ai point lâché, mais les hasards de l’agenda de mes lectures n’en finissent pas de me narguer dans leur parfaite correspondance avec des pièces éparpillées ça et là, semées en attente du rapprochement final, sur les dalles lointaines de mon passé.

Un sens, je ne saurais en dire plus, me dirige vers celui de mes piles qui m’aidera pour l’heure à continuer à suivre la piste de ces mots, et celui-ci me donne la lumière éphémère de celui qui de l’ombre connaît la densité. La clarté, pour être plus exacte.

 

L’horreur, sous la lumière de Chessex, est d’une clarté souveraine.

Il n’est pas, à mon sens, de plus belle façon de voir qu’à travers les trouées de l’orage nocturne.

 

87 pages acérées et qui s’ouvrent sur de sobres considérations sur Ropraz, décor sans artifice, et déjà nous y sommes :

 

« Habitations souvent disséminées dans des déserts  cernés d’arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l’hygiène moderne  est inconnue. Avarice, cruauté, superstition, on n’est pas loin de la frontière de Fribourg, où foisonne la sorcellerie. On se pend beaucoup,  dans les fermes du Haut-Jorat. » p 11.

 

Un peu plus loin à peine, la teneur, la substance, l’essentiel :

 

« Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l’au-delà, d’en haut, de dessous, d’en bas : la menace venue d’ailleurs. On se barricade dans son crâne, son sommeil, son cœur, ses sens, on se verrouille dans sa ferme, le fusil prêt, l’âme hantée et affamée. L’hiver attise ces violences sous la longue neige amie des fous, les ciels rouges et bistre entre aube et nuit déshéritée, le froid et la mélancolie qui tend et ronge les nerfs. » p 13.

 

Économe éclaireur, Chessex illustre magnifiquement sur ces pages offertes, eaux vives, la devise de l’auteur du XVIIIe siècle Jean Paul : « Aucune brièveté n’est trop brève, car elle est la clarté », relayée dans le non moins désaltérant ouvrage d’Harald Weinrich tout juste paru chez Millon, Le Temps compté.

Il connaît la magie de la phrase contondante, il émerveille de beauté contenue dans des lignes serrées et rapides, à l’exemple de ce : « Dans ces campagnes perdues, une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. » p12.

 

Fait divers dégoulinant dans la neige d’une Suisse reculée, superstitieuse et passée (début du XXe siècle), à Ropraz, donc, la profanation de corps de jeunes personnes indique un coupable tout déterminé, Favez, jeune fornicateur de génisses qu’il perfore de son sexe turgescent. Cette force de la nature, brutalisée en son temps par de trop attentifs tuteurs est condamnée, s’évade, part au front, rencontre Blaise Cendras qui écrit alors Moravagine, ce poème pour un éventreur qui s’en inspirerait donc, meurt sous les balles et finit sous l’Arc triomphant du Soldat inconnu, veillant d’un œil mauvais nos commémorations.

Cet inconnu, cet homme, soldat, tueur, dépravé, déjeté, ce fils du Diable, « mon double, mon frère » s’élance même Chessex, Charles-Augustin Favez, qui donc s’en souviendra alors même que les gerbes hypocrites l’encensent annuellement sans même le deviner ?

Si rien n’indique qu’il a planté ses crocs dans les fraîches dépouilles, si la culpabilité douteuse du fermier libidineux n’est pas ici véritablement, et pour personne d’ailleurs, le problème, se dessine subtilement bien tout autre chose. Sous ce récit aux allures de rapport, derrière lequel l’auteur fait mine de disparaître sous la froide constatation journalistique, nécrologique, pour revenir par à-coups, incarné, voix fébrile de Chavez, entité enveloppante, une belle ironie prend racine, celle de la célébration, de la mémoire collective, de la nécessité de parquer les coupables et avec eux les aveux de trop lourdes pratiques, ancestrales, impossibles ! et partant toujours renouvelées, sans vouloir voir et comprendre que si certains gisent sous nos pieds, héros usurpés, d’autres commettent, obstruent, enfreignent, détonnent, dévient.

 

« Mais voilà le 20 février, voilà le règne du vampire qui résume toutes les craintes, les violences, la folie rentrée, et resserre sur l’insaisissable l’horrible secret du monde mauvais. » p31.

 

Mardi soir interrogeant mollement mon écran de télévision je m’arrête un instant sur un « débat » s’intitulant « les racines du crime », faisant suite à un inénarrable épisode de « Faites entrer l’accusé », les deux animés par le pitoyable Christophe Hondelatte, ouvrant si large ses yeux devant l’horreur banale, diverse, que ses doigts tendus vers le ciel peinent à les encadrer. Il narre au présent, ce qui en plus d’être risible, confère à toutes les scènes de reconstitution une ostentation que même les théâtres des boulevards ont décidé d’abandonner. La bave aux lèvres, repu des cadavres qui semaine après semaine s’amoncellent sur sa frêle émission, il se veut ferme : « Il ne s’agit pas, Messieurs Dames, de leur trouver des excuses, mais nous tenterons de comprendre l’origine du mal chez ces criminels qui tous, sans exception, ont eu une enfance maltraitée. » Écoutons donc, après tout, ce que ces bons messieurs du service public ont à nous enseigner de nos manies coupables.

Et le psychologue de service d’y aller de son couplet Hitler (qui soit dit en passant, n’est pas un meurtrier, de fait, mais un sinistre commanditaire, ce qui ne relève pas exactement des mêmes ressorts psychologiques mais allons-y gaiement pour tout bien mélanger), fils d’un inceste, battu et humilié, pour finir sur cette porte ouverte : « Il n’existe aucun criminel connu qui ait eu une enfance facile. » Mais… mais enfin à l’inverse, citez-moi un semblable qui n’ait pas vécu dans les eaux glacées et virevoltantes, violentes et empoisonnées de l’enfance finissante, cette adolescence-souffrance à laquelle nul ne pût échapper ? L’enfance, admettons, mais la fin de l’enfance, l’insouciance tardive, la chute de l’empire enjoué, qui pour le nier ? Il n’y a donc aucun criminel qui n’ait été un homme, nous voici avancés.

Boris Cyrulnik, dont j’apprécie par ailleurs les travaux d’éthologie, et particulièrement son Sous le signe du lien, une histoire animale de la maternité, essaye d’expliquer simplement, tout neurochirurgien qu’il est ce soir que sans sécurité, terme sur lequel il insiste bien plus que sur l’amour, sans sécurité donc, le petit ne peut s’imprégner biologiquement (radiographies du cerveau à l’appui) du plaisir d’aller vers l’autre. Sociopathe en puissance, il ne respecte pas, n’en éprouve d’ailleurs jamais le besoin. La suite on la connaît.

Feindre encore de ne pas concevoir qu’une telle aberration puisse se produire, se reproduire sans trouver l’explication plausible qui la fera cesser est un spectacle éhonté qu’il ne me plait plus alors de cautionner en m’indignant devant ces pauvres bougres, j’éteins le cirque, certaine que tout a été dit par Cyrulnik, qui sans le vouloir probablement, sonne le glas de toute rémission de ce cancer pluriséculaire. Cela valait la peine de convoquer les renforts pour commenter avec autant de profondeur que l’internaute sur la page virtuelle du Monde, ces images en putréfaction. Il l’a bien dit. Sans sécurité, point de salut. Nous sommes tous des meurtriers cinglés et pervers en puissance, car qui pourra se targuer de cette sérénissime sécurité, alors même que mourir est la constante absolue, la seule, qui nous relie en frères ?

Tout nous effraie à l’aube, et les plus attentifs des parents, qui devront trouver ce que la juge pour enfant nomme « l’amour juste », et bon courage, ne peuvent nous protéger des fureurs boisées qui se tapissent sous nos lits. Tout est dit, car rien n’est dit, encore.

J’ouvre alors mon Chessex, vous connaissez la suite.

 

Oui, Favez est un enfant meurtri, peut-être effectivement bien plus qu’une moyenne qu’on peine à quantifier. Encagé sur les hauteurs de sa neutre Suisse ayant renoncé à la peine capitale, il fouaille sa solitude, déterre les ossements de sa mémoire partielle.

 

« À quoi rêve un vampire, la nuit, enfermé à trois cadenas dans sa geôle médiévale, il replonge dans des scènes d’enfance où crever de faim, souffrir, subir, se soumettre, si souvent vouloir mourir. Enfermé dans la cellule des noirâtres prisons d’Oron, Favez retrouve de très anciennes scènes qu’il avait cru pouvoir chasser de sa mémoire de rôdeur libre. » p57

 

« Allez, à quatre pattes, Charles Favez. Suce, Favez. Pleure, Favez. Et tais-toi. […] L’homme crie, je m’essuie, avec les doigts, la paume de la main, le gluant sèche sur moi, et j’ai mal, j’ai encore saigné. Puis le fouet, ou la ceinture, le bâton pour mener les cochons. L’homme tape, je suis à genoux, j’ai les fesses nues, l’homme tape et rentre encore sa grosse chose dans mon trou. » p58.

 

Un homme sur le plateau de cette sordide émission de brassage des perdus me revient subitement. L’avocat du Diable. Défense des indéfendables. Il est las, les yeux rentrés, et tique sur l’absence d’excuse dont se prémunit l’animateur. Accablé, il parle lentement, et ne dit que ceci : « Si, il s’agit de leur trouver des excuses. Nous ne sommes que ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous, disait grosso modo Sartre. »

 

Il en va de ces hommes qui n’ont pas eu de branches assez solides auxquelles se raccrocher, il en va de nos putrides groupes de formidables sensés, innocents, engagés à redresser les tordus par l’exemple pourtant faillible de leurs existences solaires, il en va de ce pays, commémorant les vampires, les engendrant, les appelant en secret de leurs prières les moins avouables. Il faut que le sang coule, sans guerre pourtant, sans violence, sans erreurs dans la nature, il faut que le sang coule, pour abreuver les apeurés de l’ombre, leur donner l’illusion qu’ensemble dans le Bien, ils triomphent, il faut qu’ils puissent lyncher la bête, accorder à sa dépouille, enfin, magnanimes nains, leur pardon, se contempler en face. Il faut ces effusions à toute Cité en règle.

 

« Dans ces déserts [dit le psychiatre qui a suivi Favez], le symptôme du vampire durera tant que cette société sera victime de la crasse primitive : saleté des corps, promiscuité, isolement, alcool, inceste et superstitions qui infestent ces campagnes et créeront d’autres foyers d’exactions sexuelles et d’horreur sans merci. » p 60.

 

Autant dire pour toujours.

Ce n’en est que plus rassurant, car informés une bonne fois que nous n’éradiquerons aucun mal, jamais, nous pouvons commencer à nous organiser pour nous comprendre, nous défendre et survivre. Et arrêter de pleurnicher dans des lacrimosa sans fin que l’homme est un loup pour l’homme. Depuis le temps qu’on le sait.

 

La piqûre de rappel de Chessex, plantée profond et en plein cœur, réveillera en moins de deux heures les plus candides. À la bonne heure, vous pouvez donc éteindre votre télévision.

 

Jacques Chessex, Le Vampire de Ropraz, Grasset, 2007 (LGF, 2008), 90 pages.

Publié dans : Les peu fréquentables
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